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17/12/2006

UN LIVRE A LIRE ABSOLUMENT !

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JEAN-MICHEL REBOUL : UN ECRIVAIN FANTASTIQUE !

 

Jean-Michel Reboul, nous nous étions rencontrés à l’occasion de la sortie de votre ouvrage « Légendes des pays de Moselle », aux Editions Royer la Contothèque, le 21 mars dernier. Je ne présente donc plus le Lorrain, que vous êtes, dont l’amour du pays de la Mirabelle n’est plus à démontrer ! Nous allons si vous le voulez bien converser autour de votre nouveau recueil : « Contes fantastiques de Lorraine, au cœur de l’ombre », qui vient de paraître chez le même éditeur. Cette fois-ci, vous nous menez sur les lieux magiques de la Lorraine profonde. Et c’est le frisson assuré ! Votre imagination, hors du commun, alliée à un univers fantastique, fait de ce recueil d’histoires et de nouvelles - où fiction, rêve et réalité se mélangent intimement - un moment de lecture prenant et unique. Depuis octobre 2006, vous faites un carton avec ce livre et vous dédicacez votre ouvrage aux quatre coins de la France, en ambassadeur averti du Grand Est. Vous serez notamment au salon du livre de la Porte de Versailles à Paris, en mars 2007, pour représenter notre belle et étrange région…

-         1) RLP : Déjà, dans « Légendes des pays de Moselle », certaines histoires saisissent le lecteur, comme « Le diabolique chat de Metz » et « Les Templiers de Rhodes » ; mais, dans votre nouvel ouvrage fantastique sur la Lorraine vous vous surpassez avec notamment : « Le clochard ivre », « Au nom du père » et « Mysticisme sylvestre »… On a presque peur d’habiter dans cette région ! Alors… Jean-Michel Reboul, entre nous - vous qui êtes habituellement d’humeur taquine - qu’est-ce qui vous prend de vouloir donner le frison, de la sorte, à vos lecteurs ? Pourquoi l’ombre et la brume vous obsèdent-elles à ce point ?

-         J-M. R : J’ai longtemps vécu dans la Moselle du Sud, près de Dieuze, Vergaville ou Tarquimpol et j’ai été naturellement imprégné par l’ombre et la brume qui règnent plus que de raison tout autour de l’étang de Lindre. Mon écriture et mon inspiration en découlent. J’ai également habité, isolé à Herbéviller, petit village de Meurthe-et-Moselle, au bord d’un château en ruine et d’une rivière envahie par la brume l’automne venu. L’Etrange et le Fantastique sont des sources évidentes de mes créations et la facette sombre de mon personnage me semble nécessaire à la compréhension de mes écrits. J’ai d’ailleurs, en son temps, préparé ma thèse de Doctorat de 3ème cycle sur « l’Etrange et le Fantastique dans l’œuvre de Julien Green. »

-         2) RLP : Vous avez semble-t-il de nouveaux projets de romans en vue… Pouvez-vous nous mettre l’eau à la bouche en exclusivité ?

-         J-M. R : Je travaille actuellement sur deux romans à la fois. Deux romans d’amour. C’est-à-dire sur des œuvres de longue haleine. Des romans très différents. Le premier, en partie autobiographique, comme la plupart des œuvres dites de création, se déroule, de nouveau, dans la région des étangs de la Moselle du Sud. Les deux protagonistes essentiels sont deux jeunes Lorrains. Le livre devrait s’appeler « Les Roseaux Blonds ». Quant à l’autre, d’une écriture plus complexe, son action a essentiellement pour cadre la Région Parisienne mais avec de nombreuses connotations Lorraines. Il aura pour titre « Obte était nue et m’avait obtenu. » L’écriture de ces deux romans est terminée et j’en suis à la correction.

© Jean Dorval, le 16/12/06, pour LTC Grands Reportages.

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MON DUO DE QUESTIONS A L’ECRIVAIN JEAN-MICHEL REBOUL

INTERVIEW DU 21 MARS DERNIER

 

Jean-Michel Reboul, comme l’indique votre dernier ouvrage « Légendes des pays de Moselle » (sortie 2ème trimestre 2005, aux Editions Royer la Contothèque) ; vous êtes Lorrain, né en 1946, à Blénod-lès-Toul, en Meurthe-et-Moselle. Divorcé, père de deux enfants, vous avez désormais pour compagne une charmante femme d’origine Camerounaise. Après des études littéraires qui vous ont mené jusqu’en deuxième année de Doctorat de 3ème cycle (Paris-Sorbonne), vous devenez professeur de lettres dans votre région d’origine. Passionné de littérature, de fantastique et d’archéologie, vous trouvez naturellement refuge, dès 1972, auprès d’associations comme la SEAL (Société des Ecrivains d’Alsace et de Lorraine) et la SHAL (Société d’Histoire et d’Archéologie de Lorraine). Vous avez écrit, entre autres, « La Moselle des légendes », avec des illustrations de Jean Morette (Imprimerie Fort-Moselle, Le Républicain Lorrain). Passionné d’étude sur les monnaies et billets anciens, et archéologue confirmé, vous avez fondé « Reboul Numismatique », un cabinet d’expertise, d’achat et de vente, qui se trouve à Paris 12ème.

 

-         1) RLP : Quelle mouche vous a piqué, il y a 40 ans, de collecter les légendes traditionnelles de Moselle, en parcourant de long en large tous les pays de ce délicieux département ; véritable travail de titan qui finalement débouche sur la parution de votre recueil « Légendes des pays de Moselle », par l’invitation au voyage du lecteur dans une cinquantaine de lieux légendaires locaux ?

-         J-M. R : A partir de 1960, j’ai passé mon adolescence en Moselle. D’abord, Vergaville, fréquentant toute la région des étangs et allant au lycée Charles Hermite à Dieuze, puis à Cattenom, poursuivant mes études au lycée Charlemagne de Thionville, pour finir avec le baccalauréat à Metz. Déjà très intéressé par l’histoire et l’archéologie, tout en écrivant par ailleurs beaucoup, j’ai participé aux fouilles officielles de la villa gallo-romaine de Saint-Ulrich, près de Sarrebourg et multiplié les prospections de surface en de nombreux endroits du département : Région des Etangs, de Marsal, de Sarrebourg, de Château-Salins, mais aussi Chémery, Boucheporn, Illange, ou tout le nord de Thionville. C’est ainsi que j’ai rencontré un peu partout des gens qui savaient encore les légendes de notre terroir et l’idée m’est venue de sauvegarder à ma façon ce patrimoine. D’autres l’ont fait avant moi, d’autres le feront encore. Seulement, je voulais y mettre ma patte. J’ai alors sillonné le département, à vélo, en voiture, à pied, pris contact avec les vieux conteurs, avec les agriculteurs, avec ceux qui avaient le petit détail qu’on ne trouve pas forcément dans les bibliothèques où je suis d’ailleurs très peu allé. Après quoi j’ai sélectionné 50 légendes pour qu’elles recouvrent à peu près toutes les régions du département et j’ai rédigé chaque histoire selon mon style, en condensant à chaque fois comme pour un mini-roman. Car pour moi, contes et légendes sont deux choses très différentes. Dans les légendes, l’Histoire est présente avec de nombreux éléments avérés, des dates, des lieux, des personnages. Ces éléments ont marqué l’imaginaire collectif qui les a perpétués. Ce livre en est l’un des résultats. Le conte, lui, n’est pas tenu à ces fondements historiques. D’ailleurs, mon prochain livre avec pour titre : « Au cœur de  l’ombre : contes fantastiques de Lorraine », qui paraîtra dans quelques mois aux Editions Royer, racontera des histoires très étranges concernant les quatre départements de notre belle Lorraine, situant les personnages dans des lieux précis, avec de nombreux éléments historiques, mais dans le but premier de surprendre, de délasser, de faire rêver le lecteur, de lui faire un peu peur aussi afin qu’il oublie pour un temps le terne quotidien.

-         2) RLP : Charlemagne qui était un des premiers pères de l’Europe, avait pour capitale centrale Aix-la-Chapelle. Comme vous l’expliquez si bien la Moselle a été marquée par le passage de cet auguste personnage qui avait fédéré la civilisation rhénane. Pouvez-vous nous toucher deux mots sur la légende de « Charlemagne et Gondreville », où une fameuse source porte le nom de ce grand empereur à la barbe pas si fleurie que cela ?

-         J-M. R : En effet, si Charlemagne avait pour capitale Aix-la-Chapelle, il ne faut pas oublier qu’il vécut dans de nombreux autres endroits, dont la Moselle, en particulier à Metz et à Thionville. J’ai relevé dans notre département de multiples lieux où son nom est resté lié à des légendes plus ou moins connues. Lors de ma sélection, j’ai décidé de n’en retenir que deux. Celle concernant la Tour aux Puces de Thionville, sûrement la plus populaire sans doute parce que la célèbre Tour dresse toujours face à la Moselle ses pierres noircies par le temps. Et puis celle de « Charlemagne et Gondreville ». Il existe en Meurthe et Moselle une petite ville d’un peu plus de 2200 habitants connue surtout par sa « Maison des Dîmes ». Mais le Gondreville dont nous parlons dans notre légende est un endroit situé au Nord-Est de Metz, pas très loin de Vigy. On y trouve à la fois une source et une chapelle de Charlemagne. L’empereur aimait venir régulièrement chasser dans les forêts environnantes alors très giboyeuses. Notre histoire se passe à l’automne 801, alors qu’il faisait encore très chaud pour la saison. Charlemagne s’était entouré de ses meilleurs chasseurs. Soudain, près d’énormes rochers, surgissant de derrière un fourré, un cerf magnifique, affolé, se dirigea droit vers le petit groupe. A la grande surprise des chasseurs, Charlemagne demanda à ce qu’on le laisse s’enfuir. Puis, il vint s’asseoir sur l’un des rochers. L’empereur avait soif. Soif d’une eau pure et fraîche. Se tournant vers son cheval, il lui cria de sa voix forte « Frappe Filevite, frappe de ton sabot d’argent ! » et … mais je ne vais pas vous raconter la suite ici. Elle figure dans mon livre. Et après tout, pour une histoire de source, quoi de plus naturel que de donner l’eau à la bouche ?

© Jean Dorval, le 21/03/06, pour LTC Lecture.

 

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13/12/2006

CITATION DE...

« La Lorraine a connu de multiples formes de souveraineté, de la Lotharingie à nos jours. Elle a vécu sous un nombre de drapeaux et néanmoins, elle est toujours restée la même. Elle a gardé son individualité, alors que d’autres villes et provinces l’ont perdue. Et surtout, elle a su harmoniser ses loyautés ; elle respectait sa tradition sans être infidèle à son présent. La Lorraine est une force d’intégration – c’est ce que ressentent les Lorrains qui, séparés depuis des siècles de la terre ancestrale, néanmoins lui gardent un souvenir fidèle qu’aucun événement ne peut détruire. C’est là un facteur qu crée des liens dont nous avons besoin alors que se poursuit pour nous la belle aventure européenne, qui donne son sens véritable aux sacrifices que ma génération a endurés et qui, en rétrospective, nous prouvent que rien n’est vain – et c’est nous qui sommes appelés à forger notre destinée. »

 

© Extrait d’une conférence donnée à Nancy par S.A.I. et R. l’Archiduc Otto de Lorraine Habsbourg (sur une idée originale de Jean-Marie Cuny de la Revue Lorraine Populaire)