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12/06/2010

LTC LIVE SE DEFONCE POUR VOUS TROUVER LES MEILLEURS CONCERTS EN LORRAINE !

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Les Simple Minds sont en concert à « L’Autre Canal » de Nancy ce lundi 14 juin…

En attendant ce grand moment, en avant toute avec “Alive and Kicking”…

http://www.youtube.com/watch?v=GMZ6InVrz5o&feature=relatedhttp://www.youtube.com/watch?v=GMZ6InVrz5o&feature=related

Bonne Zizic avec JD en LTC LIve.

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11/06/2010

LEPOLSK MATUSZEWSKI : UN ARTISTE PEINTRE PLASTICIEN DONNANT DANS L'ABSTRACTION LYRIQUE (plus communément appelée) ACTION PAINTING !

 

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Artiste peintre plasticien né à Metz en 1973, Lepolsk MATUSZEWSKI, vous êtes passionné par le dessin et la peinture depuis l'âge de 6 ans. Vous affirmez votre talent en faisant une première peinture gestuelle, et consacrez la majorité de votre enfance à l'illustration (à la mine de plomb notamment), à la peinture et à la sculpture, puis vous vous orientez vers les arts plastiques. Vous suivez un cursus scolaire classique du cours préparatoire jusqu'au collège, puis êtes admis au concours d'entrée du Lycée Technique Professionnel Saint-Vincent, afin de pouvoir entreprendre une filière scolaire artistique. Aussi, cela ne surprend personne que, en tant que passionné de l'image et des émotions qu'elle véhicule, vous fassiez des études sur l'illustration, et que vous rentriez dans des écoles de création de graphisme publicitaire et d'art appliqué, où la photographie et l'audio-visuel deviennent de nouvelles passions, parallèlement auxquelles vous continuez la sculpture et l'art plastique.

En 1989, Lepolsk, novateur par nature, vous réalisez une série d'esquisses auto-biographiques intitulée « Les Bonhommes ». Ces auto-portraits, issus du cadre scolaire, ont joué un rôle très important dans votre cheminement artistique. Ce sont en fait des dessins « hybrides », regroupant un mélange de techniques (encres, pigments et sanguines) et de matériaux (films plastiques généralement utilisés en photogravure, contrecollés et papiers spéciaux pour graphiques aux feutres). Les couleurs « chaudes » se fondent aux ambiances dites « froides », les formes et les compositions graphiques se révèlent dans l'esprit d'une planche de BD.

 

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En 1990, vous devenez plus figuratif. Vous œuvrez à partir de formes en bulles (on retrouve là encore l'influence de la BD), en travaillant vos fonds et grâce à un jeu de couleurs. Par la même, les influences musicales et littéraires, des Cure et d'Edgar A. Poe, font corps avec vos réalisations. A la suite, vous vous obstinez à découvrir de nouveaux mélanges de pigments, ainsi que les matériaux variés nécessaires à vos créations plastiques.

En 1992, vous êtes dans votre période dite des « Miroirs », une série de tableaux où vous mettez en scène votre propre histoire, entre fiction et réalité. Ces toiles s'apparentent à une véritable mise à nu cérébrale, un de vos thèmes de prédilection. Vous cherchez à y traduire vos divers états d'âme, mais aux couleurs de la Terre. Ce rapprochement avec Mère Nature est d'ailleurs un élément essentiel de votre exposition du moment. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les matériaux et les techniques utilisés sont « inédits ». Le mélange des matières comme le sable, l'or, le sel marin, la cire, les épices culinaires, les fragments de roches volcaniques, le cuivre, le zinc et l'argile ajoutés à des pigments, donne une note très particulière à vos œuvres, et fait de vous un véritable découvreur de contrastes. Une nouvelle occasion qui vous permet de dévoiler les oppositions entre « humeurs froides » et « couleurs chaudes ». Parallèlement, créateur plus que jamais, vous menez une recherche artistique sur l'image et sa capacité à transfigurer l'irréel. Une sorte d'autoportrait qui présente, alors, les reflets abstraits des différentes visions que vous avez de vous-même.

Toutes vos créations expriment, sur le fond comme sur la forme, un léger caractère ésotérique. C'est pourquoi la presse vous surnomme : « Le peintre des ombres et des lumières ». Des toiles qui soudainement deviennent des métaphores visuelles cherchant à heurter la sensibilité des visiteurs. Ce travail sur le psychisme éveille vos pensées profondes et une tendance à « reverser la définition de l'art abstrait ».

 

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L'art « Innabstrait » (terme qui défini le travail d'Asylum-Art Création, un groupe de peintres-amis) serait le terme le plus approprié pour cette nouvelle exposition... Cette collaboration artistique induit automatiquement les notions de « comment faire de son rêve la métaphore de sa réalité ? » et comment « Ordonner l'émotion des pensées par la métaphore, figer l'instant, la naissance, l'essence même, en les ordonnant de telle façon qu'elles apparaissent encore plus désordonnées... » Un peu contradictoire cela non ???

Les formes, lignes fortes et les structures essentielles conservées d'un paysage ou objet quelconque n'existent plus. Vous nous présentez, ainsi, librement les visions de vos pensées. Une œuvre qui en contient plusieurs et invite le spectateur à découvrir ce mécanisme pictural par reliefs, en fonction du placement par rapport au tableau.

 

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En 1999, le second thème « Asylum » voit le jour... Cette Série se révèle comme la suite des « Miroirs »... Plus aboutie encore, plus profonde, plus technique aussi à propos de la recherche des matériaux ! Vous travaillez cette fois-ci sur de plus grands formats de tableaux. Les éléments comme le sable, l'argile, l'or et le cuivre sont toujours présents. Vous vous prenez pour un véritable alchimiste du pinceau. « Asylum », c'est une forme « d'homologie* psychique » (*terme publicitaire qui signifie une image dans une image, et qui se répète de façon redondante), masquée par les couleurs et par l'équilibre graphique. Les reliefs de matières représentent toujours des formes, des visages, des personnages et des scènes uniquement visibles selon l'orientation de la lumière vers la toile par effet d'ombres ou en fonction des différents placements du visiteur par rapport au tableau. Vous travaillez sur ces tableaux à l'aide de lumières artificielles... puisque vous peignez de préférence la nuit ! Et selon l'orientation de ces sources lumineuses, les reliefs prennent des dimensions et des couleurs très particulières. Il est très difficile de prendre des photographies de ce genre de toiles, car chaque angle de vue diffère en fonction des reliefs de peinture et du placement de l'objectif...

En 2008, vous exposez vos tableaux du thème « Ignis Anima » dans la magnifique bâtisse de La Maison Rabelais de Metz, au Luxembourg et dans le Nord-Est français. Dans la foulée, vous investissez le restaurant Messin le Romarin, en métamorphosant sa décoration intérieure pendant deux mois. La presse parle alors de vous : articles de presse dans Le Républicain Lorrain et Metz-Magazine, reportage sur la chaîne M6. Votre travail d'Innovateur en mouvement perpétuel vous fait entrer dans la légende, la vôtre, celle d'un artiste pas comme les autres, dont on apprécie assurément la démarche artistique si particulière. Une exposition au CCMQ de Metz fera suite, puis en 2009, vous êtes lauréat du concours de peinture « Nouveaux Talents de la Peinture 2009 ». La même année, vous recevez également le Prix Art Majeur Silver Award pour la qualité et le contenu de votre blog artistique, ainsi que le 1er Prix du Concours Artwindow sur le thème « destruction », avec le tableau « 1000 ANS » (Galerie Ignis Anima). Pas à cours d'idées, vous créez dans le feu de l'action le concept d'exposition chez les particuliers qui rencontre un succès inattendu, et les EXPO'APPARTs qui permettent de venir vous rencontrer dans votre atelier et de découvrir votre travail en direct.

 

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L'année 2010 est le début d'une période de renouveau pour vous, Lepolsk. Vous donnez dans les explosions de couleurs et de matières, dont se dégage, encore et toujours, une forte énergie heurtant la sensibilité des amateurs, tant en atelier qu'en performance publique. Et comme vous le dites si bien : « j'essaie de détourner et de diriger la peinture d'abstraction gestuelle appelée ACTION PAINTING en ajoutant de nouveaux matériaux. La rencontre entre ma peinture et la matière en quelques sortes... Ou plus simplement MA Vision de l'art ! » Actuellement, vos deux expositions remportent un franc succès. Elles se tiennent au LOFT où vous êtes en duo avec les sculptures de P.°Flickinger, du vendredi 04 juin au vendredi 18 juin 2010, et dans les murs de la Chapelle Sainte-Genest, à la jonction de la Jurue et de la rue d'Enfer...(1)


QUELQUES QUESTIONS A L'ARTISTE...


LTC : C'est quoi un « Artiste peintre plasticien » ? Pouvez-vous nous expliquer ce qu'est « l'Action Painting Abstraction Lyrique » ?

LM : Un artiste peintre plasticien est un créateur qui utilise des matériaux et supports différents pour une même œuvre incluant ainsi des techniques mixtes d'expression. Le mélange de l'argile et du sel constituant la base matérielle de mes toiles témoignent de cette approche plastique. Certains de mes tableaux, dont la déformation du châssis est volontaire, sont le fruit de cette mixité dans les matériaux utilisés. Vous les découvrirez lors de mes expositions prévues pour 2011.

L'action painting est tout simplement une technique qui est souvent associé à un mouvement d'art, mais je préfère le terme « technique » qui évoque un travail de gestuelle, de psyché. Mon corps devient l'outil qui sert à transposé un état psychique, émotionnel, impulsif vers mon support, la toile. Puis s'instaure au fur et à mesure de la création un dialogue rapide entre la peinture, les couleurs, les formes et le peintre. Le résultat final de l'œuvre en est cette seule et unique trace. J'apprécie le processus de création partagée avec un public, l'art est visuel et ne s'arrête pas au mur de mon atelier !

 

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LTC : Vous avez croisé récemment, par hasard, en installant vos tableaux au « Loft » de Metz, Laurent Le Bon, le Directeur du Centre Pompidou-Metz, qui était en train de déjeuner... Il était surpris et a pu donc voir (sous papier bulle) votre tableau « Pompidou-Metz ». Avez-vous depuis pu le recontacter, afin d'essayer de faire connaître votre Art ? Et si oui, quand vous voit-on exposer dans le nouveau temple lorrain et international de l'Art Contemporain ?

LM : Comment le savez-vous ?

LTC : Un bon journaliste a ses sources...

LM : Oui, c'est vrai, Laurent Le Bon a entrevu ce tableau prêté au « Loft », où plusieurs autres tableaux sont aussi installés, en permanence et par roulement. Nous avons pu nous présenter l'un à l'autre à cette occasion, mais je n'ai pas été recontacté depuis. Quand à exposer mes peintures au Centre Pompidou-Metz où y faire une performance, j'en serais ravi. D'ailleurs, quel artiste ne le serait pas ? C'est à son Directeur Laurent Le Bon d'en décider. Mais, mon travail ne se résume pas à un seul tableau...

LTC : Quelle est votre œuvre préférée au Centre Pompidou-Metz en dehors de « Number 26 A, Black and White, 1948 » de Jackson Pollock ?

LM : L'exposition « Chefs-d'œuvre ? » est pluridisciplinaire, elle offre un magnifique éventail sur l'Histoire de l'Art. J'attends de découvrir des expositions thématiques plus ciblées. Mais de part mon expression artistique, mes préférences iraient vers les créateurs abstraits, d'abstraction lyrique et d'art gestuel intuitif.

 

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LTC : Avez-vous visité le tout nouveau musée de Luxembourg Ville la Villa Vauban ? Ce lieu magique a réouvert ses portes au public le 02 mai dernier, après une réhabilitation très réussie, et avec une expo, qui prendra fin le 31 octobre prochain, au titre évocateur : « The Golden Age Reloaded. La fascination de la peinture néerlandaise du XVIIème Siècle »... des collections issues de la Villa Vauban et du Rijksmuseum d'Amsterdam.

LM : Je ne suis pas encore rendu dans ce musée, mes expositions personnelles simultanées ne m'ont pas permis cette visite. J'exposerai très prochainement au Luxembourg. Je profiterai de cette occasion pour découvrir ce nouveau patrimoine artistique luxembourgeois.

LTC : Pourquoi affectionnez-vous tant le Bar-Galerie « O Petit Bo Bourg », situé 62 Rue Mazelle à Metz (57) ? Est-ce la proximité du Centre Pompidou-Metz qui vous fait rêver, ou est-ce tout simplement un lieu qui a selon vos préférences un supplément d'âme ?

LM : J'apprécie ce lieu car il y règne une ambiance « artistiquement humaine ». Une exposition personnelle y est prévue pour cette fin d'année 2010, avec certains travaux inédits ! Vous y serez ?

LTC : Le rendez-vous est pris ! Merci Lepolsk pour avoir confié votre actualité artistique aux lecteurs d'LTC.


© Propos recueillis par Jean Dorval pour LTC Arts.


INFOS PLUS : Le site internet de Lepolsk MATUSZEWSKI :

http://lepolsk.blog4ever.com

Notes :

(1)        Inspiré d'une biographie réalisée par Fabien MATUSZEWSKI, écrivain et parolier.

09/06/2010

JACQUES ENGELMANN : LE POETE LORRAIN DES P'TITS GARS DE LA RUE !

 

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Photo ci-dessus : © Jean Dorval 2010.

 

LTC : Bonjour Jacques Engelmann ! Vous êtes retraité de la SNCF, ancien délégué CGT, poète messin à vos heures perdues et membre des Equipes Rue de l'Evêché de Metz, une action caritative menée sous l'égide de Monsieur l'Abbé Gérard Christ et de la Sœur Lucienne, deux « Grands Cœurs » de la Solidarité Messine qu'on ne présente plus. Vous dédicacez vos ouvrages à l'Eté du Livre 2010 au stand des écrivains locaux.

Jacques, pouvez-vous vous présenter plus en détail aux lecteurs d'LTC ? Quel a été votre parcours ? Quels sont vos ouvrages (en dehors du plus récent), vous le poète des P'tits Gars de la Rue, inspiré particulièrement par la Nature, la Catholicité, la vraie vie et le Social ?

JE : Bonjour, il n'est pas simple de résumer toute une vie... Je dirais tout simplement que dès mon plus jeune âge, j'ai été prédisposé à aider les Autres. Ce très bon départ a fait que toute mon existence, je suis resté aux côtés des gens. Aujourd'hui, j'ai 60 ans et mon engagement s'est traduit au travers du syndicalisme à la SNCF (où j'ai été délégué du personnel pendant 30 ans à la CGT), du militantisme politique au PCF (un parti dont je me suis retiré par déception), et de la poésie depuis l'âge de 25 ans. Mes poèmes me permettent d'exprimer ce que je ressens (comme dans mes deux premiers recueils de poésie : "Pain, Amour et Poésie" et "Eclosion"), de creuser par la même ma Foi, ainsi que mon dévouement pour le Social. Tout au long de mon existence, j'ai donc essayé de trouver des réponses. Je ne sais pas si j'ai réussi à le faire. Il me semble cependant parfois que le résultat obtenu est le bon. Ainsi, certains mystères que j'avais au fond de moi-même et que je continue à vouloir mettre à jour, trahissent mes fréquentes angoisses. L'écriture m'aide à mettre des mots sur mes peurs, générées par le contexte général actuel. Je pense notamment à la pollution qui est un sujet qui me tient particulièrement à cœur et qui me fait souffrir dans mon être. Le résumé de ma vie est une somme de souffrances, mais aussi d'espérances parce que Dieu m'a donné la Foi. Je crois que l'Humanité n'est pas vouée à sa propre perte. Aussi, tant qu'il y aura de l'espoir, je continuerais de me battre.

LTC : Quelles sont vos déceptions par rapport au PCF ?

JE : Le PCF m'a déçu parce qu'il n'a pas dénoncé assez tôt ce qui se passait dans les Pays de l'Est. Je suis sûr que nos responsables savaient, mais ils n'ont pas voulu le dire, jusqu'au moment où cela est devenu tellement évident que tout s'est effondré comme un château de cartes dans les années 90. Je connais beaucoup de militants politiques de l'époque qui y croyaient dur comme fer et qui ne s'en sont jamais remis. Cela a été pour eux un moment difficile à passer. Je ne sais pas à l'heure actuelle où ils en sont. Personnellement, n'ayant pas de certitudes je me suis retiré. Ma décision a été irrévocable quand la Chine a envahi le Tibet le 7 octobre 1950. Là, je n'ai pas pu supporter que ce pays écrase un peuple et une culture vieille de 2000 ans, pour les remplacer finalement par une sorte de société de consommation « à la communiste ». Cela me fait beaucoup souffrir car j'ai un grand respect pour le Bouddhisme et le Peuple Tibétain.

LTC : Vous dénoncez également le massacre de Katyń ? C'est-à-dire, le meurtre de plusieurs milliers de Polonais, essentiellement des personnalités, des officiers mais aussi des étudiants (officiers de réserve), des médecins et des membres des élites polonaises, réputées hostiles à l'idéologie communiste, par la police politique de l'Union soviétique (le NKVD) au printemps 1940 dans une forêt russe près de Smolens...

JE : Forcément, comme tout ce qui a été caché par le PCF. Depuis les années 90 tout ressurgit des archives russes et on s'aperçoit qu'au lieu d'avoir des Démocraties Populaires on avait finalement un régime très dictatorial qui faisait disparaître les opposants dans les goulags et qui affamait les populations.

LTC : Ce n'est pas contradictoire d'être communiste et catholique ?

JE : Effectivement, c'est une question qui m'a souvent été posée lorsque je travaillais à la SNCF. Des camarades, des petites gens, ne comprenaient pas vraiment cette apparente contradiction, qui pour moi était plutôt une complémentarité. Il me semblait évident que pour s'en sortir la Société se devait de tout mettre en commun. Aussi, le communisme et la doctrine sociale de l'Eglise, pour moi c'était le même combat ! Bien sûr, il s'agit d'un absolu, car dans notre Société où chacun souhaite conserver ses petits avantages, il va devenir de plus  en plus dur d'arriver à s'en sortir chacun de notre côté. On n'est pas encore prêt psychologiquement à partager, la Société matérialiste s'individualisant de plus en plus. Mais, je continue de croire que les choses iront mieux demain et me bats toujours pour cela.

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Photo ci-dessus : © Jean Dorval 2010.


LTC : La Solidarité pour vous, c'est donc une notion très importante ?

JE : Bien sûr ! La Solidarité est le départ de tout. C'est se sentir en lien avec les Autres et essayer de créer quelque chose de fort, d'utile pour la Société.

LTC : Jacques, j'ai dans les mains votre dernier (et troisième) recueil de poésie intitulé « Vivant », et je vois qu'à la page 93, il y a un très beau poème intitulé « Cultivons l'Amitié ». Un passage a particulièrement retenu mon attention : « Tu as faim, tu as froid, Tu souffres, tu as peur : Ne crains rien je suis là Pour que ta joie demeure. » Ce très bel extrait me permet de faire une transition vers ce Social qui vous est si cher... Jacques vous êtes Acteur Social depuis 2002 au sein de l'Equipe Rue de l'Evêché de Metz... En quoi consiste cet autre engagement, mais cette fois-ci auprès des P'tits Gars de la Rue ?

JE : Mon action au sein des Equipes Rue se résume en quelques mots pris dans l'Evangile où Jésus dit : « Ce que vous ferez au plus petit des miens, c'est à moi que vous le ferez. » Aussi, en aidant les Petits, je me rapproche du Christ. En aidant les Petits j'essaye de me rapprocher le plus près possible de ma Foi et par mes engagement d'être en conformité avec mes convictions. Je pense que c'est en allant vers les Petits que l'on est le plus proche de la Vérité. C'est ce que je ressens au plus profond de moi. Et je n'invente rien puisque c'est inscrit dans les Evangiles.

LTC : Quand on aide les Pauvres comme vous le faites Jacques, cela doit être un enrichissement affectif mutuel incroyable ?

JE : On s'aperçoit de cet enrichissement affectif à tous les niveaux. Les P'tits Gars de la Rue font preuve d'une telle détermination pour s'en sortir, malgré tout ce qui les écrase, que l'on ne peut qu'être admiratif devant eux. Il y a tout de même dans cette nuit de la pauvreté une petite lumière qui apparaît, certes pas toujours, car parfois on se trouve face à des situations tellement dures que certains baissent les bras. Alors, c'est là que nous intervenons afin de les remettre debout ! Un de mes maîtres spirituels est l'Abbé Pierre, j'essaye modestement de lui ressembler. Il me reste encore beaucoup de travail pour ne serait-ce que lui arriver à la cheville !

LTC : Finalement tout en étant laïque Jacques votre engagement sur le terrain du Social est un véritable sacerdoce ?

JE : L'important est effectivement d'être sur le chemin, sur un chemin que l'on peut appeler « chemin sacerdotal »...

LTC : Vous qui êtes catholique pratiquant. A votre sens, qu'est-ce qu'être catholique de nos jours ? N'est-ce pas un engagement impossible vu la Société dans laquelle nous vivons ?

JE : En ce moment, je m'interroge particulièrement en tant que catholique sur différents sujets d'actualité, notamment le célibat des prêtres et la honte d'avoir des prêtres pédophiles. Même, si j'ai conscience que l'homme restera toujours faible (et se n'est pas une excuse !), cela ne m'empêche pas de mener de front ces deux combats. Je pense qu'au niveau de l'Eglise, il y a des choses à revoir, comme l'engagement des prêtres. Souvent ce sont des jeunes qui ne sont pas encore mûrs au niveau affectif. Aussi, il faut prendre d'énormes précautions. Cela dit, malgré toutes ces vérifications, le risque zéro n'existe pas. On sera malheureusement toujours confronté à des problèmes de genre. Ce qui fait la grandeur de l'Homme, c'est qu'il n'est pas un robot. Il sera donc toujours faillible, tenter sexuellement et par l'argent. Personne n'est à l'abri de tomber dans de tels travers malheureusement. Il faut beaucoup prier pour que cela change et savoir rester humble.

LTC : Il est en effet difficile pour l'Eglise Catholique en plus de 2000 ans d'Histoire de ne pas avoir des choses à se reprocher, d'autant plus quand on se rappelle le célèbre aphorisme de Saint-François de Sales : « Là où il y a de l'homme, il y a de l'hommerie. » Ceci dit, cela n'excuse rien !

JE : Tout à fait. Il s'agit d'un travail de tous les jours sur soi-même, afin d'essayer de faire prospérer des valeurs saines. Et comme je tends toujours vers un absolu, c'est aussi pour cela que j'écris afin d'approfondir mes convictions. Il faut trouver des réponses en soi, au travers de la Bible et de l'enseignement de religieux.

LTC : La poésie Jacques à vos yeux n'est-ce pas une nouvelle forme d'évangélisation ?

JE : C'est effectivement une forme d'évangélisation. Des lecteurs m'ont même précisé qu'ils lisaient mes poèmes, comme on lit des prières. Ainsi, si je ne prie pas souvent, je compense ce manque par mes écrits. Je pense que mon écriture est une prière vivante en lien avec mon vécu. Ce n'est pas seulement des mots, ce sont des mots vécus tous les jours parfois en bien, parfois en souffrance.

LTC : Merci Jacques pour ces quelques confidences confiées au site la Tour Camoufle.

JE : Je vous remercie aussi et vous donne rendez-vous dans d'autres salons du livre auxquels je participe.

© Propos recueillis par Jean Dorval, le 05 juin 2010, en la Cathédrale Saint-Etienne de Metz.

 

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Photo ci-dessus : © Jean Dorval 2010.

08/06/2010

PETER GABRIEL ON TOUR AU GALAXIE D'AMNEVILLE !

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 "LTC LIve : La Voix du Graoully !"

LTC LIVE : LA PENSEE VERTE !!!

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 "LTC LIve : La Voix du Graoully !"

07/06/2010

EURYDICE REINERT CEND, POETESSE, DEFENSEUSE DES DROITS DES FEMMES ET DE L'AMOUR AU PLUS-QUE-PARFAIT !

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Photo ci-dessus (la très belle Eurydice à la dédicace...) :

© Jean Dorval pour LTC


LTC : Bonjour Eurydice Reinert Cend, nous sommes dans le cadre prestigieux de l'Eté du Livre 2010, le rendez-vous littéraire messin incontournable. Vous êtes venue y promouvoir vos ouvrages. Aussi, je vous remercie de bien vouloir vous présenter aux lecteurs d'LTC, puis j'aimerais que vous parliez de votre œuvre littéraire et que vous me disiez pourquoi vous êtes devenue « écrivain », et non pas « écrivaine », un terme que vous n'aimez pas...

ERC : Bonjour et merci de me recevoir. Et bien tout d'abord, je suis poétesse, car j'ai l'âme poétique avant toute chose. Mais, je suis aussi romancière, essayiste et conteuse. Je suis devenue écrivain, tout simplement, parce que j'ai commencé par beaucoup lire. Et à force de lire, j'ai eu également envie d'écrire, de parler de la vie de façon à intéresser les gens, et également à pouvoir faire passer des messages sur des sujets qui me touchent profondément, et qui me sont chers. Par exemple, je dénonce les injustices et les difficultés de la vie, mais prône aussi la beauté de cette même vie.

LCT : Quels genres d'injustices dénoncez-vous ?

ERC : Je suis très sensible aux violences faites aux femmes. Le droit d'aimer est un de mes chevaux de bataille. Malgré les épreuves, j'explique qu'il faut toujours chercher à surmonter ses propres difficultés relationnelles, toujours essayer de se surpasser, afin d'être en quête du meilleur chez l'Autre.

LTC : Pensez-vous que les violences faites aux femmes sont une constante de l'Histoire de l'Humanité ou est-ce un phénomène plus récent ?

ERC : Malheureusement de nos jours, avec la difficulté qu'a l'homme à pouvoir s'identifier dans un rôle masculin type, et bien nous nous retrouvons dans un climat de violence extrême. Le cliché social est si bouleversé, que l'homme a du mal à se positionner par rapport à la femme, puisque de nos jours la femme travaille, est soi-disant l'égal de l'homme...

LTC : a son indépendante financièrement aussi...

ERC : Absolument ! En théorie tout va bien, mais, en pratique il y a encore un très gros travail psychologique à faire, afin que l'homme se sente bien dans sa peau, d'autant plus qu'il n'a plus à faire vivre seul le foyer, mais juste à devenir le partenaire de sa compagne. A ce propos, je pense qu'il reste encore beaucoup de chemin à parcourir... à l'image de ces célébrités qui s'en prennent à leurs femmes ou compagnes d'un soir... et dont on entend parler dans les média. Ces hommes, là, font perdurer un symptôme social qu'il faudra arriver à moment donné à endiguer, grâce à la communication, la prévention, l'éveil, etc. A l'inverse, force est de constater, qu'il y a de plus en plus d'hommes qui deviennent sensibles à cet autre regard qu'il convient désormais de poser sur la femme, et qui la valorisent en tant qu'être humain à part entière. Cela leurs apportent énormément à tous points de vue.

LTC : Un récent sondage dénonçait le fait que 90% d'hommes ne faisaient rien à la maison... Ce qui laisse à la postérité 10% d'hommes « bien éduqués »... N'est pas finalement la faute des pères ou des mères qui dès le début éduquent mal leurs enfants en ne leurs apprenant pas à participer aux tâches ménagères ?

ERC : Malheureusement dans un foyer, dans un couple les rapports sont très, très complexes. La maman a beau vouloir bien éduquer son ou ses enfant(s), s'il y a derrière elle, en permanence, un papa dont l'autoritarisme empêche la transmission de ces valeurs, et bien elle n'aboutira à rien. Dans un couple, l'éducation se fait ensemble. Quand on est deux à parler d'une même voix, le résultat est beaucoup plus constructif. Je pense que le manque d'éducation de certains hommes provient principalement du conflit subsistant entre les parents...

LTC : Si on se réfère à ce sondage précisant que 10% seulement des hommes participent aux tâches ménagères et à ce que vous dites, il y aurait 90% d'hommes autoritaires... et donc 90% de femmes ne pouvant pas transmettre des valeurs saines...Ce n'est pas très réaliste !

ERC : Je ne crois pas que l'on puisse voir cela ainsi... Vous savez dans la vie, quelques soient les valeurs que l'on a envie de transmettre, et en tenant compte que chaque enfant a sa propre sensibilité, on arrive au résultat escompté ou non. En fait, ce sont des paris que l'on fait sur la vie, en espérant y arriver du mieux que l'on puisse. Pour ce faire, il faut être sain d'esprit, exemplaire... Une notion qui peut aussi se discuter d'un point de vue métaphysique. Il faut dans tous les cas être porteur de bien pour la Société, afin de pouvoir s'y intégrer au mieux.

LTC : En plus, avoir reçu une mauvaise éducation ne justifie en rien de ne pas changer d'état d'esprit une fois adulte...

ERC : Tout à fait, d'ailleurs je ne crois pas que les clichés que l'on véhicule sur les enfants maltraités - reproduisant des schémas familiaux violents - aident ces derniers à sortir de leurs problèmes. Bien au contraire, ils ne leurs permettent pas de sortir de la spirale infernale de la violence. Il faudrait mieux valoriser ceux qui refusent cette terrible et horrible oppression. La sensibilité de l'être humain doit lui permettre de tendre vers le meilleur, afin de s'ouvrir sur une vision positivée de la société.

LTC : Vous êtes très motivée par la dénonciation de toutes ces injustices. Est-ce que cela fait appel à votre expérience personnelle et/ou aux témoignages d'autres personnes ?

ERC : Je fais appel à des témoignages et m'intéresse à ce qui se passe dans le monde de nos jours. On a beau parler partout de progrès social, de la place de la femme dans la Société, on se rend compte au final dans le quotidien des femmes, que leur vie de tous les jours n'est pas aussi mirobolante qu'on voudrait nous le laisser entendre. La « Modernité » est un bien grand mot, c'est pourtant le thème de cet Eté du Livre 2010, posant la question « Modernité... et alors ? ». Je dirais tout simplement « chiche à la Modernité ! », à condition qu'elle intègre un réel progrès social pour les femmes...

 

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Photo ci-dessus : © Jean Dorval pour LTC

LTC : Comme vous venez de le préciser si justement, le thème de cet Eté du Livre 2010 est « Modernité... et alors ? ». Quels sont les autres rapports entre les quatre ouvrages que vous avez publiés et cette question complexe ?

ERC : « L'Abécédaire de l'Amour pour Lui » et « L'Abécédaire de l'Amour pour Elle » sont deux livres consacrés, l'un aux hommes et l'autre aux femmes. Cette séparation s'impose, car nous n'avons pas la même manière de raisonner. On ne peut pas parler à l'homme de la même façon qu'on le fait à la femme, surtout du point de vue relationnel.

LTC : Ce n'est pas un peu réducteur comme point de vue, ne serait-il pas mieux de faire un ouvrage permettant le rapprochement des deux parties ?

ERC : Non pas du tout, car comme vous le savez « Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus... » d'après John Gray...

LTC : Ce point de vue est stéréotypé et archiconnu !

ERC : Pour revenir à votre question du début, il y a toujours dans mon œuvre un lien entre tradition et modernité. Je pense qu'il faut nous nourrir du passé pour tendre résolument vers le futur. Le présent n'étant qu'une conjonction de la façon dont on arrive à lier ces deux visions du temps. A ce titre, on peut toujours apprendre du passé. Et justement parce que je suis une femme de mon temps, je sais que l'on ne vit plus la relation amoureuse homme/femme comme à l'époque de nos parents et de nos grands-parents. Désormais, la communication doit être le noyau dur d'une relation aboutie. Quand on est deux, il n'y a pas que le sexe en partage, même si les médias nous rabâche le contraire quotidiennement...

LTC : A ce propos, un des stands de l'Eté du Livre vend un « Dictionnaire des expressions sexuelles »...

ERC : Justement au lieu de nous rabattre les oreilles avec des thématiques aussi réductrices, il vaudrait mieux s'intéresser à la question dans ses aspects les plus intimistes. Non pas pour s'immiscer dans la vie privée des gens, mais plutôt pour révéler l'aspect humain d'une relation amoureuse, née de plusieurs facteurs concordants et qui peuvent être porteurs autant de positif que de négatif. Que l'on se retrouve juste pour passer un bon moment ou pour s'apprécier vraiment, in fine, qu'est-ce que l'on ressent véritablement au bout du compte ? En clair comment faire de ces moments intimes des moments privilégiés. C'est cet aspect là qui m'intéresse de développer.

LTC : Vous préférez que les gens vivent une belle histoire finalement...

ERC : Oui, car je pense que s'il est beau de faire l'Amour, il ne faut pas faire que cela, afin de pouvoir construire une relation durable. C'est notre fragilité humaine que nous mettons ainsi en jeu, nos corps ont leurs limites. Ce partage se doit d'être un instant précieux, relevant pratiquement du mystique. Faire l'Amour doit être un acte extraordinaire, non plus réduit à des moments de performances sportives. On ne fait pas l'Amour pour l'hygiène, on fait l'Amour car l'on partage avec une personne des sentiments. Ce partage de l'intimité doit être inoubliable, exceptionnel. Il ne doit pas s'épuiser dans la durée et doit pouvoir se renouveler comme au premier jour. J'en appelle donc à l'enrichissement de la relation amoureuse, à son nourrissement quotidien et à l'intelligence du cœur. Je pense qu'avant toutes choses le bon sens devrait primer sur l'instinct primaire. La Coucherie devient l'actuel Credo au détriment du sentiment et c'est dommage.

LTC : Mais, vous êtes un peu à rebours de tout ce qui se vit actuellement, vous croyez encore à « l'Amour éternel » ? N'était-ce pas valable à une époque où l'on vivait en moyenne une trentaine d'années ? Aujourd'hui, ne peut-on pas dire, vu l'allongement de la durée de la vie, que l'on vit plusieurs « Amours éternels » ?

ERC : (rires) Votre question est d'autant plus embarrassante que je pense que... quitte à vivre longtemps, autant vivre le mieux possible. Eternel ou pas, on doit essayer de faire en sorte que l'Amour soit porteur de Bien. Donc, la durée n'a pas d'importance, pour peu que la sincérité, le feeling et le respect soient présents. Il faut se sentir véritablement porter l'un vers l'autre en tant que couple. Faire de ces moments, un acte d'une beauté rare (je ne suis pas poétesse par hasard...). Donner du sens à sa vie, fuir la fadeur, la tiédeur, ne pas prendre pour modèles les stéréotypes médiatiques, etc. permet de développer la beauté de deux êtres complémentaires. Là où il y a de l'Amour, il y a forcément de la beauté.

Mais, pour revenir à votre question initiale... et le lien que l'on peut trouver entre mes écrits et la modernité... Dans le roman « Le droit d'aimer, ou un peu d'amour, s'il vous plaît », je parle de la Lorraine d'avant et après la Seconde Guerre Mondiale. Le message que je cherche à y faire passer est celui d'une femme dont le parcours s'appuie sur une histoire familiale douloureuse. Et justement, pour se sortir de ce lourd fardeau, elle doit avancer, seule, mais elle doit avancer pour tenir. Elle va ainsi puiser la force nécessaire à trouver son propre chemin vers le bonheur et elle réussira. Donc, il y a souvent de l'optimisme dans mes écrits. Le lien entre le passé, le présent et l'avenir est souvent présent. Donc, je le répète, je suis d'accord avec la Modernité, tant qu'elle ne tue pas l'Humain qui est en nous. C'est le message fort, le point central, le trait d'union entre tous mes ouvrages.

Pour finir, je vais vous parler de mon roman intitulé « M'aimeras-tu ? L'impérissable quête (volume 1) ». Cette histoire démarre au Ier Siècle, post-Jésus Christ, en prenant naissance dans l'ancienne Judée. Elle parviendra jusqu'à notre époque dans les prochains volumes, en passant d'un continent à l'autre dans un voyage aussi bien géographique que spirituel, mais aussi historique, puisque c'est un récit qui se nourrit de légendes, d'Histoire et d'une très large part de rêve. C'est en fait le début d'une véritable saga...

 

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Photo ci-dessus : ©Jean Dorval pour LTC


LTC : J'ai bien compris que « M'aimeras-tu ? » aura une suite en plusieurs volumes... Avez-vous déjà commencé à les rédiger ?

ERC : C'est vrai que je m'y suis déjà attelé et je vais essayer de ne pas décevoir mes lecteurs. Cela prend du temps et j'espère que d'ici la fin de l'année, voire début 2011, le deuxième volume sera publié.

LTC : Rien d'autre sur le feu ?

ERC : Si, par ailleurs, j'ai un recueil de contes qui est en train de se finaliser, des contes africains puisque je suis originaire du Bénin... J'ai aussi un projet d'Opéra de Baudelaire qui est mon poète préféré. Pour moi, Baudelaire, c'est « THE » Poète ! Il m'a donné l'envie d'écrire par la beauté de ses propos. Dans sa poésie, chaque pied a sa place. On passe d'un alexandrin à la prose toute en finesse. Cela mérite toute notre attention. Les gens ont tendance à se détourner de la poésie, car ils ne rechignent à se frotter à genre littéraire qu'ils estiment complexes... et pourtant. Le texte de cet opéra est déjà en cours de rédaction, charge après à un réalisateur de le mettre en scène.

LTC : Vous n'aimez pas aussi Verlaine qui est né à Metz ?

ERC : Bien sur que si ! C'est un de mes poètes préférés ! Mais, je garde un faible pour Baudelaire, car nous avons la même fibre sensitive. Quand je lis du Baudelaire, je rêve les yeux ouverts J'aurais aimé être une petite souris, à son époque, afin de tenter de voir comment il faisait pour écrire d'aussi belles choses et comprendre ce qu'il vivait à l'instant même où il écrivait. Baudelaire correspond véritablement à ce que je ressens. C'est un peu comme si on s'était toujours connu. Il est éternel au travers ses ouvrages.

LTC : Eurydice vous êtes à la fois éclectique et passionnée. Est-ce bien raisonnable tout cela ?

ERC : (fou rire) Je crois que ce qui plaît aux gens qui découvrent l'auteur que je suis (hors Lorraine bien sûr, car dans la région les gens ont déjà eu l'occasion de m'entendre sur Radio Jérico et de lire à mon propos dans le Républicain Lorrain), c'est justement l'éclectisme et la passion pour ce que je fais. Je n'ai jamais désiré ressembler à une icône people, j'ai mon propre cheminement et je remercie tous ceux qui se reconnaissent dans cette approche.

LTC : Je vous remercie Eurydice pour votre disponibilité, votre sincérité et votre gentillesse.

ERC : C'est moi qui vous remercie.

© Propos recueilles par Jean Dorval pour LTC Lecture, le 04 juin 2010.

« LA TETE EN FRICHE », LE FILM : LE POIDS DES MOTS, LE CHOC GERMAIN !

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Sorti le 02 juin 2010 sur nos écrans, « La Tête En Friche »  (une adaptation du roman de Marie Sabine Roger) est un très beau drame français, réalisé par Jean Becker, d'après le scénario de Jean-Loup Dabadiee. Il dure 01H22. Dans les rôles principaux on trouve l'émouvant Gérard Depardieu (Germain), l'attachante mamie Gisèle Casadesus (Margueritte), Maurane (Maurane), Patrick Bouchitey (Landremont), Jean-François Stévenin (Jojo), François-Xavier Demaison (Gardini), Sophie Guillemin (Annette), Claire Maurier (la mère de Germain), Mélanie Bernier (Stéphanie), Anne Le Guernec (La mère de Germain, jeune), Régis Laspalès (M. Bayle), Jérôme Deschamps (Le Maire), Matthieu Dahan (Julien), Bruno Ricci (Marco), Lyes Salem (Youssef), Jean-Luc Porraz (Le notaire), Gilles Detroit (Dévallée) et Florian Yven (Germain enfant).

 

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Lecture complice, dictionnaire affectif des mots de la Vie...

 

UNE SIMPLE RENCONTRE BOULEVERSE LA VIE DE DEUX ETRES COMPLEXES...

La très belle rencontre entre Germain, un quinqua naïf et quasiment analphabète, et Margueritte, une adorable vieille dame lettrée, fait partie de ces moments forts, immortalisés par le 7ème Art. Au point que ce premier rendez-vous va changer le cours des vies de ces deux Etres de Lumière.

Germain, qui vit dans une caravane, installée au fond du jardin de sa mère, menait jusqu'alors une vie tranquille partagée entre ses potes du bistrot et sa petite amie Annette. Il n'a pas connu son père, et sa mère qui n'a jamais voulu de lui, lui fait payer sa naissance quotidiennement. A l'école primaire, il était la tête de turc de son instituteur, adulte il se retrouve l'objet des moqueries permanentes de copains qui pourtant l'apprécient. Loin d'être un imbécile, ce marginal, cet homme fort en gueule mais qui ne mord pas, poursuit un parcours de vie, à la « Candide » de Voltaire. Philosophe en gestation, il ne lui manque plus qu'un petit coup de pouce pour se révéler au Monde. Et si SA Tête est restée « en friche », c'est que jusqu'à présent personne ne l'a cultivée... Cette rencontre avec Margueritte va chambouler entièrement son existence, opérer « SA » Métamorphose. Même ses pires détracteurs auront du mal à le suivre, tellement il les dépasse... Le détonateur de « SA » Révélation ? La lecture à haute voix par Marguerite d'extraits de romans... Germain en découvrant la magie de la lecture, dont il se croyait, à tort, exclus à tout jamais, ouvre finalement le chakra de son troisième œil.

 

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Germain, un blessé de la Vie au Grand Coeur...


Mais rien n'étant décidément acquis dans cette vie, Margueritte perd progressivement la vue et les rôles se retrouvent inversés. Alors, Germain pour l'Amour de cette prévenante petite grand-mère - qui comme le dit si bien Eddy Mitchell dans une de ses chansons(1) « (...) ressemble à un portrait de Norman Rockwell. Derrière les traits usés on devine qu'elle était belle. Y'a encore dans ses yeux comme une p'tite étincelle, Signe de vie et d'amour, un don tombé de ciel (...) » - va se mettre à son tour à la lecture à haute voix. Touchante symbiose entre deux personnes simples et vraies à conjuguer au fil des pages lues... Voilà une histoire à cueillir au rayon fraîcheur, touchante, souvent très drôle ; une histoire tendre, pleine d'espoir(s), prouvant qu'il est toujours possible d'apprendre et jamais trop tard pour être bien dans ses baskets, surtout quand l'Amour du prochain guide nos pas.

 

© Jean Dorval pour LTC Kinéma, le 06 juin 2010.

 

Infos Plus :

Le site du film http://www.studiocanal.com/tous-nos-films/films-comedie/c...

Notes :

(1) Extrait de la chanson d'Eddy Mitchell « Un Portrait De Norman Rockwell. »