Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

30/07/2015

C'EST DU L'ART OU DU COCHON ???

essai.JPG

essai 2.jpg

23/05/2012

BEATRICE GROSS, CHEF D’ORCHESTRE DU BALLET SOL LEWITT AU CPM (en mode Lucinda Childs), LE TEMPS D’UNE EXPO.

 jean dorval pour ltc arts,ltc arts,sol lewitt,exposition,rétrospective,monographie,dessins muraux,wall drawing,de 1968 à 2007,les structures,buren,les sculptures,presse,centre pompidou-metz,metz,moselle,lorraine,france,europe,ue,union européenne,interview,hélène guenin,responsable,du pôle programmation,laurent le bon,directeur,béatrice gross,la commissaire,de l'exposition,expo,colors,noir et blanc,louvain,le m muséum,collaboration,vasarely,cinétiques,arts visuels,arts modernes,les conceptuels,lobe,julio le parc,gianni colombo,formes géométriques,la ligne,évolution,carrière,commissaire de l'exposition

Le Centre Pompidou-Metz (CPM) rend hommage à l’artiste conceptuel américain Sol LeWitt (1928-2007), jusqu’en juillet 2013. Pour ce faire, il lui dédie, en Galerie 2, sur une superficie de 1.200m2, une rétrospective inédite de ses Wall Drawings (dessins muraux). D’une envergure sans précédent en Europe, ce parcours de la carrière du Maître va de ses premières à ses dernières réalisations. Les dessins sélectionnés reflètent à la fois l’extraordinaire cohérence de ses explorations systématiques (séries et combinaisons rigoureuses d’éléments géométriques) et l’étonnante diversité de sa pratique, aussi bien dans l’évolution des formes (de figures géométriques simples à ses « formes complexes » ou « continues ») que des matériaux utilisés (crayon à mine, pastel gras, lavis d’encre, peinture acrylique et graphite).

Béatrice Gross, Française de New York, a travaillé trois ans durant, sur ce défi (d'Art-)plastique, tant dans le choix des pièces exposées que dans la mise en œuvre de celles-ci. Cette commissaire âgée de 33 ans, qui a fait ses premières armes au MoMa de New York, a installé dans 16 hautes alvéoles aux murs parfaitement lisses, construites au centimètre près (en parfait accord avec la Fondation Sol LeWitt), cette exposition hors norme, à la Charte Graphique très stricte. Le parcours chronologique est pensé comme un ballet de Lucinda Childs : pas de gras, pas de bavardages, juste l'art à l'état pur ! 100% artiste !

 

jean dorval pour ltc arts,ltc arts,sol lewitt,exposition,rétrospective,monographie,dessins muraux,wall drawing,de 1968 à 2007,les structures,buren,les sculptures,presse,centre pompidou-metz,metz,moselle,lorraine,france,europe,ue,union européenne,interview,hélène guenin,responsable,du pôle programmation,laurent le bon,directeur,béatrice gross,la commissaire,de l'exposition,expo,colors,noir et blanc,louvain,le m muséum,collaboration,vasarely,cinétiques,arts visuels,arts modernes,les conceptuels,lobe,julio le parc,gianni colombo,formes géométriques,la ligne,évolution,carrière,commissaire de l'exposition

 Béatrice Gross devant une des oeuvres de Sol LeWitt.

 

INTERVIEW DE BEATRICE GROSS BY JD.

JD : Bonjour Béatrice Gross, vous exercez le métier de critique d’art indépendante à New York. Vous êtes la Commissaire de l’exposition « Sol LeWitt, Dessins Muraux, De 1968 à 2007 » qui a lieu actuellement au Centre Pompidou-Metz, et ce, jusqu’au 29 juillet 2013, et qui consacre 33 « Wall Drawings » de l’artiste (parmi les 1.200 dessins qu’il a créé), soit la plus grande exposition d’œuvres jamais réalisé sur « LE » Grand Maître. En 2013, vous organiserez une autre exposition sur le thème de l’extraordinaire collection privée d’œuvre d’art de l’artiste. Quelles sont les œuvres qui ont votre préférence dans cette collection qui va d’Eva Hesse à Steve Reich, de Robert Mangold à Hanne Dardoven, de Robert Ryman à des centaines d’inconnus, et pourquoi ?

BG : Pardonnez-moi, mais je ne veux pas préférer d’œuvre en particulier. C’est une collection magnifique qui a quelque chose de très organique. Vous savez, c’est comme une chose vivante qui évolue avec le temps. L’artiste a collectionné dès le début toutes ses œuvres. Enfant, il collectionnait déjà les timbres… « LA » Collection était vraiment une autre de ces pratiques, à côté de la pratique artistique. En plus, cette collection s’est constituée à la faveur d’échanges et de dons plutôt que d’achats. Et même, si des achats ont pu avoir lieu plus tard dans sa constitution (il y a près de 4.000 œuvres), les échanges et les dons se faisaient entre amis, entre pairs, entre gens qui se respectaient, avec des personnes que Sol LeWitt respectait particulièrement. Ces œuvres sont fascinantes avec un cœur de collection d’art minimal et d’art conceptuel, mais avec aussi de l’art post-minimal, de la peinture aborigène d’Australie, des partitions musicales qui vont de Steeve Reich à Philip Glass. Et puis, il y a du mobilier de Gerrit Rietveld, des travaux de l’Arte Povera (qui est une « attitude » artistique, plutôt qu'un « mouvement » artistique, un concept que les artistes italiens de l'Arte Povera ont toujours rejeté depuis 1967). Il a aussi de très belles œuvres de Daniel Buren, etc. Donc, cette Collection Sol LeWitt comprend beaucoup de choses. C’est pourquoi, il ne faut pas instaurer de l’hiérarchie entre ces œuvres, toutes plus importantes les unes que les autres. Sol LeWitt s’intéressait à l’Art passionnément, et on va montrer ces œuvres avec passion aussi, encore une fois sans hiérarchie.

JD : Vous n’avez vraiment pas un « Petit Coup de Cœur » pour une de ces œuvres ?

BG : Ecoutez des coups de cœur, j’en ai plein, mais c’est à titre personnel. Je crois que ce n’est pas très important. Je crois qu’il y a beaucoup de très belles œuvres qui me touchent.

JD : Juste une petite œuvre pour me faire plaisir…

BG : Il y a notamment une des œuvres de Fred Sandback. Vous savez, ce sont ces œuvres situées dans l’espace, dessinées comme un espace négatif, représentées simplement par des petits fils. Il y aussi une œuvre de Donald Judd, un artiste plasticien et théoricien, et une magnifique série d’Eva Hesse, qui a joué un rôle central dans la transformation de la sculpture dans les années 1960. Il s’agit donc d’œuvres très précieuses, très belles et très fragiles. De même, on trouve des séries exceptionnelles d’Hanne Darboven qui a participé à de nombreuses expositions internationales. Son œuvre est proche de l'art conceptuel. Il est donc très difficile de faire un choix parmi tous ces chefs-d’œuvre.

JD : Exposerez-vous tous ces choix d’œuvres, dont vous venez de me parler, dans la future exposition sur la Collection LeWitt ?

BG : Naturellement !

JD : Donc ce sont de « vrais coups de cœur » ?

BG : Oui, ce sont des coups de cœur, fondés historiquement. Les raisons premières de ces choix sont que ces œuvres en tant que tel sont absolument magnifiques, en plus, elles étaient très importantes pour Sol LeWitt. En dernière instance, mon choix est motivé par ma préférence pour des œuvres que j’aime plus que d’autres.

 

jean dorval pour ltc arts,ltc arts,sol lewitt,exposition,rétrospective,monographie,dessins muraux,wall drawing,de 1968 à 2007,les structures,buren,les sculptures,presse,centre pompidou-metz,metz,moselle,lorraine,france,europe,ue,union européenne,interview,hélène guenin,responsable,du pôle programmation,laurent le bon,directeur,béatrice gross,la commissaire,de l'exposition,expo,colors,noir et blanc,louvain,le m muséum,collaboration,vasarely,cinétiques,arts visuels,arts modernes,les conceptuels,lobe,julio le parc,gianni colombo,formes géométriques,la ligne,évolution,carrière,commissaire de l'exposition

Wall Drawing #1171 - Cinq degrés de crayonnages : un cube sans un cube ; un cube sans un coin. Graphite.


JD : Béatrice, Sol LeWitt a organisé l’échange d’œuvres d’art partout dans le Monde, soit avec des artistes reconnus, des étrangers, des amis, des fans, etc. Ce projet faisait partie de sa pratique conceptuelle dans un exercice qui a cassé le modèle traditionnel de l’échange de biens artistiques établi par le marché de l’art et les grandes maisons internationales d’enchères. Que pensez-vous de ce « troque conceptuel » ? Pensez-vous que le Musée d’Art Moderne de Paris pourrait faire de même avec d’autres musées afin de varier l’offre des œuvres exposées au Centre Pompidou-Paris ou Metz ?

BG : Je ne peux absolument pas me prononcer pour le Musée d’Art Moderne de Paris, ni pour le Centre Pompidou-Paris ou Metz. Par contre, je peux vous parler de Sol LeWitt, un peu plus, si vous le souhaitez…

Cette pratique de la collection, je crois que chez lui, c’est une chose intuitive. Comme je vous le disais, Sol LeWitt était un collectionneur né. Il a commencé par les timbres, et puis il a continué très vite avec des œuvres, car c’est un passionné d’art, car c’était un artiste aussi, bien sûr ; mais surtout, parce que c’était un artiste passionné par l’art des autres, qui était extrêmement curieux, extrêmement généreux. Quant à savoir si c’est « une grande déclaration » sur le Marché de l’Art, c’est possible. Sol LeWitt, même si on ne s’en rend pas compte au premier abord en regardant ses œuvres, était quelqu’un qui avait des positions très marquées (même politiquement), à l’image de sa fameuse idée selon laquelle les artistes conceptuels sont d’avantage mystiques que rationalistes.

Sol LeWitt est très radical. Il avait été d’ailleurs un des tous premiers dans les années 60 à proposer de se détacher du Système des galeries commerciales, et de fonder une galerie dirigée par des artistes qui pourraient ainsi gérer leur propre carrière. Mais, comme vous le savez, cela ne s’est pas vraiment fait. Aussi, Sol LeWitt a travaillé avec beaucoup de loyauté avec un très grand nombre de galeristes, comme Samuel Lallouz. Ce rapport au marché de l’art, je crois qu’il l’a vécu avec beaucoup de simplicité, mais aussi avec beaucoup de réalisme. Il a travaillé avec des galeristes formidables, qui ont fait des travaux et un travail de soutien vraiment admirable. Mais, Sol LeWitt n'a jamais voulu travailler en exclusivité pour quelqu'un. C’est pour cela qu’il a multiplié ses interlocuteurs à travers le monde pour s'occuper de son travail. Cela ne l'a pas empêché de leur accorder à tous une loyauté sans faille et durable.

 

jean dorval pour ltc arts,ltc arts,sol lewitt,exposition,rétrospective,monographie,dessins muraux,wall drawing,de 1968 à 2007,les structures,buren,les sculptures,presse,centre pompidou-metz,metz,moselle,lorraine,france,europe,ue,union européenne,interview,hélène guenin,responsable,du pôle programmation,laurent le bon,directeur,béatrice gross,la commissaire,de l'exposition,expo,colors,noir et blanc,louvain,le m muséum,collaboration,vasarely,cinétiques,arts visuels,arts modernes,les conceptuels,lobe,julio le parc,gianni colombo,formes géométriques,la ligne,évolution,carrière,commissaire de l'exposition

Wall Drawing #340A - Dessin en six parties. Le mur est divisé horizontalement et verticalement en six carrés égaux, bordés et séparés par des bandes blanches de 6 pouces (15 cm). A l'intérieur de chaque carré, une figure géométrique à l'extérieur de laquelle se trouvent des lignes parallèles noires horizontales, et à l'intérieur de laquelle se trouvent des lignes parallèles noires verticales. Toutes les lignes sont distantes de 1 pouce (2,5 cm). Les lignes horizontales ne pénètrent pas dans les figures - Pastel noir.


JD : Vous habitez à New-York et Sol LeWitt a démarré à New-York… Cela suscite quoi chez vous ?

BG : Comme beaucoup d’autres artistes Sol LeWitt est né à Hartford, pour être exact, dans le Connecticut. Il est vrai, qu’il a passé une grande partie de sa vie et de sa carrière à New-York…

JD : Au Musée d’Art Modern de New-York notamment…

BG : Effectivement, mais assez brièvement, pour que très rapidement il puisse vivre de son Art. Il a habité aussi en Italie dans les années 80. C’est quelqu’un qui a beaucoup voyagé. Il montrait énormément ses oeuvres, dix à douze expositions par an, depuis les années 70. Vous imaginez le travail colossal, à la fois en terme de création, et en terme d’exposition à montrer et à organiser, notamment à New-York, où je vis, une ville fantastique et très avant-gardiste.

 

jean dorval pour ltc arts,ltc arts,sol lewitt,exposition,rétrospective,monographie,dessins muraux,wall drawing,de 1968 à 2007,les structures,buren,les sculptures,presse,centre pompidou-metz,metz,moselle,lorraine,france,europe,ue,union européenne,interview,hélène guenin,responsable,du pôle programmation,laurent le bon,directeur,béatrice gross,la commissaire,de l'exposition,expo,colors,noir et blanc,louvain,le m muséum,collaboration,vasarely,cinétiques,arts visuels,arts modernes,les conceptuels,lobe,julio le parc,gianni colombo,formes géométriques,la ligne,évolution,carrière,commissaire de l'exposition

Béatrice Gross.


JD : Merci Béatrice pour cet interview, bonne journée.

BG : Je vous remercie Jean.

© Propos recueillis, le 07 mars 2012, par Jean Dorval, pour LTC Arts, au Centre Pompidou-Metz.

 

logo ltc arts.jpg           jean dorval pour ltc arts,ltc arts,sol lewitt,exposition,rétrospective,monographie,dessins muraux,wall drawing,de 1968 à 2007,les structures,buren,les sculptures,presse,centre pompidou-metz,metz,moselle,lorraine,france,europe,ue,union européenne,interview,hélène guenin,responsable,du pôle programmation,laurent le bon,directeur,béatrice gross,la commissaire,de l'exposition,expo,colors,noir et blanc,louvain,le m muséum,collaboration,vasarely,cinétiques,arts visuels,arts modernes,les conceptuels,lobe,julio le parc,gianni colombo,formes géométriques,la ligne,évolution,carrière,commissaire de l'exposition

 

INFO PLUS SUR L’EXPO :

http://www.centrepompidou-metz.fr/node/13802 

© Crédit photos : Jean Dorval pour LTC 2012, Jean Dorval pour LTC 2012/Shigeru Ban Architects et Jean de Gastines Architectes, pour les photos représentant le Centre Pompidou-Metz, et Jean Dorval pour LTC 2012/Adagp, Paris 2012.

15/03/2012

CECILE DEGOS MET EN SCENE SOL LEWITT AU... MILLIMETRE PRES AU CPM !

 

http://latourcamoufle.hautetfort.com/media/00/01/2573381684.jpg 

 

jean dorval pour ltc arts,ltc arts,sol lewitt,exposition,rétrospective,monographie,dessins muraux,wall drawing,de 1968 à 2007,les structures,buren,les sculptures,presse,centre pompidou-metz,metz,moselle,lorraine,france,europe,ue,union européenne,interview,hélène guenin,responsable,du pôle programmation,laurent le bon,directeur,béatrice gross,la commissaire,de l'exposition,expo,colors,noir et blanc,louvain,le m muséum,collaboration,vasarely,cinétiques,arts visuels,arts modernes,les conceptuels,lobe,julio le parc,gianni colombo,formes géométriques,la ligne,évolution,carrière,cécile degos,scénographe

© Cécile Degos by JD 2012.

 

JD : Bonjour Cécile Degos, vous êtes Scénographe de l’exposition « Sol LeWitt, Dessins Muraux, de 1968 à 2007 », qui se déroule au Centre Pompidou-Metz (CPM), du 07 mars 2012 au 29 juillet 2013. En quoi consiste votre métier ?

CD : Etre scénographe dans une exposition temporaire ou dans un musée permanent cela consiste à mettre en scène une exposition, d’en trouver le parcours le plus confortable possible pour le visiteur. Pour l’exposition Sol LeWitt, la conception de la scénographie est très différente de celle mise en place dans un musée classique. Elle doit respecter les préconisations de chaque dessin.

JD : Vous participez souvent à des expositions connues comme celles du Centre Pompidou-Metz ? Travaillez-vous avec d’autres musées ?

CD : Oui. En 2010, j’ai signé la scénographie de l’exposition Jean-Michel Basquiat au Musée d’Art Moderne (MAM) de Paris (pour en voir les photos aller sur le lien suivant : http://www.fedephoto.com/fotoweb/), jean dorval pour ltc arts,ltc arts,sol lewitt,exposition,rétrospective,monographie,dessins muraux,wall drawing,de 1968 à 2007,les structures,buren,les sculptures,presse,centre pompidou-metz,metz,moselle,lorraine,france,europe,ue,union européenne,interview,hélène guenin,responsable,du pôle programmation,laurent le bon,directeur,béatrice gross,la commissaire,de l'exposition,expo,colors,noir et blanc,louvain,le m muséum,collaboration,vasarely,cinétiques,arts visuels,arts modernes,les conceptuels,lobe,julio le parc,gianni colombo,formes géométriques,la ligne,évolution,carrière,cécile degos,scénographemais aussi celle des expositions suivantes : « Van Dongen » au Musée d’Art Moderne de Paris en 2011 et « Antiquité rêvée » au Musée du Louvre de Paris en 2010. Je travaille aussi pour les décors d’opéras et de théâtres, notamment, l’Opéra de Lyon pour l’opérette « La Veuve joyeuse » de Franz Lehár (en 2006), le Théâtre de la Ville à Paris avec la pièce de théâtre de Jon Fosse « Rêve d’Automne » (en 2010), et le Théâtre du Châtelet, toujours à Paris, pour l’opéra-ballet « Magdalena » d’Hector Villa-Lobos (en 2010). Actuellement, je prépare l’exposition « L’Art en Guerre, France 1938-1947, de Picasso à Dubuffet » qui débute le 12 octobre prochain à Paris.

JD : Avez-vous aussi travaillé au niveau international ?

CD : Oui. J’ai déjà travaillé à New-York avec le Musée Guggenheim et avec l’Opéra de Los Angeles dans le cadre de l’opéra « The Fly » d’Howard Shore (en 2007), avec une mise en scène de David Cronenberg.

JD : Donc, si je vous suis bien, en tant que Française, vous vous exportez bien, grâce à votre profession…

CD : Je dirais plutôt que c’est du ponctuel.

 

jean dorval pour ltc arts,ltc arts,sol lewitt,exposition,rétrospective,monographie,dessins muraux,wall drawing,de 1968 à 2007,les structures,buren,les sculptures,presse,centre pompidou-metz,metz,moselle,lorraine,france,europe,ue,union européenne,interview,hélène guenin,responsable,du pôle programmation,laurent le bon,directeur,béatrice gross,la commissaire,de l'exposition,expo,colors,noir et blanc,louvain,le m muséum,collaboration,vasarely,cinétiques,arts visuels,arts modernes,les conceptuels,lobe,julio le parc,gianni colombo,formes géométriques,la ligne,évolution,carrière,cécile degos,scénographe

 

jean dorval pour ltc arts,ltc arts,sol lewitt,exposition,rétrospective,monographie,dessins muraux,wall drawing,de 1968 à 2007,les structures,buren,les sculptures,presse,centre pompidou-metz,metz,moselle,lorraine,france,europe,ue,union européenne,interview,hélène guenin,responsable,du pôle programmation,laurent le bon,directeur,béatrice gross,la commissaire,de l'exposition,expo,colors,noir et blanc,louvain,le m muséum,collaboration,vasarely,cinétiques,arts visuels,arts modernes,les conceptuels,lobe,julio le parc,gianni colombo,formes géométriques,la ligne,évolution,carrière,cécile degos,scénographe

© Ci-dessus détails de "Wall Drawings" (emplacements de portes et vue en coupe de cimaises) by JD 2012.

 

JD : Comment avez-vous fait pour organiser la scénographie de l’exposition « Sol LeWitt, Dessins Muraux, de 1968 à 2007 » ? Quelle est la logique de votre démarche ?

CD : Pour organiser la scénographie de cette rétrospective sur Sol LeWitt, j’avais « trois règles du jeu » à respecter. La première était relative à chaque dessin, avec des spécifications particulières pour chaque réalisation. La deuxième traitait des nombreuses normes de sécurité à respecter au CPM. La troisième et dernière règle venait des instructions de la Commissaire de l’exposition, Béatrice Gross, à propos du déroulé très précis à mettre en place et de l’ordre très précis à suivre au niveau des réunions. Donc, il fallait « jouer » avec ces trois principes et essayer de trouver la scénographie la plus adaptée au travail de Sol LeWitt.

Jusqu’à aujourd’hui, c’est Sol LeWitt qui signait ses scénographies. Depuis sa mort c’est la première exposition.

 

 

jean dorval pour ltc arts,ltc arts,sol lewitt,exposition,rétrospective,monographie,dessins muraux,wall drawing,de 1968 à 2007,les structures,buren,les sculptures,presse,centre pompidou-metz,metz,moselle,lorraine,france,europe,ue,union européenne,interview,hélène guenin,responsable,du pôle programmation,laurent le bon,directeur,béatrice gross,la commissaire,de l'exposition,expo,colors,noir et blanc,louvain,le m muséum,collaboration,vasarely,cinétiques,arts visuels,arts modernes,les conceptuels,lobe,julio le parc,gianni colombo,formes géométriques,la ligne,évolution,carrière,cécile degos,scénographe

© Béatrice Gross by JD 2012.

 

JD : Avez-vous aidé Béatrice Gross dans le choix des œuvres exposées de LeWitt Salomon, dit « Sol LeWitt » - un artiste originaire du Connecticut aux States - et dans le choix de leur emplacement ?

CD : Béatrice Gross s’est occupée du choix des œuvres. Quant à l’ordre de ces mêmes œuvres, Béatrice Gross l’a fait en collaboration avec la Fondation Sol LeWitt. En ce qui me concerne, j’ai respecté scrupuleusement le déroulé que l’on m’a confié. La longueur de chaque « Wall Drawing » devait être définie en fonction de sa hauteur. Je n’avais pas le droit à deux centimètres de blanc ou de marge, par exemple, autour des « Wall Drawings ». Tous les murs étant des œuvres à proprement parler, il a donc fallu tout faire avec une extrême précision. J’avais aussi dans le cadre des normes de sécurité demandées par le Centre Pompidou-Metz, à prendre en compte tous les passages et les emplacements des portes. Ils ont été calculés pour chaque « Wall Drawing ». Ils ne sont pas déterminés de manière anodine et ne doivent pas être placés n’importe où dans le dessin. C’était un vrai casse-tête chinois et un très bon exercice de mathématiques !

JD : Ce casse-tête chinois et cet exercice de mathématiques ont duré combien de temps ?

CD : J’ai remporté un concours dans le cadre d’un marché public et j’ai travaillé sur ce projet pendant presque un an. Tous mes calculs ont dû être validés par un assistant de la Fondation Sol LeWitt, Anthony Sansotta, par la Fondation Sol LeWitt, ainsi que par Laurent Le Bon, le Directeur du Centre Pompidou-Metz, et Béatrice Gross, la Commissaire de l’exposition.

JD : Vous aviez donc un cahier des charges très draconien. Je suppose que vous avez dû passer quelques nuits blanches…

CD : Effectivement, j’ai eu de bonnes nuits blanches et aussi de bons maux de ventre. Car, lorsque l’on fait réaliser une scénographie, on ne fait pas appel à des artistes peintres, mais à une entreprise. J’ai travaillé avec une excellente société, mais chaque mur a demandé une préparation particulière. J’ai eu en tout cinq préparations différentes de peinture à appliquer avant la réalisation de chaque œuvre (tracé et dessin). Il y a même des variantes avec des murs qui sont plus au moins granuleux, d’autres plus spaltés (une technique d’application avec un pinceau « spalter »). De plus, il ne fallait pas que l’entreprise se trompe au centimètre près pour positionner une cimaise (un mur). Pour chaque emplacement tout s’est fait au millimètre près, car chaque cimaise devient une œuvre d’art à part entière.

 

jean dorval pour ltc arts,ltc arts,sol lewitt,exposition,rétrospective,monographie,dessins muraux,wall drawing,de 1968 à 2007,les structures,buren,les sculptures,presse,centre pompidou-metz,metz,moselle,lorraine,france,europe,ue,union européenne,interview,hélène guenin,responsable,du pôle programmation,laurent le bon,directeur,béatrice gross,la commissaire,de l'exposition,expo,colors,noir et blanc,louvain,le m muséum,collaboration,vasarely,cinétiques,arts visuels,arts modernes,les conceptuels,lobe,julio le parc,gianni colombo,formes géométriques,la ligne,évolution,carrière,cécile degos,scénographe

© John Hogan et Cécile Degos by JD 2012.

 

JD : Si je vous comprends bien, vous avez bossé en collaboration étroite avec l’équipe de 100 artistes qui a donné vie à cette expo, et au moment où elle réalisait chacune des œuvres, vous avez vérifié chaque coup de crayon, de pinceau, etc. ?

CD : C’est plutôt John Hogan - un des plus anciens collaborateurs de LeWitt – qui s’est occupé de cette partie là. Il a créé un mélange de hiérarchie et de compétence avec des jeunes artistes du cru en les laissant absolument libres lors de la réalisation des dessins. D’une conception révolutionnaire, les œuvres surprennent par leur démesure et ont toutes été élaborées « In Situ » par des étudiants, issus des Écoles d’art de Metz et d’Épinal (Esal), de Nancy, de Reims, et de l’École d’architecture de Nancy. Il a encadré, treize jeunes artistes diplômés et sept assistants professionnels de la Fondation LeWitt. L’exposition a nécessité deux mois de travail et occupé une centaine de personnes présentes six jours par semaine dans la Galerie 2. L’originalité de cette exposition repose sur les méthodes de travail utilisées, retraçant la vie et l’œuvre de l’artiste, les 65 étudiants participants au projet ont utilisé le crayon à mine, les pastels gras, l’encre de chine, les peintures acryliques et le graphite, selon, bien sûr, les instructions laissées par le Maître, et directement appliquées sur les murs. Et si John avait la moindre question, il m’appelait. J’étais à sa disposition en cas de besoin. J’ai terminé l’agencement de mon chantier, avec les murs vides prêts à l’emploi, au mois de décembre 2011. Les artistes sont arrivés au mois de janvier 2012. On a fait les présentations pendant une semaine et après John a pris le relais. On s’est donc tous passé le témoin jusqu’au dernier coup de pinceau, jusqu’à l’application du vernis.

jean dorval pour ltc arts,ltc arts,sol lewitt,exposition,rétrospective,monographie,dessins muraux,wall drawing,de 1968 à 2007,les structures,buren,les sculptures,presse,centre pompidou-metz,metz,moselle,lorraine,france,europe,ue,union européenne,interview,hélène guenin,responsable,du pôle programmation,laurent le bon,directeur,béatrice gross,la commissaire,de l'exposition,expo,colors,noir et blanc,louvain,le m muséum,collaboration,vasarely,cinétiques,arts visuels,arts modernes,les conceptuels,lobe,julio le parc,gianni colombo,formes géométriques,la ligne,évolution,carrière,cécile degos,scénographe

© Source photo : SOL LEWITT, Wall Drawing #879, "Loopy Doopy (courbes folles), black and white", Septembre 1998, by JD pour LTC Arts.

jean dorval pour ltc arts,ltc arts,sol lewitt,exposition,rétrospective,monographie,dessins muraux,wall drawing,de 1968 à 2007,les structures,buren,les sculptures,presse,centre pompidou-metz,metz,moselle,lorraine,france,europe,ue,union européenne,interview,hélène guenin,responsable,du pôle programmation,laurent le bon,directeur,béatrice gross,la commissaire,de l'exposition,expo,colors,noir et blanc,louvain,le m muséum,collaboration,vasarely,cinétiques,arts visuels,arts modernes,les conceptuels,lobe,julio le parc,gianni colombo,formes géométriques,la ligne,évolution,carrière,cécile degos,scénographe

 Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

 

JD : Ce travail s’est passé uniquement dans la Galerie 2 ou bien d’autres locaux ont-ils été utilisés dans ou hors du CPM ?

CD : J’ai personnellement travaillé dans mon atelier pour réaliser une maquette, des visuels, etc. Le projet a été validé par le Centre Pompidou-Metz. La chose était d’ailleurs assez compliquée à appréhender. Mes photos de maquette ont été parallèlement envoyées à The LeWitt Estate (La Fondation Sol LeWitt). Et après, a démarré le travail de construction en Galerie 2. Tout ce travail, en amont dans mon atelier, reste vraiment un travail de conception, aussi bien par maquette que par plan.

JD : Donc, vu le travail effectué « In Situ », on peut dire que la Galerie 2 est devenue un véritable atelier-expo.

CD : De toutes les manières, toutes les réalisations de « Wall Drawings » de Sol LeWitt se font ainsi. Il y a un Chief-Assistant qui explique à des étudiants comment réaliser tous les « Wall Drawings ».

JD : On retrouve un peu du mythe de l’atelier du XIXe Siècle dans lequel on présentait une œuvre produite sur place…

CD : Oui, c’est une production faite sur place, mais on n’est plus au XIXe Siècle.

JD : En tous cas, dans la manière de procéder, il y a des similitudes.

CD : Le « making of » montrera bien tout ce travail de réalisation « In Situ ». Les murs étaient tous préparés d’une manière spécifique. Je n’avais droit à aucune marge d’erreur dans la représentation, dans les proportions des œuvres. Dans certains dessins, si j’avais cinq centimètres de plus, je n’étais plus dans le calibre originel du dessin, prévu en amont. Sachant que tous les dessins ont été préparés avec Anthony Sansotta, sur des élévations que j’ai dessinées suite à ses propres validations, c’était un système d’échanges énorme et constructif.

JD : Vu le stress que génère une telle entreprise, y-a-t’il eu des coups de gueule entre vous au moindre centimètre de dépassement ? Quelle technique de communication, quelle stratégie, avez-vous utilisé pour faire respecter l’intégralité de votre cahier des charges à la lettre ?

CD : J’ai vraiment mis tout le monde en garde en amont, et ce, sans énervement. En général, sur mes chantiers, il n’y a pas de coups de gueule, je n’aime pas cela. C’est réellement stressant, mais j’essaye de ne pas transmettre mon stress aux autres. Comme ceux qui montaient les murs, il fallait rester zen, se contrôler, tout en expliquant la marche à suivre. On a fait un grand repérage ensemble et après j’ai laissé les ouvriers seuls. Je venais cependant chaque semaine - je travaille et j’habite à Paris - pour vérifier que tout allait bien. En plus, dès que le besoin se faisait ressentir, je venais de suite. Résultat, la partie peinture sur mur est une réussite autant que la construction des murs.

JD : Vous collez parfaitement aux prescriptions de l’Atelier LeWitt, c’est-à-dire, le contrôle de soi et l’adaptabilité « au centimètre près »…

CD : Oui, effectivement, je me reconnais parfaitement dans l’Atelier LeWitt. C’est vrai qu’en scénographie, on est un peu matheux. Personnellement, j’aime bien les mathématiques et dans cet exercice, là, c’était plus que nécessaire. Je remercie d’ailleurs Laurent Le Bon et Béatrice Gross de m’avoir fait confiance pour la réalisation de cette exposition.

JD : Merci Cécile pour cet interview précis au centimètre près…

CD : Merci Jean.

© Propos recueillis par Jean Dorval, le 7 mars 2012, pour LTC ARTS.

 

jean dorval pour ltc arts       jean dorval pour ltc arts,ltc arts,sol lewitt,exposition,rétrospective,monographie,dessins muraux,wall drawing,de 1968 à 2007,les structures,buren,les sculptures,presse,centre pompidou-metz,metz,moselle,lorraine,france,europe,ue,union européenne,interview,hélène guenin,responsable,du pôle programmation,laurent le bon,directeur,béatrice gross,la commissaire,de l'exposition,expo,colors,noir et blanc,louvain,le m muséum,collaboration,vasarely,cinétiques,arts visuels,arts modernes,les conceptuels,lobe,julio le parc,gianni colombo,formes géométriques,la ligne,évolution,carrière

 

 

 

INFOS PLUS sur Cécile Degos :

http://www.ceciledegos.com/

 

 

© Toutes les photos faites au Centre Pompidou-Metz sont soumises au copyright : Shigeru Ban Architects et Jean de Gastines.

08/03/2012

HELENE GUENIN EN SOL (LEWITT) MAJEUR.

jean dorval pour ltc arts

jean dorval pour ltc arts

© Source photo : Anne Guenin by JD 2012 pour LTC Arts. 

 

JD : Bonjour Hélène GUENIN, on ne vous présente plus. Vous êtes, pour notre plus grand bonheur, la Responsable du Pôle Programmation du Centre Pompidou-Metz (CPM). Le CPM inaugure aujourd’hui sa nouvelle exposition « Sol LeWitt, Dessins Muraux, de 1968 à 2007 » dans sa Galerie 2. Cette manifestation se déroule du 07 mars 2012 au 29 juillet 2013.

HG : Bonjour Jean. Bonjour LTC Arts.

 

jean dorval pour ltc arts

© Source photo : WIKIPEDIA (portrait de Vasarely). 

JD : Pourquoi avoir choisi de présenter cette rétrospective, sans précédent en Europe, de l’artiste minimaliste et conceptuel américain Sol LeWitt ? Quelles sont les qualités de cet artiste ayant motivé une telle exposition ? Pourquoi ne pas avoir choisi plutôt Vasarely et ses Arts Visuels, un artiste qui est dans la même veine que Sol LeWitt, jean dorval pour ltc artset qui n’a déjà pas été cité dans l'exposition « Erre Variations Labyrinthiques », dans sa partie dédiée à l’Art Cinétique et à l’Art Programmé ?

HG : Il y a plusieurs questions dans votre question. La première : la monographie. Il est vrai que l’on essaye d’exprimer depuis la création du Centre Pompidou-Metz, avec Laurent Le Bon qui en est le Directeur, que l’on est toujours dans la perspective, lorsque l’on montre des monographies, de présenter des artistes qui n’ont jamais été exposés à une telle échelle en Europe. Donc, on a tenté d’être dans l’exceptionnel et de réunir des corpus d’œuvres que l’on n’a pas eu l’occasion de voir dans d’autres lieux que le Centre Pompidou-Metz. Alors, pourquoi Sol LeWitt ? Parce qu’il s’agit d’un artiste majeur du XXe Siècle. Parce que c’est aussi une des grandes figures de l’Art Conceptuel, un courant artistique qui reste un peu moins montrer que les autres mouvements en Europe. Il y a un réel regain d’intérêt, manifesté par de jeunes artistes et commissaires d’expositions, pour cette période conceptuelle, la France et l’Europe n’ayant pas nécessairement mis le focus sur cette génération. Ainsi, Sol LeWitt, parmi ces artistes conceptuels, a eu une démarche extrêmement importante. Il est le premier à passer directement de l’échelle du dessin à l’échelle de l’architecture, en laissant de côté le papier, la toile, etc. en décidant de confronter directement son art à l’architecture, directement sur le mur, avec cette idée aussi que du coup l’œuvre disparaît après l’exposition. Cette dimension éphémère est aussi très importante. Et puis, l’autre aspect qui nous semble passionnant dans cet artiste est : comment partir d’un système contraint et défini, d’un travail basé sur la sérialité, la modularité, à partir d’un vocabulaire de formes géométriques simples ? Donc, comment avec ce système à priori fini, il a réussi pendant 40 ans à se renouveler en permanence pour réinventer son propos et proposer une autre dimension autour du dessin ? Tous ces aspects nous ont interpellés, et puis, on n’a jamais eu en Europe l’occasion de voir un tel déploiement d’une trentaine de dessins muraux de cet artiste. Cela nous semble important de faire cette connexion maintenant avec Sol LeWitt. jean dorval pour ltc artsEt en plus, on a un partenariat avec le M Muséum de Louvain(1) qui va montrer en parallèle de notre exposition, à partir de juin prochain, une exposition d’une vingtaine de dessins muraux en couleurs de Sol LeWitt, intitulée « Colors »(2). jean dorval pour ltc artsDonc à deux heures d’intervalle de voiture, on va avoir la possibilité de voir un ensemble de cinquante dessins muraux, ce qui reste exceptionnel. De même, en faisant le tour de l’espace dédié à cette exposition dans la Galerie 2, je pense que vous vous êtes sans doute rendu compte que l’on a un rapport à la fois physique, vibrant, méditatif, au dessin. Evidemment, on peut faire le tour de l’expo en 5 minutes, mais on peut aussi y passer des heures (…)

JD : Oui, c’est clair.

HG : (…) tellement le dessin se situe dans l’ultra précision, la finesse et la méticulosité. On ressent aussi une fascination face au système hiérarchisé mis en place et à la manière dont les choses se répètent, se combinent ensemble. On peut presque vérifier si le protocole concorde parfaitement avec la manière dont le dessin est réalisé, comment les choses se sont faites dans un espace donné. Il est totalement fascinant d’entrer dans cet univers unique.

 

jean dorval pour ltc arts

Afin d'améliorer la lecture de l'image ci-dessus,

cliquer gauche dessus et l'agrandir.

 

jean dorval pour ltc arts

© Source photo : détail du "Wall Drawing #2", by JD 2012 pour LTC Arts.

 

jean dorval pour ltc arts

© Source photo : détail du protocole du "Wall Drawing #2",

by JD 2012 pour LTC Arts (la lecture de l'image est rendue difficile par l'écriture faite à la mine de plomb sur fond blanc).

 

jean dorval pour ltc arts

© Source photo : http://thanksforsupportingus.tumblr.com (portrait de Sol LeWitt)

JD : Des œuvres « In Situ » et « éphémères »... Cela rappelle un peu une récente expo de Daniel Buren qui a eu lieu au Centre Pompidou-Metz…

HG : Effectivement, on retrouve des similitudes. D’ailleurs Sol LeWitt et Daniel Buren étaient très proches. Ils étaient même amis. Et tous deux ont échangé des œuvres, leurs propres œuvres, pour leurs collections respectives. Des œuvres « In Situ » et « éphémères », cela procède effectivement d’une génération s’intéressant à ces questions. Aussi, au même titre que le projet de Daniel Buren, « Echos travaux in situ » - qui s’est déroulé du 8 mai au 9 septembre 2011, Galerie 3, et démonté à la fin de l’exposition, car prévu uniquement pour cet espace spécifique - le projet de Sol LeWitt va disparaître aussi. Avec une différence notoire tout de même, chez Sol LeWitt, le principe fondamental de son œuvre consiste à décliner un protocole qui subsiste en tant qu’idée, en tant qu’objet, et qui ensuite se décline potentiellement à l’infini.

 

 

jean dorval pour ltc arts

© Source photo : SOL LEWITT, Walls Drawings #295 (Octobre 1976) et #340A (Avril 1993), by JD pour LTC Arts.

 

JD : Avez-vous toujours cet objectif de « recyclage » des œuvres, comme vous l’avez fait avec certaines réalisations provenant de l’exposition « Chefs-d’œuvre ? » qui ont été réutilisées dans celle intitulée « Erre Variations Labyrinthiques » ?

HG : En fait, c’est plus que du « recyclage ». Il s’agit plutôt d’une continuité des projets. Ce sont même de petits clins d’œil. C’est aussi une forme d’écologie et d’économie de travail que l’on s’est fixée. C’est vrai qu’entre « Chefs-d’œuvre ? » et « Erre », on retrouvait une scénographie partiellement réutilisée, mais aussi des rappels dans la manière de faire des filiations historiques, dans le fait de remettre tel ou tel artiste qui était déjà présent dans « Chefs-d’œuvre ? ». Cependant le contexte était très différent. Dans cette même veine, de « développement durable » des projets, on a eu aussi avecjean dorval pour ltc arts Daniel Buren et son installation « Échos, travaux in situ » le réemploi des miroirs sur le toit de la Galerie 1. Donc, c’est vrai que l’on essaye d’avoir une continuité et une cohérence entre nos différentes expositions (…)

JD : Un fil conducteur…

HG : (…) effectivement un fil conducteur… Et même, si à priori il n’y a pas de connexion entre « Erre » et Sol LeWitt. Je crois que cette exploration sur la question de la ligne et de son cheminement constitue une autre forme de « fil conducteur… » - que l’on retrouve aussi, ici - s’exprimant au travers des œuvres exposées de Sol LeWitt d’une manière sérielle et conceptuelle, marquant ainsi une certaine continuité dans notre action.

jean dorval pour ltc arts

© Source photo : Julio Le parc, "Continuel-lumière avec formes en contorsion", 1966, Collection de l'artiste, exposition "Erre, Variations Labyrinthiques", by JD pour LTC Arts.

 

jean dorval pour ltc arts

© Source photo : Julio Le parc, "Projection pour cellule avec lumière en vibration", 1963, Collection de l'artiste, exposition "Erre, Variations Labyrinthiques", by JD pour LTC Arts.

 

JD : Pour rebondir sur la dernière partie de ma question… Quid de Vasarely ?

HG : Il y a un grand retour, aujourd’hui, à toute cette génération de Cinétiques et d’artistes qui ont travaillé sur LoBe Art ou sur les Arts Cinétiques dans les années 60/70. Il est donc vrai que dans « Erre », on avait choisi de mettre en exergue deux grandes figures des Cinétiques : Gianni Colombo et Julio Le Parc. On a eu d’ailleurs la chance de pouvoir travailler avec Julio Le Parc qui est un artiste encore vivant, faisant un travail exceptionnel sur la lumière, trop peu montré, et que l’on a voulu remettre en parallèle dans cette exposition avec des artistes de la même génération dit Conceptuels. Deux courants qu’à priori on avait complètement opposés parce que les moyens d’expression sont un petit peu différents. Donc, on a vraiment souhaité mettre le focus sur ces deux artistes, mais ce n’était pas une exposition d’Art Cinétique. Il s’agissait à l’intérieur de cette question sur la perte, de ramener la question à la perte optique. On a aussi remis en perspective les Cinétiques. Je crois que de grandes monographies sur les Cinétiques sont en train d’être préparées un peu partout en France, ainsi que de grandes expositions thématiques. Il est vrai que l’on n'a pas pris ce chemin là. On s'est intéressé d’avantage à faire un travail presque d’auteur ou d’historien de l’art, et de remettre en perspective les Cinétiques par rapport à d’autres courants, et surtout, par rapport à d’autres questions de perception, de pratique de l’espace, etc. Donc, nous ne ferons pas de grande monographie autour de Vasarely.

JD : Pas pour l’instant en tout cas, mais peut-être plus tard… Question suivante… Vous présentez 33 « Wall Drawings » en déclinaison de noir, de blanc et de gris, du sculpteur Sol LeWitt, partant toujours d’une idée de base ou d’un concept, directement appliqués sur mur, en fonction de l’espace d’exposition, mais vous ne présentez aucun de ses nombreux dessins muraux aux couleurs vives qui sont créés sur le même principe, et aucune de ses « Structures » (terme que l’artiste utilisait pour parler de ses sculptures…), fondées sur un élément géométrique basique, comme le cube, établi en réseau. Pourquoi avoir opéré une sélection aussi sélective des œuvres de l’artiste qui ne représente pas toutes les facettes de sa création, de son œuvre ? Est-ce pour une question de manque de place (ton humoristique…) ou avez-vous plus simplement voulu faire passer un message particulier à votre public ?

HG : Ce sont effectivement des partis pris forts que l’on a décidé de prendre avec la Commissaire de l’exposition, Béatrice Gross, et avec Laurent Le Bon, Directeur du Centre Pompidou-Metz. Il y avait le souhait de focaliser sur une partie de la pratique de Sol LeWitt, les « Wall Drawings », en noir et blanc, qui représentent tout de même 40 ans de pratique de l’artiste. Sol LeWitt reste quelqu’un qui a beaucoup écrit sur son travail, d’un point de vue théorique, notamment, et qui a insisté sur cette importance du mot « Wall Drawing » et du dessin dans sa pratique. C’est vrai qu’il y a aussi toute la série des sculptures, des open cubes, etc. qu’il a développé pendant des années. Mais nous, on s’est concentré exclusivement sur cet aspect des « Wall Drawings », en noir et blanc, afin de montrer cette pratique du dessin contemporain et particulièrement du dessin conceptuel au travers du travail de Sol LeWitt. Je crois que dans cette exposition le noir et le blanc renforcent le travail de Sol LeWitt. On remarque ainsi clairement l’évolution de l'artiste, toute la dimension de son oeuvre. On prend toute la mesure de son propos à travers cet univers de noir et de blanc symbolisant parfaitement la manière dont Sol LeWitt a sur faire vivre son travail pendant 40 ans à partir d’un principe déterminé. D’ailleurs très rapidement, on a discuté avec le M Muséum de Louvain de la question d’un diptyque concernant les "Wall Drawings", avec une partie en noir et blanc située au Centre Pompidou-Metz et une autre en couleur au M Muséum.

 

 

jean dorval pour ltc arts© Source photo : Wall Drawing #353, "Contours de figures isométriques", pastel noir, Mai 1981, by JD pour LTC Arts.

 

jean dorval pour ltc arts

© Source photo : Wall Drawing #289, Juillet 1976, by JD pour LTC Arts.

 

JD : Vous travaillez donc en complémentarité...

HG : Exactement. Finalement, on peut se « contenter » de voir, soit l’exposition de Metz, soit celle de Louvain, mais la démarche prend tout son sens, et surtout une force incroyable, quand on voit (certes séparément) les deux volets de ce diptyque, d’un côté en « noir et blanc », et de l’autre « en couleur ». L’autre argument par rapport au choix du noir et blanc, ici, réside dans le fait que tous les dessins préparatoires ou les protocoles que Sol LeWitt réalisait en amont, tels des « matrices » de dessins ou des "partitions à peindre ou à crayonner", étaient toujours réalisés initialement en noir et blanc, avec des initiales qui cependant indiquaient les couleurs à éventuellement appliquer. Avec cette exposition, on remonte véritablement aux origines du travail de l’Artiste.

JD : On pense donc en noir et blanc, et après on met de la couleur si on le souhaite ?

HG : C’est cela même.

 

 

jean dorval pour ltc arts

© Source photo : Wall Drawing #289, Juillet 1976, by JD pour LTC Arts.

 

jean dorval pour ltc arts© Source photo : Wall Drawing #414, Drawing Series IV (A), au lavis d'encre de Chine (24 dessins, technique au chiffon), Mars 1984, by JD pour LTC Arts.

JD : Je ne vous apprends rien quand je vous dis que Sol LeWitt est né le 9 septembre 1928 et mort le 8 avril 2007. Qu’en 1960, il est recruté par le Muséum Of Modern Art (MoDA) de New-York, situé à Manhattan, où il démarre sa carrière, réalise ses premiers « Wall Drawings » et « Structures », travaille notamment avec Robert Ryman, Dan Flavin et Robert Mangold. Sa première rétrospective au MoDA concerne la période « 1978-1979 ». Aussi, pourquoi avoir choisi pour votre rétrospective la période de « 1968-2007 » ?

HG : Par ce que l’on voulait couvrir les 40 ans de carrière et de pratique des « Wall Drawings » de l’artiste. 1968, c’est l’année des premiers « Wall Drawings » et 2007 l’année de sa mort. On a donc montré l’évolution de la pratique de ce type de dessin sur toute cette période. Comme vous avez pu le constater en parcourant l’exposition, on n’a pas fait quelque chose de trop didactique. Malgré tout, on a pris la décision, avec Béatrice Gross, la Commissaire de l’exposition, de faire un choix d’œuvres qui révèle les principales phases de cette évolution du travail de Sol LeWitt. On décrit cette évolution initialement en présentant des figures géométriques simples, par l’apparition petit à petit de figures géométriques complexes, puis par l’arrivée de perspectives. Enfin, on voit à l’issue de ce parcours l’avènement d’une liberté que l’artiste s’accorde en faisant des boucles ou en pratiquant des « scribbles » (« gribouillages ») sur ses dessins, tels que l’on peut en voir juste derrière nous. On note aussi l’évolution des techniques. On passe de la mine de plomb au lavis, à l’encre, etc. C’est finalement, à travers 33 dessins, un aperçu des grandes étapes de l’œuvre de Sol LeWitt, parmi les 1.200 dessins qu’il a réalisé au cours de sa vie. Il fallait au travers de cette grande rétrospective vraiment donner la sensation d’un parcours sélectionné représentant toute l’ampleur du travail de Sol LeWitt.

 

 

jean dorval pour ltc arts

© Source photo : Wall Drawing #260, Juin 1975, by JD pour LTC Arts.

 

jean dorval pour ltc arts

© Source photo : Wall Drawing #260 (protocole), Juin 1975, by JD pour LTC Arts.

JD : Vous faites plus fort que l’artiste qui fait sa première rétro perso en 1978… (rires…)

jean dorval pour ltc artsHG : En 1978, il n’était pas vraiment à sa première étape de parcours…

JD : Oui, juste à sa première rétrospective…

HG : Il est vrai qu’entre une exposition réalisée par l’artiste lui-même et celle qui est proposée par des commissaires, on est forcément dans une approche différente… Je crois qu’on ne peut pas opposer les projets. Ici, on a juste eu un parti pris, décidé, discuté, avec la Fondation Sol LeWitt, la famille de l’artiste, etc. Ses proches sont d’ailleurs très heureux de ce projet.

JD : Une fois de plus, vous avez travaillé en équipe à tous les niveaux. Chapeau !

HG : Oui, un tel projet n’arrive jamais suite à un travail solitaire, mais bien suite à un travail collectif. Et c’est particulièrement le cas, ici, puisqu’il y a eu cette articulation permanente entre la Commissaire, la famille de Sol LeWitt, la Collection LeWitt et la Fondation LeWitt. En plus, il y a eu un travail de résonnance avec les Ecoles d’Art et les Ecoles d’Architecture pour mettre en œuvre ce projet. Donc, c’est vrai, qu’il s’agit bien d’une grande aventure collective, peut-être plus visible à travers ce projet qu’à travers d’autres manifestations de ce type. Cette logique d’un atelier sur place renforce encore l’idée. En effet, le Centre Pompidou s’est transformé en atelier pendant deux mois avec une centaine de dessinateurs présents.

 

jean dorval pour ltc arts

jean dorval pour ltc arts

© Source photos : Wall Drawing #479, Mai 1986, by JD pour LTC Arts.

JD : Laurent Le Bon a fait une très courte apparition au début du vernissage presse, faisant juste une petite intro... Est-ce pour laisser la vedette à tout le monde dans l’équipe organisatrice de cet important évènement culturel et mettre ainsi en valeur ce très beau travail collectif très créatif ?

HG : C’est un peu, si je puis dire, la patte du Maître de Maison. Laurent Le Bon a toujours prôné cette dimension humaine et collective de l’Aventure du Centre Pompidou-Metz. C’est évidemment le Capitaine du navire, l’âme du projet. Mais, avant tout, c’est quelqu’un qui accorde énormément sa confiance à ses collaborateurs et qui donne ainsi la possibilité de développer des projets. C’est vrai que sur ce projet, plus particulièrement, il a eu envie de laisser la parole essentiellement à la Commissaire, Béatrice Gross, mais bien entendu, aussi, à toutes les personnes qui y ont participé.

 

jean dorval pour ltc arts© Source photo : Wall Drawing #462, Janvier 1986, by JD pour LTC Arts.

 

jean dorval pour ltc arts

© Source photo : Wall Drawing #542, Septembre 1987, by JD pour LTC Arts.

JD : Avez-vous hissé les couleurs de Sol LeWitt sur la flèche du Centre Pompidou-Metz, comme vous le faites pour chacun des artistes importants ou chacune des expos importantes que vous produisez ? (rires… allusion à un précédent interview…)

HG : Mais, le Centre Pompidou-Metz est en permanence aux couleurs de Sol LeWitt (ton humoristique). D’ailleurs, ce matin en arrivant au Centre, le bâtiment était totalement perdu dans la brume, nous n’avions que du blanc autour de la Galerie 2. Il n’y avait aucune possibilité d’être distrait par autre chose que par les « Wall Drawings... »

On a d'ores et déjà d’autres projets qui se déclinent par rapport à cette rétrospective "Sol LeWitt". Notamment des ateliers pour les adolescents avec des « Wall Drawings » de Sol LeWitt qui sont proposés à réaliser. Et puis, on a toute une programmation qui va se développer à partir de septembre, une série de projets autour de Sol LeWitt, en lien, entre autres, avec le milieu musical de son époque. On attend septembre parce que l’on va déployer auparavant la programmation du Printemps, essentiellement autour de « 1917 », une exposition beaucoup plus courte.

JD : En 2012, vous proposez une première exposition sur les « Wall Drawings » de Sol LeWitt. En 2013, vous en ferez une autre sur son extraordinaire collection privée d’œuvres d’art. Quelles sont les œuvres que vous préférées dans cette collection qui va de Eva Hesse à Steve Reich, de Robert Mangold à Hanne Dardoven, de Robert Ryman à des centaines d’inconnus, et pourquoi ?

HG : Je pense qu’il vaut mieux poser cette question à la Commissaire de l’exposition, Béatrice Gross, car c'est elle qui va faire le travail de recherche autour de cette collection.

 

jean dorval pour ltc arts

© Source photo : Wall Drawing #1142, Septembre 2004, et Wall Drawing #614, Juillet 1989, by JD pour LTC Arts.

 

jean dorval pour ltc arts

© Source photo : Wall Drawing #824, Avril 1997, et Wall Drawing #821, Avril 1997, by JD pour LTC Arts.

JD : D’accord Hélène. Une dernière question… Sol LeWitt a organisé l’échange d’œuvres d’art partout dans le Monde, soit avec des artistes reconnus, des étrangers, des amis, des fans, etc. Ce projet faisait partie de sa pratique conceptuelle dans un exercice qui a cassé le modèle traditionnel de l’échange de biens artistiques établit par le marché de l’art et les grandes maisons internationales d’enchères. Que pensez-vous de ce « troque conceptuel » ? Etes-vous prête à faire de même avec d’autres musées afin de varier l’offre des œuvres exposées au Centre Pompidou-Metz ?

jean dorval pour ltc artsHG : Alors, là aussi, je pense que c’est une question plutôt destinée à Béatrice Gross… Moi, tout ce que je peux vous dire, c’est que chez Sol LeWitt ces échanges ce sont faits à une échelle exceptionnelle liée à la nature de son travail. Pour chaque dessin, il s’entourait de nombreux artistes, dessinateurs, etc. Sa pratique de travail était collective dans la phase réalisation. Ceci explique cela ! C’était quelqu’un, selon ce que tout le monde en dit, d’extrêmement généreux. Donc, ces échanges se sont fait de manière très naturelle. Il faisait aussi des achats pour soutenir des artistes. Il a notamment acheté énormément de partitions musicales. Le bruit court qu’il aurait acquis pour les soutenir celles de Steve Reich, Philip Glass et Morton Feldman. On raconte même qu’un jour Morton Feldman, s’étonnant de ne plus avoir certaines de ses partitions en sa possession, s’est finalement rendu compte que c’était Sol LeWitt qui les lui avait achetées pour l’aider. Donc, il y a une très grande générosité dans ce personnage, et en même temps, une réelle acuité dans le choix judicieux opéré et constitutif de cette collection. L’importance de cette collection est donc due à l’histoire personnelle de Sol LeWitt. Plus généralement, l'échange d'oeuvres entre artistes reste une pratique courante. Ces échanges se font à titre amical le plus souvent. Par contre, d’Institution à Institution… Comme vous le savez, nous n’avons pas de collection, donc pas de monnaie d’échange. En revanche, au travers des expositions thématiques, on joue sur cet aspect là, réunissant des œuvres venues de différents univers. Pour « Erre », par exemple, on avait un nombre important d’œuvres de la collection du Centre Pompidou-Paris qui en comprend en tout 70.000, et on a dû solliciter des Institutions internationales pour avoir des prêts très précis pour étayer notre propos.

JD : Merci Hélène pour ce très intéressant interview. C’est toujours un réel plaisir de discuter avec vous.

GH : Merci à vous Jean.

 

© Propos recueillis par Jean Dorval pour LTC Arts, le 07 mars 2012.

jean dorval pour ltc arts       jean dorval pour ltc arts,ltc arts,sol lewitt,exposition,rétrospective,monographie,dessins muraux,wall drawing,de 1968 à 2007,les structures,buren,les sculptures,presse,centre pompidou-metz,metz,moselle,lorraine,france,europe,ue,union européenne,interview,hélène guenin,responsable,du pôle programmation,laurent le bon,directeur,béatrice gross,la commissaire,de l'exposition,expo,colors,noir et blanc,louvain,le m muséum,collaboration,vasarely,cinétiques,arts visuels,arts modernes,les conceptuels,lobe,julio le parc,gianni colombo,formes géométriques,la ligne,évolution,carrière

 

 

 

INFOS PLUS sur l’expo « Sol LeWitt, Dessins Muraux de 1968 à 2007 » :

http://www.centrepompidou-metz.fr/node/13802

 

Notes :

(1)  Infos plus sur le M Muséum de Louvain http://www.mleuven.be/fr/

(2)  Et pour tout savoir sur « Colors » http://www.mleuven.be/fr/calendrier/sol-lewitt.jsp

© Toutes les photos faites au Centre Pompidou-Metz sont soumises au copyright : Shigeru Ban Architects et Jean de Gastines.

 

jean dorval pour ltc arts

© Source photo : SOL LEWITT, Wall Drawing #879, "Loopy Doopy (courbes folles), black and white", Septembre 1998, by JD pour LTC Arts.

 

jean dorval pour ltc arts

© Source photo : SOL LEWITT, Wall Drawing #1171, "Cinq degrés de crayonnages : un cube sans un cube, un cube sans un coin", Août 2005, by JD pour LTC Arts.

 

jean dorval pour ltc arts

© Source photo : SOL LEWITT, détail du crayonnage du Wall Drawing #1244, "Scribble 3 (PW)", by JD pour LTC Arts.

23/09/2011

LE CENTRE POMPIDOU-METZ FETE SON MILLIONIEME VISITEUR !

jean dorval pour ltc arts,ltc arts,le 23 septembre 2011,le centre pompidou-metz,a accueilli,son millionième visiteur,en 16 mois,moselle,metz,lorraine,france,art contemporain,art moderne,expositions,erre,variations labyrinthiques,ronan & erwan bouroullec,bivouac

Metz, le 23 septembre 2011.

Le Centre Pompidou-Metz a accueilli ce vendredi 23 septembre son millionième visiteur depuis son ouverture, le 12 mai 2010, soit en 16 mois. Par ailleurs, plus de 400 000 personnes ont visité le Centre Pompidou-Metz depuis le 1er janvier 2011. Le Centre a ainsi d'ores et déjà dépassé son objectif de fréquentation en année civile pleine (pour mémoire 250 000 visiteurs). La place du Centre Pompidou-Metz comme lieu d'exposition le plus fréquenté, en dehors de l'Ile-de-France, se confirme donc. Le Centre Pompidou-Metz remercie très chaleureusement tous ceux qui ont contribué à ce succès, au premier chef ses visiteurs fidèles et passionnés. Le Centre Pompidou-Metz présente actuellement l'exposition Erre, variations labyrinthiques (12/09/11 - 5/03/12) et prochainement Ronan & Erwan Bouroullec, Bivouac (7/10/11 - 30/07/12).

 

jean dorval pour ltc arts,ltc arts,le 23 septembre 2011,le centre pompidou-metz,a accueilli,son millionième visiteur,en 16 mois,moselle,metz,lorraine,france,art contemporain,art moderne,expositions,erre,variations labyrinthiques,ronan & erwan bouroullec,bivouac

© Crédit Photos Jean Dorval 2010, avec l'aimable autorisation du Centre Pompidou-Metz et l'agence d'architecture Jean de Gastines Architectes en association avec Shigeru Ban.

09/05/2011

DANIEL BUREN 100% BIO, PAR WIKIPEDIA !

 

jean dorval pour ltc arts,ltc arts,centre pompidou-metz,laurent le bon,directeur,daniel buren,échos travaux in situ,metz,lorraine,moselle,hélène guenin,responsable adjointe,de la programmationNé à Boulogne-Billancourt, le 25 mars 1938, Daniel Buren est lauréat Zellidja (1955) et diplômé des métiers d'art. Sorti de l'Ecole des Métiers d’Art, il aborde de nombreuses techniques telles que le film, la vidéo et le son. Il oriente, dès les années 1980, son travail vers une économie des moyens artistiques. Comme il est théoricien de son propre travail, il accompagne ses installations d'un descriptif et de notes explicatives. En 1965, inspirée par une toile de store rayée, il met au point son vocabulaire artistique : des bandes verticales alternées blanches et colorées de 87mm de largeur, répétant ses rayures à l'infini et sur tous les supports qu’il croise. Le choix d'un motif fabriqué industriellement répond à son désir d'objectivité et lui permet d'accentuer le caractère impersonnel de son travail. Il nommera cela un « outil visuel ». jean dorval pour ltc arts,ltc arts,centre pompidou-metz,laurent le bon,directeur,daniel buren,échos travaux in situ,metz,lorraine,moselle,hélène guenin,responsable adjointe,de la programmationEn 1966, Buren s'associe avec les peintres Olivier Mosset, Michel Parmentier et Niele Toroni, avec lesquels il organise des manifestations très controversées, créant le groupe BMPT qui sera exposé par la Biennale de Paris. Ce qui lie « BMPT » est la pratique commune de la répétition systématique d'un même motif, ainsi que la volonté de s'opposer radicalement à la scène artistique parisienne, très académique et dominée alors par l'Ecole de Paris. Les quatre artistes se séparent en décembre 1967. jean dorval pour ltc arts,ltc arts,centre pompidou-metz,laurent le bon,directeur,daniel buren,échos travaux in situ,metz,lorraine,moselle,hélène guenin,responsable adjointe,de la programmationCe travail en commun est pour Buren l'occasion d'examiner non plus seulement les limites physiques de la peinture, mais également les frontières politiques et sociales du monde de l'art. Il décline une infinité de possibilités à partir de ces bandes, puisque chaque travail s'exprime in situ, suivant le lieu où il est programmé et réalisé. La précision, la rigueur et la radicalité sont, chez l'artiste, poussées à l'extrême. Il commence à utiliser les bandes alternées comme « outil visuel », explorant les potentialités de ce motif en tant que signe. Le choix de différents supports (tissu pré-rayé, papier spécialement imprimé, verre peint, verre gravé, miroir, bois, pierre, plastique transparent, métal, peinture) et le passage de la surface plane à la troisième dimension. Buren s'affranchit du cadre imposé au tableau et aux cimaises. Ce glissement de la peinture au papier peint et à l'affiche lui permet d'intervenir n'importe où. Cette nouvelle marge de manœuvre donne l'occasion à Buren de mettre au point le concept du travail in situ, c'est-à-dire d'une intervention artistique intrinsèquement liée au lieu dans lequel elle se trouve. Buren procède toujours à une analyse du lieu dans lequel il place ses bandes, en révélant ces particularités les plus significatives et les moins visibles. jean dorval pour ltc arts,ltc arts,centre pompidou-metz,laurent le bon,directeur,daniel buren,échos travaux in situ,metz,lorraine,moselle,hélène guenin,responsable adjointe,de la programmationBuren parle lui-même « d'instrument pour voir », car paradoxalement, en se limitant à un motif unique, il parvient à un élargissement du champ visuel du spectateur. L'œuvre révèle le lieu et ce lieu même la rend intransportable et donc éphémère. La nouvelle exposition du Centre Pompidou-Metz, qui a lieu du 08 mai au 12 septembre 2011, intitulée « Echos, travaux in situ » et située Galerie 3, répond à ce critère élaboré par Buren et repris par tant d'autres. De même, les cellules extérieures illustrent magnifiquement cette notion de travail « in situ ». Au cours des années 1970, ses interventions « rayées » envahissent tous les supports : portes, escaliers, trains, voiles, gilets pour gardiens de musée, etc. En même temps que son œuvre prend une ampleur infinie, elle devient plus diversifiée et colorée, transgressant ainsi l'interdit moderniste qui bannit toute fonction décorative. jean dorval pour ltc arts,ltc arts,centre pompidou-metz,laurent le bon,directeur,daniel buren,échos travaux in situ,metz,lorraine,moselle,hélène guenin,responsable adjointe,de la programmationLes années 1980 marquent l'époque des premières commandes publiques. La plus célèbre est sans conteste « Les Deux Plateaux » (1985-1986), commandée par l'État français pour la cour d'honneur du Palais-Royal à Paris. La polémique nationale engendrée par les « colonnes » et l'obtention du Lion d’Or à la Biennale de Venise en 1986, établissent sa notoriété. Dans son travail, il s'intéresse de plus en plus aux liens entre architecture et art. Il développe un travail plus tridimensionnel et une conception de l'œuvre qui n'est plus objet, mais modulation dans l'espace. Constructions et déconstructions se mêlent dans ses « Cabanes Éclatées ». jean dorval pour ltc arts,ltc arts,centre pompidou-metz,laurent le bon,directeur,daniel buren,échos travaux in situ,metz,lorraine,moselle,hélène guenin,responsable adjointe,de la programmationDans les années 1990, il continue de travailler sur ces dispositifs architecturaux de plus en plus complexes, multipliant les jeux sur les matériaux et sur les couleurs. Ce dernier élément n'est plus seulement appliqué au mur, mais « installé dans l'espace » sous forme de filtres, de plaques de verre ou de plexiglas colorés. L'impression d'éclatement de l'œuvre est parfois accentuée par l'utilisation de miroirs. En 2007, Daniel Buren reçoit le Praemium Imperiale du Japon, qui est assimilé par certains à un Prix Nobel artistique.

JD pour LTC Arts.

jean dorval pour ltc arts,ltc arts,centre pompidou-metz,laurent le bon,directeur,daniel buren,échos travaux in situ,metz,lorraine,moselle,hélène guenin,responsable adjointe,de la programmation

 

INFOS PLUS :

Le site officiel de Daniel Buren :

http://www.danielburen.com/

Source documentaire :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Buren

Crédit photos : © Jean Dorval 2011jean dorval pour ltc arts,ltc arts,centre pompidou-metz,laurent le bon,directeur,daniel buren,échos travaux in situ,metz,lorraine,moselle,hélène guenin,responsable adjointe,de la programmation

11/06/2010

LEPOLSK MATUSZEWSKI : UN ARTISTE PEINTRE PLASTICIEN DONNANT DANS L'ABSTRACTION LYRIQUE (plus communément appelée) ACTION PAINTING !

 

Lepolsk tableau vibrations - Copie-1.JPG

Artiste peintre plasticien né à Metz en 1973, Lepolsk MATUSZEWSKI, vous êtes passionné par le dessin et la peinture depuis l'âge de 6 ans. Vous affirmez votre talent en faisant une première peinture gestuelle, et consacrez la majorité de votre enfance à l'illustration (à la mine de plomb notamment), à la peinture et à la sculpture, puis vous vous orientez vers les arts plastiques. Vous suivez un cursus scolaire classique du cours préparatoire jusqu'au collège, puis êtes admis au concours d'entrée du Lycée Technique Professionnel Saint-Vincent, afin de pouvoir entreprendre une filière scolaire artistique. Aussi, cela ne surprend personne que, en tant que passionné de l'image et des émotions qu'elle véhicule, vous fassiez des études sur l'illustration, et que vous rentriez dans des écoles de création de graphisme publicitaire et d'art appliqué, où la photographie et l'audio-visuel deviennent de nouvelles passions, parallèlement auxquelles vous continuez la sculpture et l'art plastique.

En 1989, Lepolsk, novateur par nature, vous réalisez une série d'esquisses auto-biographiques intitulée « Les Bonhommes ». Ces auto-portraits, issus du cadre scolaire, ont joué un rôle très important dans votre cheminement artistique. Ce sont en fait des dessins « hybrides », regroupant un mélange de techniques (encres, pigments et sanguines) et de matériaux (films plastiques généralement utilisés en photogravure, contrecollés et papiers spéciaux pour graphiques aux feutres). Les couleurs « chaudes » se fondent aux ambiances dites « froides », les formes et les compositions graphiques se révèlent dans l'esprit d'une planche de BD.

 

lepolskC.JPG

 

En 1990, vous devenez plus figuratif. Vous œuvrez à partir de formes en bulles (on retrouve là encore l'influence de la BD), en travaillant vos fonds et grâce à un jeu de couleurs. Par la même, les influences musicales et littéraires, des Cure et d'Edgar A. Poe, font corps avec vos réalisations. A la suite, vous vous obstinez à découvrir de nouveaux mélanges de pigments, ainsi que les matériaux variés nécessaires à vos créations plastiques.

En 1992, vous êtes dans votre période dite des « Miroirs », une série de tableaux où vous mettez en scène votre propre histoire, entre fiction et réalité. Ces toiles s'apparentent à une véritable mise à nu cérébrale, un de vos thèmes de prédilection. Vous cherchez à y traduire vos divers états d'âme, mais aux couleurs de la Terre. Ce rapprochement avec Mère Nature est d'ailleurs un élément essentiel de votre exposition du moment. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les matériaux et les techniques utilisés sont « inédits ». Le mélange des matières comme le sable, l'or, le sel marin, la cire, les épices culinaires, les fragments de roches volcaniques, le cuivre, le zinc et l'argile ajoutés à des pigments, donne une note très particulière à vos œuvres, et fait de vous un véritable découvreur de contrastes. Une nouvelle occasion qui vous permet de dévoiler les oppositions entre « humeurs froides » et « couleurs chaudes ». Parallèlement, créateur plus que jamais, vous menez une recherche artistique sur l'image et sa capacité à transfigurer l'irréel. Une sorte d'autoportrait qui présente, alors, les reflets abstraits des différentes visions que vous avez de vous-même.

Toutes vos créations expriment, sur le fond comme sur la forme, un léger caractère ésotérique. C'est pourquoi la presse vous surnomme : « Le peintre des ombres et des lumières ». Des toiles qui soudainement deviennent des métaphores visuelles cherchant à heurter la sensibilité des visiteurs. Ce travail sur le psychisme éveille vos pensées profondes et une tendance à « reverser la définition de l'art abstrait ».

 

Lepolsk signature - 2010 - Copie.JPG

 

L'art « Innabstrait » (terme qui défini le travail d'Asylum-Art Création, un groupe de peintres-amis) serait le terme le plus approprié pour cette nouvelle exposition... Cette collaboration artistique induit automatiquement les notions de « comment faire de son rêve la métaphore de sa réalité ? » et comment « Ordonner l'émotion des pensées par la métaphore, figer l'instant, la naissance, l'essence même, en les ordonnant de telle façon qu'elles apparaissent encore plus désordonnées... » Un peu contradictoire cela non ???

Les formes, lignes fortes et les structures essentielles conservées d'un paysage ou objet quelconque n'existent plus. Vous nous présentez, ainsi, librement les visions de vos pensées. Une œuvre qui en contient plusieurs et invite le spectateur à découvrir ce mécanisme pictural par reliefs, en fonction du placement par rapport au tableau.

 

lepolskB.JPG

 

En 1999, le second thème « Asylum » voit le jour... Cette Série se révèle comme la suite des « Miroirs »... Plus aboutie encore, plus profonde, plus technique aussi à propos de la recherche des matériaux ! Vous travaillez cette fois-ci sur de plus grands formats de tableaux. Les éléments comme le sable, l'argile, l'or et le cuivre sont toujours présents. Vous vous prenez pour un véritable alchimiste du pinceau. « Asylum », c'est une forme « d'homologie* psychique » (*terme publicitaire qui signifie une image dans une image, et qui se répète de façon redondante), masquée par les couleurs et par l'équilibre graphique. Les reliefs de matières représentent toujours des formes, des visages, des personnages et des scènes uniquement visibles selon l'orientation de la lumière vers la toile par effet d'ombres ou en fonction des différents placements du visiteur par rapport au tableau. Vous travaillez sur ces tableaux à l'aide de lumières artificielles... puisque vous peignez de préférence la nuit ! Et selon l'orientation de ces sources lumineuses, les reliefs prennent des dimensions et des couleurs très particulières. Il est très difficile de prendre des photographies de ce genre de toiles, car chaque angle de vue diffère en fonction des reliefs de peinture et du placement de l'objectif...

En 2008, vous exposez vos tableaux du thème « Ignis Anima » dans la magnifique bâtisse de La Maison Rabelais de Metz, au Luxembourg et dans le Nord-Est français. Dans la foulée, vous investissez le restaurant Messin le Romarin, en métamorphosant sa décoration intérieure pendant deux mois. La presse parle alors de vous : articles de presse dans Le Républicain Lorrain et Metz-Magazine, reportage sur la chaîne M6. Votre travail d'Innovateur en mouvement perpétuel vous fait entrer dans la légende, la vôtre, celle d'un artiste pas comme les autres, dont on apprécie assurément la démarche artistique si particulière. Une exposition au CCMQ de Metz fera suite, puis en 2009, vous êtes lauréat du concours de peinture « Nouveaux Talents de la Peinture 2009 ». La même année, vous recevez également le Prix Art Majeur Silver Award pour la qualité et le contenu de votre blog artistique, ainsi que le 1er Prix du Concours Artwindow sur le thème « destruction », avec le tableau « 1000 ANS » (Galerie Ignis Anima). Pas à cours d'idées, vous créez dans le feu de l'action le concept d'exposition chez les particuliers qui rencontre un succès inattendu, et les EXPO'APPARTs qui permettent de venir vous rencontrer dans votre atelier et de découvrir votre travail en direct.

 

lepolskA.JPG

 

L'année 2010 est le début d'une période de renouveau pour vous, Lepolsk. Vous donnez dans les explosions de couleurs et de matières, dont se dégage, encore et toujours, une forte énergie heurtant la sensibilité des amateurs, tant en atelier qu'en performance publique. Et comme vous le dites si bien : « j'essaie de détourner et de diriger la peinture d'abstraction gestuelle appelée ACTION PAINTING en ajoutant de nouveaux matériaux. La rencontre entre ma peinture et la matière en quelques sortes... Ou plus simplement MA Vision de l'art ! » Actuellement, vos deux expositions remportent un franc succès. Elles se tiennent au LOFT où vous êtes en duo avec les sculptures de P.°Flickinger, du vendredi 04 juin au vendredi 18 juin 2010, et dans les murs de la Chapelle Sainte-Genest, à la jonction de la Jurue et de la rue d'Enfer...(1)


QUELQUES QUESTIONS A L'ARTISTE...


LTC : C'est quoi un « Artiste peintre plasticien » ? Pouvez-vous nous expliquer ce qu'est « l'Action Painting Abstraction Lyrique » ?

LM : Un artiste peintre plasticien est un créateur qui utilise des matériaux et supports différents pour une même œuvre incluant ainsi des techniques mixtes d'expression. Le mélange de l'argile et du sel constituant la base matérielle de mes toiles témoignent de cette approche plastique. Certains de mes tableaux, dont la déformation du châssis est volontaire, sont le fruit de cette mixité dans les matériaux utilisés. Vous les découvrirez lors de mes expositions prévues pour 2011.

L'action painting est tout simplement une technique qui est souvent associé à un mouvement d'art, mais je préfère le terme « technique » qui évoque un travail de gestuelle, de psyché. Mon corps devient l'outil qui sert à transposé un état psychique, émotionnel, impulsif vers mon support, la toile. Puis s'instaure au fur et à mesure de la création un dialogue rapide entre la peinture, les couleurs, les formes et le peintre. Le résultat final de l'œuvre en est cette seule et unique trace. J'apprécie le processus de création partagée avec un public, l'art est visuel et ne s'arrête pas au mur de mon atelier !

 

lepolsk 2.JPG

LTC : Vous avez croisé récemment, par hasard, en installant vos tableaux au « Loft » de Metz, Laurent Le Bon, le Directeur du Centre Pompidou-Metz, qui était en train de déjeuner... Il était surpris et a pu donc voir (sous papier bulle) votre tableau « Pompidou-Metz ». Avez-vous depuis pu le recontacter, afin d'essayer de faire connaître votre Art ? Et si oui, quand vous voit-on exposer dans le nouveau temple lorrain et international de l'Art Contemporain ?

LM : Comment le savez-vous ?

LTC : Un bon journaliste a ses sources...

LM : Oui, c'est vrai, Laurent Le Bon a entrevu ce tableau prêté au « Loft », où plusieurs autres tableaux sont aussi installés, en permanence et par roulement. Nous avons pu nous présenter l'un à l'autre à cette occasion, mais je n'ai pas été recontacté depuis. Quand à exposer mes peintures au Centre Pompidou-Metz où y faire une performance, j'en serais ravi. D'ailleurs, quel artiste ne le serait pas ? C'est à son Directeur Laurent Le Bon d'en décider. Mais, mon travail ne se résume pas à un seul tableau...

LTC : Quelle est votre œuvre préférée au Centre Pompidou-Metz en dehors de « Number 26 A, Black and White, 1948 » de Jackson Pollock ?

LM : L'exposition « Chefs-d'œuvre ? » est pluridisciplinaire, elle offre un magnifique éventail sur l'Histoire de l'Art. J'attends de découvrir des expositions thématiques plus ciblées. Mais de part mon expression artistique, mes préférences iraient vers les créateurs abstraits, d'abstraction lyrique et d'art gestuel intuitif.

 

Lepolsk MATUSZEWSKI pompidou Metz.jpg

 

LTC : Avez-vous visité le tout nouveau musée de Luxembourg Ville la Villa Vauban ? Ce lieu magique a réouvert ses portes au public le 02 mai dernier, après une réhabilitation très réussie, et avec une expo, qui prendra fin le 31 octobre prochain, au titre évocateur : « The Golden Age Reloaded. La fascination de la peinture néerlandaise du XVIIème Siècle »... des collections issues de la Villa Vauban et du Rijksmuseum d'Amsterdam.

LM : Je ne suis pas encore rendu dans ce musée, mes expositions personnelles simultanées ne m'ont pas permis cette visite. J'exposerai très prochainement au Luxembourg. Je profiterai de cette occasion pour découvrir ce nouveau patrimoine artistique luxembourgeois.

LTC : Pourquoi affectionnez-vous tant le Bar-Galerie « O Petit Bo Bourg », situé 62 Rue Mazelle à Metz (57) ? Est-ce la proximité du Centre Pompidou-Metz qui vous fait rêver, ou est-ce tout simplement un lieu qui a selon vos préférences un supplément d'âme ?

LM : J'apprécie ce lieu car il y règne une ambiance « artistiquement humaine ». Une exposition personnelle y est prévue pour cette fin d'année 2010, avec certains travaux inédits ! Vous y serez ?

LTC : Le rendez-vous est pris ! Merci Lepolsk pour avoir confié votre actualité artistique aux lecteurs d'LTC.


© Propos recueillis par Jean Dorval pour LTC Arts.


INFOS PLUS : Le site internet de Lepolsk MATUSZEWSKI :

http://lepolsk.blog4ever.com

Notes :

(1)        Inspiré d'une biographie réalisée par Fabien MATUSZEWSKI, écrivain et parolier.