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14/01/2017

LES CITATIONS DU LAINLAIN

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Pierre Dumayet en 1986

 

"Lire est le seul moyen de vivre plusieurs fois."

Pierre Dumayet

i>NFOS+ : Wiki/Pierre_Dumayet

18/12/2016

LES CITATIONS DU LAINLAIN.

Charles_peguy.jpg"Il y a quelque chose de pire que d'avoir une mauvaise pensée. C'est d'avoir une pensée toute faite. Il y a quelque chose de pire que d'avoir une mauvaise âme et même de se faire une mauvaise âme. C'est d'avoir une âme toute faite. Il y a quelque chose de pire que d'avoir une âme même perverse. C'est d'avoir une âme habituée."

© Citation extraite d’Œuvres en prose, 1909-1914 de Charles Péguy, éd. Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 1959, page 1397

i>NFOS+ : Wiki/Charles_Péguy

© Image : Portrait de Charles Péguy par Jean-Pierre Laurens

08/11/2013

LES "BEST OF" JD : "ET AU MILIEU DE LA VALLéE S'éTEND LE CALICE NOURRICIER DES DEUX SOURCES..."

"Voici un texte de JD, sur la Lorraine, paru en 2004, dans la Revue Lorraine Populaire, de Jean-Marie Cuny... Souvenirs, souvenirs... N'oubliez pas les 08, 09 et 10 novembre 2013, la pêche annuelle traditionnelle en étang de Aube vous accueille... Allez-y de la part de votre site préféré." Vincent Maniglia pour LTC.

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 Photo ci-dessus : © Jean Dorval 2004 (L'étang des Deux Sources à sec...)

En ce jour de commémoration de l'armistice de la première Grande Guerre mondiale, où la Lorraine honore la mémoire des morts, et Dieu sait combien cette région a été touchée par cette terrible catastrophe, on se remémore "Eve", la dernière "tapisserie poétique", écrite en 1913, par Charles Péguy. Cette poésie, tant invocatoire qu'épique, vaste symphonie de quelque 3000 quatrains, célèbre les sacrifiés "pour la terre charnelle". Ce texte majeur devait préfigurer le destin tragique du poète qui tomba à Villeroy, le 05 septembre 1914 à la veille de la célèbre contre-offensive française : "la Bataille de la Marne". A l'évocation de ce retour à la terre, il était quasiment impossible d'éviter de parler de nos racines et de ne pas évoquer une des traditions lorraines. Aussi, au petit matin, direction la pêche annuelle de « l'étang des deux sources »(1) à Aube en Moselle !

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 Photo ci-dessus : © Jean Dorval 2004 (Idem...)

Cette année, exceptionnellement, l'événement a eu lieu sur quatre jours au lieu de trois. La vente du poisson se déroule depuis 1977, et comme d'habitude la bonne humeur et la convivialité sont au rendez-vous ! Près de 400 personnes pérégrinent pour assister à cette vente au détail, où cinq vendeurs munis de seaux et d'épuisettes se tiennent à disposition du client afin de l'aider dans son choix, autour d'une vingtaine de bassins répertoriés par variété ou taille de poisson. La famille René Marx-Roussy joue la carte de l'authenticité grâce à l'élevage en milieu naturel. Deux sources au débit important alimentent en continu, en eau de qualité, ce vivier unique en son genre au creux d'une vallée. Aucune nourriture, autre que celle offerte par mère nature, n'est donnée aux poissons. La pisciculture et la nature restent pour les Marx-Roussy une véritable passion familiale. Ils pratiquent encore ce métier, à l'ancienne, sur digue (ce que plus personne de nos jours ne veut faire). En effet, les conditions de travail laborieuses nécessitent une présence permanente sur le terrain. « Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains » précise René Marx-Roussy, président régional du Syndicat des propriétaires et exploitants d'étangs de l'Est ; et au niveau national de l'Union nationale des syndicats et associations en étangs et bassins.

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 Photo ci-dessus : © Jean Dorval 2004 (Les bassins de stockage du poisson pour la vente)

C'est sur six hectares et demi, que s'étendent les trois bassins, numérotés de A1 à A3, et cinq étangs servant à l'élevage du poisson. Le mois de novembre est une excellente période pour la pêche car les premiers froids arrivant le poisson se manipule mieux. On vide chaque année trois des étangs à fond ce qui permet d'avoir une maîtrise totale de la production. Ici, on ne recherche pas la productivité à outrance, mais uniquement la qualité. Aussi, il est vendu en moyenne seulement l'équivalent d'une tonne de poisson. Cette activité repose sur l'alevinage à partir de vésicules résorbées, réservées à la vente aux sociétés de pêche et aux autres étangs de la région, et sur l'élevage du poisson pour la consommation courante. Les œufs de poisson, d'origine lorraine, sont éclos, donnent des larves de poisson ou alevins. Ils sont ensuite répartis en fonction de leur stade de maturité dans différents étangs, respectivement de la première à la troisième année. Dans ces eaux, on trouve tanche, carpe, perche, sandre, brochet, « petit blanc » (gardon ou retonde), vif (pour la pêche) et friture. Les brochets pèsent généralement entre 1,5 et 3 kg, les carpes de 1 à 2,5 kg. A noter, le jour de la vente la présence d'une carpe estimée à près de 10 kg !

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 Photo ci-dessus : © Jean Dorval 2004 (Un des bassins d'élevage en activité)

La récupération du poisson se fait à l'ancienne dans un collecteur ou pêcherie automatique répartissant avec amour les poissons par taille selon un système ingénieux de grilles, allant des plus gros poissons au plus petits. Cela évite le stockage de vase au niveau des ouies et fait gagner en goût pour les amateurs de bonne chair. Après, les ouvriers de la pêcherie refont un tri manuel sur table et mettent en bassins les poissons à vendre. Ces précieux réceptacles sont constitués d'un trou dans la terre argileuse recouvert d'un filet ou pantène.

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 Photo ci-dessus : © Jean Dorval 2004

(La boutique où l'on vend le poisson

et où sont mises à disposition de nombreuses et succulentes recettes...)

Le brochet porte le nom scientifique d'Esox Lucius. Poisson mince et long, dont la couleur de la robe varie de brun doré à noir en fonction de la profondeur des lacs dans lesquels il vit. Le brochet préfère les eaux claires à fond graveleux et aux berges riches en végétation. Ce poisson d'eau douce particulièrement vorace, carnivore voire cannibale (ses mâchoires sont garnies de dents très nombreuses, 700 environs... ), peut peser jusque 30 kg et dépasser un mètre de long. Sa chair blanche est délicate, maigre, ferme et feuilletée, surtout lorsqu'on le pêche en eaux courantes au filet dans les lacs. En outre, on le préférera jeune, les vieux spécimens présentant l'inconvénient de nombreuses arêtes. Au vidage, il convient de jeter les œufs et les laitances. Leur toxicité occasionne des vomissements et de violentes purges. La reproduction se déroule de février à mai, les ovules (30000 à 60000 par femelle) sont pondus en eau peu profonde parmi la végétation ou dans l'herbe des prairies inondées. L'incubation dure de 2 à 4 semaines. Les alevins possèdent, pendant 2 à 3 semaines, un organe adhésif sur la tête qui leurs permet de se fixer à la végétation. La maturité est atteinte généralement à l'âge de 3 à 4 ans. On prépare le brochet de plusieurs manières « au beurre blanc », « aux petits oignons confits », « rôti au vin blanc », « à la champenoise », « à la crème », « au bleu », « meunière » ou « en darnes aux champignons ».

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 Photo ci-dessus : © Jean Dorval 2004 (La Carpe avant de passer en cuisine...)

La carpe(2) ou cyprinus carpio (carpe royale, carpeau - feuille, amande, panot... selon l'âge), quant à elle, « serait originaire d'Asie Mineure d'où elle aurait été ramenée par les anciens grecs puis par les romains ». Ce poisson « aujourd'hui très répandu, à la fois dans les rivières, les étangs et les lacs » d'Europe et d'Asie « affectionne les eaux calmes et chaudes, à végétation abondante. » Sa croissance est optimale dans des valeurs comprises entre 20 à 25° C. Elle peut mesurer au maximum 80 cm. « La durée de vie est de l'ordre de 40 à 50 ans pour les souches sauvages, de 12 à 15 ans pour les souches sélectionnées pour l'élevage. La maturité sexuelle est atteinte vers 2 à 3 ans. La reproduction a lieu en mai et juillet selon la température. Les œufs sont déposés sur la végétation. Les alevins apparaissent au bout de quelques jours. La carpe est un poisson omnivore, faisant une grosse consommation de zooplancton, d'invertébrés aquatiques et de végétaux. C'est un poisson de pêche sportive très apprécié car la carpe est méfiante, très résistante et sa capture difficile ». Un véritable challenge ! « Ce sont les moines qui, les premiers en France, « cultivèrent » la carpe de façon « raisonnée ». A partir de la carpe commune sauvage au corps long et recouvert d'écailles, on a abouti à la création d'un certain nombre de variétés au corps plus ou moins trapu et avec peu ou pas d'écailles. » On trouve la carpe miroir, la carpe cuir, la carpe koi ou chinoise. « La carpe miroir est la plus utilisée en pisciculture. Son élevage, appelé aussi carpiculture, est pratiqué en plans d'eau (bassins, étangs... ) où les conditions de production sont soigneusement contrôlées. Depuis l'alevin, le plus souvent issu d'une production maîtrisée par des éleveurs spécialisés, 2 à 3 années sont nécessaires pour que la carpe atteigne 1,5 kg, taille à laquelle ses qualités de chair sont alors des plus parfaites. » On peut cuisiner la carpe « farcie », « au four », « en matelote marinière », « en matelote brûlée », « au safran en gelée », « à la juive », « en matelote blanche », « en filet au sabayon de raifort », « en tartare au saumon mariné », « en sauce de soja », « en matelote brune », « au raifort » ou « au vin rouge d'Arbois ».

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 Photo ci-dessus : © Jean Dorval 2004

(Très loin de la malbouffe...

La même carpe cuite au court-bouillon, un vrai délice bien de chez nous !)

La Lorraine est la troisième région piscicole de France après la Brenne (Berry) et la Dombes (dans l'Ain). Ses étangs du Saulnois et du Pays de Sarrebourg ont grandement contribué à sa renommée touristique. Selon le guide « Moselle (Metz et le Pays Messin, Pays de Bitche, Nied, Sarrebourg, Saulnois, Trois Frontières et Bassin Houiller » (publié chez Casterman/Serpenoise) : « D'origine artificielle, ils (les étangs) furent mis en eau grâce aux communautés religieuses du Moyen Age, qui profitèrent des sols imperméables (argiles et marnes du Keuper) et construisirent des digues de retenue des eaux courantes. Aux XVIIe et XVIIIesiècles, ils appartenaient soit aux communautés villageoises, soit à des abbayes (bénédictines de Vergaville, prémontrés de Salival). La coutume voulait qu'ils soient régulièrement vidés de leurs eaux et que leur fond soit mis en culture pendant un an. Ces étangs fournissaient la région en poissons, notamment en carpes et en brochets, espèces les plus fréquemment élevées. La consommation de poisson connaissait une forte augmentation en période de Carême. Ils permettaient également de faire tourner des moulins et flotter du bois, destiné en particulier à l'alimentation des salines proches. A la Révolution, les paysans réclamèrent leur assèchement définitif et aujourd'hui ne subsistent que les 4/5e des étangs. L'alternance mise en eau-culture fut abandonnée au XXe siècle. » Actuellement, on trouve principalement de grands ensembles comme les étangs du Stock (750 ha), de Gondrexange (660 ha), de Mittersheim (250 ha) et de Lindre (620 ha).

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Photo ci-dessus : © Jean Dorval 2004 (L'Adieu au Calice Nourricier...)

A « l'étang des deux sources » si l'on ne trouve pas de prédateurs naturels carnassiers, tels la brème, le poisson chat ou le silure ; cependant un phénomène nouveau touche de plein fouet l'exploitation, et ce, au grand dam de René Marx-Roussy. Un invité surprise - le cormoran -s'est installé en Lorraine. Répandu normalement sur les côtes, ce très grand consommateur de poisson pénètre, depuis peu, profondément les terres continentales, suite aux changements climatiques (vent du Nord et températures plus froides), à la recherche de nourriture causant une véritable catastrophe économique chez les pisciculteurs. A Aube, à titre d'exemple, une soixantaine de spécimens, boulottant individuellement près de 500 g de poisson par jour, a ainsi dégusté à bon compte, l'an passé, près de 85% de la population d'un des étangs de stockage !

Suite aux problèmes alimentaires que la France a rencontré récemment  (vache folle, épandage des boues agricoles... ), les français ont changé leur regard sur ce qu'ils mangent. Plus interrogatifs, parfois même suspicieux, en tout cas beaucoup plus avertis, à la recherche de signes objectifs, voire « ostensibles » de qualité, nos compatriotes ont appris le « bien nourrir ». Ils exigent des producteurs une qualité de vie, à vivre au jour le jour sans restriction de durée de bail, un projet permettant rapidement l'obtention de bienfaits et de bien-être. Ce « développement durable », jusque dans l'assiette, implique des retombées favorables à la dimension d'une vie humaine et pour nos descendants. Alors, le « bien produire », une responsabilité incombant aux producteurs de produits frais ? Oui, à n'en pas douter ! De ce fait, il faut encourager les artistes du terroir, comme René Marx-Roussy, dans leur démarche séculaire salvatrice.

© Jean Dorval, le 28/11/04, pour LTC Grands Reportages.


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(1)   Pisciculture Marx-Roussy - Etang des deux sources - 57580 - AUBE - Tél : 03.87.64.52.62 - Fax : 03.87.64.55.52 - Portable : 06.74.63.58.03

(2)   Selon les fiches descriptives du Ministère de l'Agriculture et de la Pêche, ADAPRA, ITAVI

16/08/2008

« UN TEXTE INEDIT DE CHARLES PEGUY DECOUVERT A LA BNF », QUAND LE HASARD FAIT BIEN LES CHOSES…

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En décembre 2004, avait lieu une véritable petite révolution dans le milieu littéraire ! Un texte inédit de Charles Péguy était découvert à la Bibliothèque Nationale de France (BNF), tiré par bonheur, par un amoureux de la littérature, de la longue nuit administrative dans laquelle il avait été plongé… Comme le précisait, alors, l’heureux découvreur, Raphaël Zacharie de Izarra : « Le texte, jamais édité et trouvé sous sa forme manuscrite originelle(1), faisait partie d'une pile de documents administratifs (classés pêle-mêle) ayant appartenus à l'auteur. L'état des documents mais surtout le mode d'emballage caractéristique du carton relié qui les contenait (ouvertures et pliures à usages limités) laisse supposer qu'ils ont été peu consultés depuis leur dépôt à la BNF en 1925. Le dossier administratif en question ayant en soi une valeur anecdotique, on comprend qu'il ait été longtemps ignoré, dormant dans « l'obscurité littéraire » de ces trésors modestes si peu visités de la Bibliothèque Nationale de France et voués en général à une paix quasi éternelle sur leurs étagères... ». Grâce à la perspicacité de cet altruiste, mais aussi peut-être à la chance, au hasard ou au destin, comme l'on voudra, ce manuscrit, ce trésor de l'Ecriture Française, est présenté, à nouveau, dans nos colonnes à l’attention des lecteurs spécialistes, amateurs, voire néophytes de Péguy.

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« A LA CATHEDRALE DE CHARTRES. » DE CHARLES PEGUY

« Derrière la pierre battait un cœur. De ses sommets ventés émanait un chant sourd et mélodieux. Les têtes vertigineuses dominaient la Beauce. Noir et majestueux, le vaisseau gothique semblait sillonner ciel et temps, traversant les siècles chartrains avec la dignité d'un prince, indifférent à l'agitation des vivants, défiant le temporel et ses idoles, toisant définitivement l'Histoire et les mortels.

Entre les arcades, des flammes. Dans le vitrail, l'azur. Sous les voûtes millénaires, la lumière.

En passant du dehors au dedans, je pénétrais dans une ombre qui n'était pas ombre, mais feu, joie, vie. J'oubliais la matière, et ne voyais que l'essentiel. La pierre était prière. Le grain de poussière, l'Univers entier. Le silence, une porte d'entrée sur le Mystère. La rosace, l’œil divin s'ouvrant sur l'infini.

Et ce qui à cet instant précis me donnait des ailes, ce qui à travers un frisson fulgurant dont je n'oublierai jamais l'exquise brûlure m'élevait à la hauteur des étoiles et de la souffrance humaine, c'était l'Amour. »

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Quel magnifique petit chef-d’œuvre écrit, cousu de fil d’or ! Merci Raphaël pour ce délicieux moment de partage. Comme quoi l’aventure en littérature est encore possible, de nos jours, pour peu que l’on ait la patience et ce « petit brin de folie » qui pousse les battants à se surpasser.

© Jean Dorval, le 16 août 2008, pour LTC

(1) Le manuscrit a été enregistré en octobre 2004 sous le numéro 0057789 et peut être désormais consulté à la Bibliothèque Nationale de France par le public sur demande officielle, selon les formalités habituelles.