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11/06/2016

SPECIAL TRADITIONS LORRAINES : LE MARIAGE.

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Tenues de mariage lorrain traditionnel.

© L’image ci-dessus est soumise aux droits d’auteur et a été mise sur LTC à titre gracieux, pour illustrer cet article, avec l’aimable autorisation de son Auteure : Madame Catherine Debusne, Historienne, Écrivaine et Illustratrice. Avec tous nos remerciements pour son aide précieuse. http://la-rebelle.over-blog.com/2015/11/j-en-ai-marre-qu-...

 

Coutumes lorraines : la demande en mariage

"La demande en mariage, suivie de fiançailles, passait souvent par l'emploi de mots spécifiques, désignant le promis et la promise, comme ceux de fèchenot et fèchenotte, ou encore de vauzenot et vauzenotte, dont l'origine se perd dans la nuit des temps (avec peut-être, pour le second, le mot vôze désignant un bouquet). Cela dit, la demande faite et acceptée, devait, dans la région de Metz, être officiellement renouvelée le matin même du mariage. La mariée, une fois habillée, attendait donc aux côtés de ses parents la visite de son futur époux et de son père, qui allaient réitérer publiquement la demande ou du moins se livrer à un simulacre... La suite de cet article, publié le dimanche 6 août 2006 dans le supplément dominical du "Républicain Lorrain", se trouve sur :

http://en-passant-par-la-lorraine.over-blog.com/categorie...

Une néo d'Anna des Naudin, pour LTC.

 

Sur le même sujet, à lire ou à relire l'article de Jean Dorval sur "Le Mariage Lorrain", publié à l'époque dans la Revue Lorraine Populaire de Jean-Marie CUNY...

 

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"LE MARIAGE TRADITIONNEL LORRAIN."

 

"Il est des lieux où souffle l’Esprit…", l’esprit de nos ancêtres bien sûr, mais aussi celui de nos traditions enfouies sous le poids des siècles. Notre Lorraine natale si chère à Maurice Barrès et à nos aïeux a été le berceau de nombreuses coutumes locales. En passant par la Lorraine, les invasions et les guerres ont fait fructifier notre histoire. Riches du brassage de notre culture et de celle de nos hôtes, des générations entières ont été témoins de cet enracinement qui a marqué notre territoire régional. Au travers des vestiges, des monuments historiques et de la culture, mais aussi des mœurs, le lorrain a su démontrer sa capacité à fusionner dans l’originalité, à nourrir une forte identité. Malgré un tempérament rude qui trouve son expression la plus vive dans le travail au champ, à la mine ou aux hauts-fourneaux, le "caractère lorrain" n’est pas incompatible avec la bonne humeur, ce qui procure de nombreuses occasions d’amusement. Le mariage lorrain est un de ces points de repères socioculturels incontournables. Et c’est sans doute pour défendre, entre autres, ces traditions festives que nos aïeux se sont sacrifiés souvent au champ d’honneur, embrassant ainsi la "terre charnelle" si chère à Charles Péguy ; terre de difficultés, mais aussi de grands bonheurs !

La noce lorraine, en dehors d’être une cérémonie religieuse chrétienne, comportait une série de rites et de coutumes issus de la nuit des temps, d’un fond paysan très marqué. Nous allons en évoquer quelques aspects.

Tout d’abord en Lorraine on aimait à chanter comme nous le prouve ces extraits de "La réveillée" (arrangement de Jean Poinsignon) et de la "Romance d’Audun-le-Roman" (datée de 1850) : "Réveillez-vous belle endormie, réveillez-vous car il est jour, mettez la tête à la fenêtre, vous entendrez parler d’amour", "Adieu, fleur de jeunesse, puisque me faut la quitter la nobl’qualité de fille, père et mère, m’les faut quitter".

Les Lorrains se plaisaient aussi pendant les réunions de famille à raconter des histoires ou "fiauves" en patois roman. Ces derniers consistaient en une satire de la vie quotidienne des gens. Goûtons notre plaisir en lisant le "PTIOT CUGNOT"(arrangement de Jean POINSIGNON) :

 

"Quand je suis venu au monde,

Radigadi radigado,

Quand je suis venu au monde,

Dans mon beau Longeaux (1)

 

J’ai tout de suite regardé,

Radigadi radigado,

J’ai tout de suite regardé,

Par un petit trou

 

Mais quand j’ai vu mon père,

Radigadi radigado,

Mais quand j’ai vu mon père,

Avec des sabots

 

Je m’suis dit ton pauvre diable,

Radigadi radigado,

Je m’suis dit mon pauvre diable,

De toutes les façons t’es foutu."

 

De même en 1912, nos anciens chantaient lors de repas prolongés des compositions musicales incantatoires mettant en scène la loi de la nature. Dans certaines d’entre elles, une chèvre ou une oie se faisait dévorer par un loup. Dans d’autres, plus cocasses, la chèvre embrochait le loup pour se défendre et l’oie pinçait ses parties afin d’éviter d’être dévorée.

Le mariage lorrain était aussi l’occasion d’invoquer les Divinités païennes, tout en restant dans un cadre "très catholique". Cette dualité des comportements semble être le résultat de l’étonnante alchimie dont a hérité notre contrée. Nous ne sommes donc pas à une contradiction prêt !

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Les bacchanales, peintes par William-Adolphe Bouguereau (1825-1905).
© Photo ci-dessus : http://www.mondragon-plus.com/pas_vu12.htm

Dans nos régions de l’Est, le mot mariage évoque les Bacchantes s’adonnant au culte de Bacchus (Dionysos pour les Grecs, fils de Zeus et de Sémélé). Ce Dieu Romain de la végétation, et en particulier de la vigne et du vin, se trouve vénéré au travers de cérémonies appelées Bacchanales. Certaines représentent l’union de deux Êtres. Cette croyance en Bacchus met en scène, dans la coutume lorraine, le mystère de la renaissance ou "Liber Pater". Bacchus déchiqueté à sa naissance par Héra (femme de Zeus et de surcroît Déesse grecque du mariage) a été sauvé par son père, qui pour se faire l’a mis en dedans sa cuisse. Cette croyance contribuera au développement de la tragédie et de l’art lyrique, mais aussi au cérémonial du mariage lorrain.

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La jarretière.

© Photo ci-dessus : http://www.zankyou.fr/p/la-jarretiere-de-la-mariee-jeu-et...

Quatre rites symbolisent cela dans notre tradition : le vin aphrodisiaque, la jarretière, les cérémonies de la chaussure et du pain. Le vin aphrodisiaque était servi en rôtie (c’est-à-dire accompagné de tranches de pain). Fait à base de poivre, de cannelle et de miel, il était donné aux mariés, une fois "leur petit nid d’amour" découvert ou au petit matin lorsqu’ils émergeaient des bras de Morphée. La jarretière, quant à elle, apparue au XVIème Siècle en Lorraine, se trouvait être l’enjeu d’une course entre les hommes du village. Le vainqueur partageait ce trophée entre tous les participants en guise de porte-bonheur. Le rituel de la chaussure symbolisait l’érotisme et le spirituel. L’érotisme car la mariée se faisait déchaussée en public. A l’époque, on tournait de l’œil à la vue d’un mollet mignon ! Le spirituel, car les mariés mettaient de l’argent dans "la chaussure" pour acheter les Pénates (en mythologie romaine, ce sont les Divinités du foyer). Ce "rachat" de la chaussure donnait lieu ensuite à des jeux et gages. Le pain quant à lui, tradition paysanne par excellence, était offert par une femme enceinte à la mariée, avec une phrase d’accompagnement flattant la fécondité et la richesse matérielle à venir : "puisse-t-il faire beaucoup de profit."

Mais, faisons un peu d’étymologie ! Jadis un tiers des mariages était consommé avant de passer à l’Eglise. Tout enfant conçu ainsi procurait au futur papa un certain prestige qui lui valait d’être surnommé "godard" (du latin "galudare" qui signifie "le réjouit"). Le "godard" aux yeux de tous vérifiait la fameuse expression catholique "Liebe ist eine gnade !" (traduction : "l’amour est une grâce !"). Cela était un véritable don du ciel selon la tradition lorraine. Alors, si vous connaissez un ami dont le nom est "Godard", vous saurez quel mode de vie avaient choisi ses ancêtres !

D’autre part, dès son baptême l’enfant lorrain était consacré aux Divinités agraires tels Sylvain (Dieu romain protecteur des bois et des champs) et Perséphone (Reine des Enfers, Déesse grecque du Monde souterrain qui réapparaît pour créer les saisons). On pendait à cette occasion, au dessus du berceau, le bouquet du Baptême. Cela invitait Mère Nature à être généreuse. Le bouquet de mariage était, quant à lui, dédié à la Vierge Marie.

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© Photo ci-dessus : http://www.au-jardin.fr/post/Chevre-au-col-du-Granier

Une autre coutume avait son importance : "la chèvre". Cette tradition d’origine païenne renforçait l’esprit de famille. A l’époque, le mariage était une grande fête villageoise durant laquelle on unissait deux êtres et leurs familles ! Les nouveaux époux, afin de débuter leur nouvelle vie dans de bonnes conditions, recevaient de riches présents tels des rouets, des terres, des troupeaux (vaches, moutons…), des fermes, des bois, des meubles (bahuts lorrains…). Aussi, les enfants non mariés restant dans les familles, voyant cet important étalage de richesses, pouvaient imaginer mourir dans le plus grand dénuement… Pour palier aux éventuels états d’âme, chaque marié rétrocédait des cadeaux pour marquer la solidarité familiale. Le présent qui revenait fréquemment était une "guey" (en roman), une "gaib" (en germanique), ou plus simplement "une chèvre" (en français). Au début, on offrait une bête vivante, puis apparurent des figurines faites à base de poireaux frais, de confiseries (pâte d’amandes, chocolat ou sucre soufflé) ou de bois.

Les distractions n’étaient pas uniquement spirituelles car la gastronomie tenait une place importante. On mangeait des mets délicats : pâtés, tourtes, matelote de METZ, cochon de lait en gelée, quiche lorraine, langue de bœuf, carpe à la juive, oie en daube, coq au vin gris, brioche ; et plusieurs succulents desserts, dont les œufs à la neige et à l’orange, ou le "Torté" qui reste le plus typique. Cette pâtisserie intermédiaire entre le gâteau et la brioche était préparée dans la région de Moyeuvre, sur les rives de l’Orne, pour toutes les fêtes et les grandes occasions, dont les mariages (voir l’excellente recette sur le livre de E. Auricoste de Lazarque : "Cuisine messine"). Dans le Pays-Haut Mosellan, ce gâteau se nommait le "Wété". Il pouvait s’accommoder d’amandes, était offert par le marié à tous ses invités, accompagné d’un verre de vin. On en donnait même aux gens extérieurs au mariage !

Tous ces comportements conviviaux trouvent leur origine dans la durée des mariages qui pouvaient aller jusqu’à trois jours consécutifs. Il fallait bien occuper tous les convives et surtout les nourrir ! Ces coutumes nous rappellent qu’avoir des racines, quelque soit notre région française d’origine, est un bien des plus précieux que nous nous devons de défendre. Au travers des âges, nos traditions et nos valeurs, même si elles ne sont pas rester figées, ont forgé notre spécificité. Elles sont irremplaçables et ce n’est pas la monoculture mondialiste qui saurait relever le gant ! Si nous ne réagissons pas très vite nous y laisserons tous notre âme. Un pays qui ne conserve pas son passé, ne peut vivre le présent et n’a pas d’avenir. Il est tout simplement voué à disparaître. Tout le monde aura été prévenu !

© Jean DORVAL, le 15/06/04, pour LTC Grands Reportages.  

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Notes :

(1) Un village proche de Bar-le-Duc dans la Meuse.

06/06/2014

LES BEST OF JD - "LE JARDIN DU CHATEAU DE PANGE : UNE NATURE RETROUVEE !"

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A Pange, en Moselle, sur les ruines d’un château féodal, en 1720, Jean-Baptiste Thomas, Marquis de Pange, décida de construire un édifice que l’on peut encore voir de nos jours. Le vaste parc qui le borde s’est vu, il y a quelques années, métamorphosé. Ses descendants vous en ouvrent à nouveau les portes…

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Réalisé en 2002, par le célèbre paysagiste Louis Benech, inauguré en juillet 2003, le jardin du château de Pange, est une réalisation dédiée à l’éveil paysagé. C’est "La campagne dans le jardin ou le jardin dans la campagne" précise le marquis. L’effet miroir, opéré entre le jardin et la luxuriante perspective du parc, a pour limite symbolique la Nied, qui berce les fondements du château. Il a fallu quatre ans de travail au marquis et à la marquise de Pange pour réaliser ce rêve un peu fou, certes, mais si majestueux !

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Ce jardin, de style contemporain, fait partie du réseau européen "Jardins sans limite". En préambule, le jardinet d’accueil marie judicieusement rosiers, plantes potagères et annuelles, ordonnancés selon une thématique toujours renouvelée. A la suite, on accède, par une grange monumentale (témoin d’un passé féodal), à une galerie longitudinale couverte. Ce lieu, par excellence, d’expositions, mène à un ensemble architectural de verdure unique en son genre. Ce dernier inspiré des anciens tracés du XVIIIème siècle décline une mosaïque de parterres permettant la découverte de collections de saules, de rosiers et de plantes vivaces, comme les campanules, aux couleurs de la famille de Pange (le bleu et le blanc).

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Plus loin, la vision apaisante d’un luxuriant tapis vert, rehaussé de mixed-border, laisse apparaître des allées tondues dans les herbes folles. Un bassin rectangulaire surmonté d’un jet d’eau continu occupe une position centrale. Des topiaires en ifs ou en buis rappellent l’époque classique, ainsi que des statues. La disposition de certaines des plantations évoque les structures du château fort d’origine, telle cette plantation de graminées et d’iris symbolisant les anciennes douves.

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A la frontière entre le jardin et le parc, les romantiques sont invités à flâner le long d’une magnifique garenne. Réaménagée afin de faire fondre les cœurs des amoureux de la Nature, cette villégiature offre de nombreux et très beaux atours, avec son petit pont qui permet de remonter le temps, son belvédère, ses bancs, ses chênes de 300 ans, la rivière qui la longe… A l’opposé, derrière le château, on aura plaisir à parcourir du regard une île fleurie, fraîche, recréée grâce aux souvenirs restitués des anciens de Pange, qui situent son existence entre les deux guerres.

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Il est à noter sur vos agendas que samedi 26 et dimanche 27 juillet prochain, vous pourrez assister en ces lieux magiques au Festival de contes "D'une rive à l'autre", organisé par Le Comité du pays de Nied. Les spectacles sont assurés dans les jardins, le parc, la grange et le château, avec pour fil conducteur, le conte, la chanson et la poésie. L’entrée au festival est fixée à 3€, hors prix des spectacles. Enfin, samedi 20 et dimanche 21 septembre 2008, à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine, le tarif sera réduit pour tous à 4 € pour la visite du château et du jardin, et à 2 € pour la visite du jardin seul.

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En 2004, 7000 amoureux de Mère Nature avaient déjà parcouru avec délectation ce poumon vert royal qu’est le Jardin du Château. Cet Eden campagnard illustre parfaitement la poésie des jardins, vérifiant par la même ce que disait Georges Sand : « La nature est éternellement jeune, belle et généreuse. Elle verse la poésie et la beauté à tous les êtres, à toutes les plantes, qu’on laisse s’y développer à souhait. Elle possède le secret du bonheur, et nul n’a su le lui ravir. »(1) A voir absolument !


© Jean Dorval, le 03 mai 2008, pour LTC Grands Reportages.visite princière pour les 250 ans de la place royale à nancy,revue lorraine populaire de jean-marie cuny,rlp,jmc,jean-marie cuny,interview conjointe de s.a.r. le prince de bourbon-parme et de m,place royale,place stan,place stanislas,jean dorval pour ltc


PS : Château de Pange 57530 PANGE, tél. : 03.87.64.04.41, fax. : 03.87.64.27.09, un site : www.chateaudepange.fr (et http://www.jardins-sans-limites.com/) Le jardin est ouvert du 1er mai au 31 octobre, de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 18h00 ; entrée 3€ (gratuit pour les moins de 12 ans) ; groupes : 2,50€ par personne. Le château se découvre du 1er juin au 30 septembre, de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 18h00 ; visites guidées les week-ends et jours fériés, après-midis en juillet et août, sur demande en semaine en juin et septembre ; pour les groupes, les visites se font sur réservation de mai à octobre ; entrée : jardin et château : 5,50€, moins de 25 ans : 3,50€, groupe : 4€ par personne (château et jardin fermés le lundi).
Notes : (1) extrait de "La Mare au diable."© Crédit photos : Jean Dorval 2005 (à voir l'album photos de cet article : reverie-dans-le-jardin-du-chateau-de-pange)

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LES BEST OF JD : "HISTOIRE MESSINE DE L’ASSAINISSEMENT ET DU TRAITEMENT DES DECHETS."

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Maquette de la ville romaine de Divodurum (Metz).

© Photo ci-dessus : http://fr.wikipedia.org/wiki/Divodurum_Mediomatricorum

"(…) Divodurum, ancien "village sacré", auquel rien ne manqua pour devenir une cité riche et populeuse, lorsque les Gaulois abandonnèrent leurs citadelles des plus hauts lieux(…)"(1)

En 51 av. J-C., Labienus, lieutenant de César, bat les peuples de la Gaule Belgique, près de Trèves, et soumet les Médiomatriques aux lois de l’Empire romain. Divodurum, la ville entre deux rivières, devient alors une fidèle alliée de Rome, où les Romains élèvent une citadelle, du fait de sa proximité avec la Germanie. Dès cette période, l’hygiène, notamment l’évacuation des déchets et des eaux usées, va prendre de l’importance dans une ville dont la surface enclose, limitée initialement à 58°ha, va évoluer au fil des siècles afin de permettre l’édification d’une grande métropole : Metz. En parallèle, la population messine, de l’Antiquité à nos jours, passe d’environ 20.000 habitants à 127.498, en 1999 (chiffre du dernier recensement général).

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© Photos ci-dessus faites par Jean Dorval pour LTC/RLP avec l’aimable autorisation de la Direction des Musées de la Cour d’Or de Metz Métropole en 2006.

UNE PERIODE GALLO-ROMAINE FLEURISSANTE

"Le mythe des travaux d’Hercule rapporte, pour cinquième épreuve, le nettoyage des Ecuries d’Augias, qui sont dans un état de saleté répugnante, puisque jamais encore curées. En moins d’une journée Hercule releva le défi en déviant le cours d’eau de deux fleuves du voisinage pour inonder les étables et entraîner les immondices grâce à l’eau. D’où très certainement l’idée d’utiliser la force de l’eau pour évacuer les déchets…"

Le Musée de la Cour d’Or, rue Chèvremont, se situe sur une partie des anciennes thermes (datées du IIème siècle) qui s’étendent jusqu’au Carmel. On retrouve ce type d’établissement (même époque) aux emplacements du centre commercial Saint-Jacques et de la cafétéria Flunch, place Armand Knecht. Les vestiges du musée comprennent un collecteur d’égout, un égout et un égout principal, avec cunette centrale. La notion d’égout, à l’époque, étant différente de la nôtre, ils auraient servi à évacuer les eaux de bains ; exit donc les excréments humains et autres eaux usées ménagères.

Concernant la période romaine, si aucun égout privé souterrain n’est découvert à ce jour à Metz dans les insulae (immeubles), il existe cependant un embryon de réseau d’égouts collectifs. L’historien Bernard Vigneron(2) décrit ainsi ces ouvrages : "ils suivent (…) les decumani. (…) Leur taille varie selon leur importance, depuis les grands collecteurs jusqu’aux égouts de quartier. (…) [Les égouts des thermes du Carmel comprennent, ndlr] quatre émissaires parallèles en direction de la Moselle, deux le long des façades des rues du Haut-Poirier et des boucheries-Saint-Georges, les deux autres à l’intérieur, bordant le bassin de natation. (…) Le decumanus suivant correspond à la rue du Four-du-Cloître. Balthus relate(3) qu’à l’occasion des grands travaux d’urbanisme on découvrit là, ainsi que dans la rue actuelle du chanoine Collin, plusieurs "égouts formés par de très grosses et grandes pierres blanches, creusées en chenaux (…)". [Il s’agissait d’un fort caniveau prenant vite de l’ampleur en aval, ndlr] place de Chambre, au pied du transept de la cathédrale (…). De la grande décumane, En Fournirue, on n’a pas trouvé le collecteur, qui existait sûrement car on connaît son affluent, desservant les thermes Saint-Jacques et passant sous l’ancienne rue des Bons-Enfants (…). Il se dirigeait vers la Seille et on le retrouve au bas de la rue, plus ample (…). Les affluents, correspondant en principe aux cardines(4), sont (…) mal connus. Chacun des collecteurs des façades des thermes du Carmel recevait un égout secondaire (…). De dimensions comparables au collecteur principal, par contre, est l’égout de la rue de la Chèvre (…). Un regard avait été disposé au carrefour des rues, à l’embranchement. On sait que la place de Chambre du côté de la rue du Faisan possédait plusieurs égouts. A proximité de l’actuelle halle aux poissons, la salle à abside dite "cloaque" de Saint-Victor avait un émissaire en direction de la Moselle proche. Pour les faubourgs, on a trouvé au Pontiffroy un caniveau de pierres creusées en rigole, assez semblable à celui de la rue du Four-du-Cloître(5)."

D’autre part, dans les années 80, des fouilles de sauvetage ont eu lieu, suite à la réhabilitation de l’ancien arsenal et à l’extension du parking souterrain de l’Esplanade-Belvédère(6). En raison d’importants travaux de nivellement, au XIXème siècle, les résultats les plus significatifs concernent seulement les Ier et IIIème siècles ; mais, l’occupation a été continue du Ier au IVème°siècle. On observe la présence d’un « réseau » de caniveaux de part et d’autre des rues mises au jour, avec coffrage en bois et planches de recouvrement. Une conduite en bois relie deux fossés séparés par une route ; alors, que dans la généralité des plaques de pierre recouvrent les fossés de liaison. Une étude des traces organiques présentes dans ces caniveaux a permis de déterminer leur utilisation probable comme égouts, hormis les excréments humains. En revanche, on ne sait pas si les gens procèdent au vidage de leurs eaux usées par tuyauterie ou par récipient, car suite aux nombreux travaux réalisés au cours des siècles, beaucoup d’installations sont détruites ou incomplètes. Régulièrement, on procède au curage manuel de ces fossés et l’évacuation des boues "récoltées" se fait par charrette.

En ce qui concerne les fosses-dépotoirs, les archéologues s’accordent pour leurs trouver quatre origines distinctes. Ce sont d’anciens points de récupération de matériaux de construction ou de stockage de marchandises ; des trous creusés spécialement ; ou des fosses, avec structures rituelles. Michel Provost relate que rue Taison "quelques structures du Haut-Empire ont été étudiées"(7) Pour cette époque, on n’a pas retrouvé dans les fosses-dépotoirs de traces d’excréments ; peut-être parce qu’elles sont vidangées régulièrement… Il n’y a pas non plus de latrines (elles concernent de rares privilégiés) et de vespasiennes. 

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© Photo ci-dessus : http://www.cosmovisions.com/monuPuits.htm

LA STAGNATION DU MOYEN AGE

"Au Moyen Age, l’eau est tirée au puits, les eaux usées et les déchets rejetés à proximité des habitations. Cela entraîne la contamination des ressources et l’apparition d’épidémies. Au fil du temps, l’eau potable est prélevée en amont des cités et les eaux usées rejetées en aval…"

Concernant le Moyen Age, on n’a pas beaucoup d’informations sur l’assainissement messin, contrairement au reste de la France et de l’Europe. Les Archives Municipales de Metz conservent quelques précieux documents du XIIème siècle. Par contre, les fouilles archéologiques, relatives aux latrines et aux fosses-dépotoirs, apportent un éclairage de terrain. Philippe Brunella, Dominique Heckenbenner et Pierre Thion précisent que "Livrant un mobilier archéologique varié, abondant et souvent très bien conservé, les latrines-dépotoirs constituent une source privilégiée de documentation sur la culture matérielle. Elles conjuguent en général deux fonctions, tout à la fois fosses d’aisances au sens strict, accueillant les rejets excrémentiels, et poubelles-dépotoirs, permettant de se débarrasser d’immondices divers, domestiques, voire artisanaux ou encore agricoles. En effet, les égouts sont encore rares durant le Moyen Age (…) et les services de ramassage et d’évacuation des ordures (…) inexistants [ils apparaissent seulement au XIXème siècle, ndlr]. Intégrées aux sous-sols des habitations, ou creusées dans les arrières-cours ou jardins en cœur d’îlot, ces structures présentent une relative variété de morphologie et de mode de construction (…)."(8) Dans la pratique, il est possible que les immeubles soient dotés, à chaque étage, de tuyaux d’évacuation reliés à ces pièces voûtées. Pour ce faire, on utilise un pot à eau en guise de chasse d’eau ! L’étanchéité de ce système étant peu fiable - il faut aussi attendre le XIXème siècle pour que les enduits hydrauliques soient efficaces – les gens polluent leur propre environnement ; particulièrement la nappe phréatique, où est puisée l’eau de consommation courante. "Le "remplissage d’occupation" [de ces fosses, ndlr], correspondant à leur utilisation, est constitué de couches très organiques, marron à brun-noir, riches en débris divers, alternant souvent avec des épandages de gravats, visant peut-être à réduire les émanations. Si certaines latrines sont vidangées régulièrement, d’autres paraissent correspondre à un stockage définitif, la structure étant abandonnée une fois pleine."(8) Dans le cas, d’une vidange régulière, l’opération est réalisée à la pelle, grâce à une trappe d’accès. L’évacuation des boues se fait toujours par charrette, à l’extérieur de la ville, vers les zones de maraîchages, les champs ou en décharge.

Michel Provost relate, concernant la période du Haut Moyen Age, que l’on trouve rue Taison "(…) une fosse interprétée comme des latrines (…), de forme semi-circulaire (…). [On constate la présence d’un disque en os, ndlr] épais percé en son centre, dont la face plate est décorée de cercles concentriques, d’une rosace et de cercles pointés."(7) Philippe Brunella, Dominique Heckenbenner et Pierre Thion précisent que "[les plus anciennes latrines-dépotoir mises au jour, sur ce site, sont datables des Vème-VIème°siècles. D’autres structures sont de la fin du Moyen Age et du début des Temps Modernes, ndlr]. Sur le site de l’Arsenal [on a trouvé, ndlr] douze latrines-dépotoirs (…) [La plus ancienne remonte au XIVème siècle. Sur les Hauts de Sainte-Croix, ndlr] les structures médiévales (…) [du XVème siècle, ndlr] avaient vocation de puits ou de latrines-dépotoirs. "(8)

D’autre part, la présence d’une batterie de "toilettes" est attestée dans l’ancien cloître des Cordeliers, fondé au XIIIème siècle. L’évacuation des excréments se fait directement dans la Seille, par la pente située rue des Murs. En règle générale, du Moyen Age aux XVIème et XVIIème siècles, on trouve à Metz uniquement des fosses d’aisances et des puits filtrant à matières. Dans les rues, l’évacuation des eaux usagées et pluviales, ainsi que les déchets, se fait par des goulottes et caniveaux centraux, à l’air libre.

Enfin, contrairement aux idées reçues, les gens d’alors sont très propres, puisque, dès la fin de la moitié du XVIème siècle, on sait que l’on ne contracte pas de microbes par les pores dilatés, par l’eau, pendant un bain. Pour preuve, on trouve des étuves publiques, d’initiative privée. Mais, elles se transforment vite en lieu de débauche qui favorisent le développement de la vérole… Pour la petite histoire, on notera que la peine de "Xuppe" (en allemand "Chuppen") se trouve appliquée jusqu’au XVIème siècle. Elle consiste à mettre le (ou les) condamné(s) dans une cage que l’on trempe dans l’égout (romain ?) à excréments, situé place Coislin.

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Fosse dépotoir dans un couvent de carmélites du 17e siècle dans la cour d'une école à Metz.

© Photo ci-dessus : http://www.inrap.fr

DES TEMPS MODERNES POUSSIFS

"A cette époque, le métier très particulier de cureur de puits et d’égoutier se développe…"

Rares sont les tronçons d’égouts de cette période, cependant on peut faire remonter les structures en pierre de Jaumont existantes au XVIIème siècle. Les Archives Municipales de Metz possèdent des documents sur les égouts du XVIIIème°siècle. Relativement, à l’évacuation des boues des fosses, aux XVIème et XVIIIème siècles, une très importante littérature rapporte qu’on y « découvre »… les cadavres de bébés non désirés, le magot caché du grand-père, etc. De même, au cours des fouilles de l’Arsenal, on a trouvé des latrines post-médiévales : l’une d’entre elles date du début du XVIème°siècle et deux autres de la fin du XVIème siècle et du début du XVIIème siècle.

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© Photo ci-dessus : http://www.miroirdutemps.fr

UNE PÉRIODE CONTEMPORAINE OFFENSIVE

"Les allemands transforment la ville, dès leur arrivée, fin du XIXème siècle ; démantelant les murailles, afin d’en faciliter le développement. Ils axent leur action sur l’hygiène et l’assainissement de la ville, à cause des épidémies de choléra de 1832, 1849, 1853-54 et 1866, et de typhus de 1813-1814 ; et suite à la promulgation d’une loi allemande de 1902/1903, rendant le tout-à-l’égout obligatoire."

Le bras de la Seille traversant la ville est comblé, devenant les rues des Tanneurs et Haute-Seille. Les historiens Jean-Claude et Renaud Berrar indiquent que "Dès 1872, la municipalité faisait remarquer que la Seille, intra-muros, était insalubre à cause de sa faible déclivité (…). Comme les habitants des maisons de part et d’autre de la rive jetaient des ordures ménagères de toutes sortes renfermant des substances organiques, végétales et animales, le canal intérieur traversant la ville depuis la porte Mazelle jusqu’à la porte Sainte-Barbe était un égout à ciel ouvert. (…) En avril 1904, on réalisa les travaux de curage de la partie de la Seille traversant la ville. En juin, le lit complètement mis à sec à l’intérieur, on débuta, près de la porte Mazelle, les travaux de canalisation en relevant les pierres du parapet et en démolissant les murs du quai en plusieurs endroits. Par les brèches pratiquées, on introduisit les matériaux nécessaires à la construction de la canalisation. En juillet 1904, dans la nouvelle rue de la Seille, on coula du béton dans le canal, pour couvrir les conduites dans lesquelles s’écoulent les eaux ménagères."(9)

André Jeanmaire rappelle, dans son ouvrage "Le Champ-à-Seille", l’état d’insalubrité de la Seille : "le compost que charriait la rivière contribuait (…) à la qualité des cuirs corroyés par les tanneurs installés un peu plus loin, mais les effluves surtout par les basses eaux, incommodaient fort le quartier"(10) ; et que, "Dès 1806, la municipalité voulut couvrir la partie de la rivière qui traversait le quartier. Mais les tanneurs n’étaient pas d’accord. En 1850, le conseil se prononça pour l’édification d’une voûte sur la Seille, depuis la rue du Pont-à-Seille jusqu’à la rue de la Grande-Armée. En 1862, l’architecte de la ville présenta un projet qui resta sans suite. Et c’est pendant la première annexion allemande, en 1905-1906, que l’administration combla ce canal de la Seille."(10)

Il est à signaler l’existence au commencement de la rue des Tanneurs d’un collecteur d’une centaine de mètres, réalisé par les allemands (ou les français…), recouvert sur la moitié de sa section, datant de la dernière moitié du XIXème siècle ; période 1862-1870 ou 1870-1900. D’autre part, les allemands constituent de magnifiques plans techniques, très précis, représentant chaque nouvel égout, avec croquis en couleurs. Ils dressent notamment le schéma général des égouts de Metz, à l’échelle 1°/2.000 ; dont les services techniques français de la Ville de Metz font une copie « francisée » et actualisée, datant sûrement des années 50.

UN RÉSEAU D’ASSAINISSEMENT ET DE VALORISATION DES DÉCHETS ULTRA-MODERNE DEPUIS LE XXème SIÈCLE

"Les eaux usées sont désormais traitées avant d’être rejetées et les déchets valorisés, afin de protéger le milieu naturel…"

L'UIOM de Metz (Unité d'Incinération des Ordures Ménagères) a été exploitée de 1969 à 1997. En 2001, le Centre de Valorisation des Déchets (CVD) est inauguré, avec la mise en place d’une Unité de Tri des Matériaux (UTM) à recycler et une Unité de Valorisation Energétique (UVE). En 2005, 92.000 tonnes d’incinérés et environ 12.000 tonnes de matériaux recyclables sont traités. Le réseau d’égouts représente 1.151 km. Les stations d'épuration exploitées sont celles de l’Agglomération messine (dont la mise en service remonte à 1973 et la modernisation afin d’éliminer les pollutions azotées et phosphorées à 1996), La Maxe, Noisseville, Pouilly, Laquenexy et Pournoy-la-Chétive. Le volume épuré représente 21.619.000°m3. Le dimensionnement permet de traiter une pollution d’une capacité de 440.000 équivalent-habitants. Un outil technique de pointe est donc en place sur l’Agglomération messine pour le respect de l’Environnement (11).

ÉPILOGUE

En conclusion, on peut dire que l’évolution globale du réseau messin d’assainissement et de traitement des déchets est le fruit principalement du volontarisme tant des romains que des allemands. Ils ont en commun le souci de l’organisation et du développement de l’hygiène pour le bien-être du plus grand nombre. En complémentarité, notre époque moderne s’est fixée comme objectifs de répondre aux impératifs de respect de l’Environnement et de mise en place du Développement Durable. Ainsi, dans un monde en mutation technologique perpétuelle, il s’agit de relever, au quotidien, le défi de la prévention des problématiques que l’homme s’impose de par ses activités (industrielles ou non), avant qu’il détruise la nature et se détruise par là même. 

© Jean Dorval , le 15/10/06, pour LTC Grands Reportages.

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Notes :

(1) C. Jullian, Histoire de la Gaule, t. VI, page 472 ; (2) "Metz Antique" de Bernard Vigneron publié aux éditions Maisonneuve en 1986, page 195 ;  (3) Annales, page 323 ; (4) les decumani, axes routiers, orientés d’est en ouest, étaient coupés par des cardines (nord-sud) ; (5) G. Schlemaire , Asha 1978, page 73 ; (6) "Gallia, fouilles et monuments archéologiques en France métropolitaine", tome 49, 1992, CNRS Editions, 1993 ; (7) "Carte archéologique de la Gaule, pré-inventaire archéologique publié sous la responsabilité de Michel Provost ; Metz, 57/2, Pascal Flotté", publié par Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Ministère de l’Education Nationale, Ministère de la Recherche, Ministère de la Culture et de la Communication, Maison des Sciences de l’Homme, page 171 ; (8) "Metz médiéval, mises au jour, mise à jour, Metz Musées de Cour d’Or", paru aux éditions Serpenoise en 1996 ; (9) "Metz sous l’Empire Germanique" de Jean-Claude et Renaud Berrar, publié aux éditions Serpenoise en 2003 ; (10) Le Républicain Lorrain du 29/08/06 ; (11) Pour visiter les sites industriels de la Régie Haganis (station d’épuration et centre de valorisation des déchets), contacter M. Settimo Reina au 03.87.34.22.94 (adresse : Nouveau Port, 57050 METZ).

- Remerciements pour leur aide à M. Pierre Thion, Ingénieur d’études, Service Régional de l’archéologie de Lorraine ; Mme Marielle Doridat-Morel, Documentaliste, Service Régional de l’archéologie de Lorraine ; M. Lucas, Chef de service, Musées de Metz (La Cour d'Or) ; M. Françoise Clément, Documentaliste, Musées de Metz (La Cour d'Or) ; M. Robert Schoumacker, chargé de mission aux Archives départementales de la Moselle ; MM. Thierry Deprez et Victor Benz, des archives de Metz ; Mme Florence Heller, Documentaliste de l’Inrap Metz ; le Service Etat civil de la Mairie de Metz ; M. Alain Durban, Service Etudes de la Ville de Metz ; M. Caillot, Responsable du Pôle Urbanisme de la CA2M ; M. Doncque, responsable à la Médiathèque de Metz-Pontiffroy ; M. Wagner, conservateur, à la Médiathèque de Metz-Pontiffroy ; le service des plans à la Médiathèque de Metz-Pontiffroy ; MM.°Gourlot et Schneider, deux historiens locaux, et animateurs de la revue « Renaissance du vieux Metz » ; ainsi qu’au Service Urbanisme de la Ville de Metz

08/11/2013

LES "BEST OF" JD : "ET AU MILIEU DE LA VALLéE S'éTEND LE CALICE NOURRICIER DES DEUX SOURCES..."

"Voici un texte de JD, sur la Lorraine, paru en 2004, dans la Revue Lorraine Populaire, de Jean-Marie Cuny... Souvenirs, souvenirs... N'oubliez pas les 08, 09 et 10 novembre 2013, la pêche annuelle traditionnelle en étang de Aube vous accueille... Allez-y de la part de votre site préféré." Vincent Maniglia pour LTC.

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 Photo ci-dessus : © Jean Dorval 2004 (L'étang des Deux Sources à sec...)

En ce jour de commémoration de l'armistice de la première Grande Guerre mondiale, où la Lorraine honore la mémoire des morts, et Dieu sait combien cette région a été touchée par cette terrible catastrophe, on se remémore "Eve", la dernière "tapisserie poétique", écrite en 1913, par Charles Péguy. Cette poésie, tant invocatoire qu'épique, vaste symphonie de quelque 3000 quatrains, célèbre les sacrifiés "pour la terre charnelle". Ce texte majeur devait préfigurer le destin tragique du poète qui tomba à Villeroy, le 05 septembre 1914 à la veille de la célèbre contre-offensive française : "la Bataille de la Marne". A l'évocation de ce retour à la terre, il était quasiment impossible d'éviter de parler de nos racines et de ne pas évoquer une des traditions lorraines. Aussi, au petit matin, direction la pêche annuelle de « l'étang des deux sources »(1) à Aube en Moselle !

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 Photo ci-dessus : © Jean Dorval 2004 (Idem...)

Cette année, exceptionnellement, l'événement a eu lieu sur quatre jours au lieu de trois. La vente du poisson se déroule depuis 1977, et comme d'habitude la bonne humeur et la convivialité sont au rendez-vous ! Près de 400 personnes pérégrinent pour assister à cette vente au détail, où cinq vendeurs munis de seaux et d'épuisettes se tiennent à disposition du client afin de l'aider dans son choix, autour d'une vingtaine de bassins répertoriés par variété ou taille de poisson. La famille René Marx-Roussy joue la carte de l'authenticité grâce à l'élevage en milieu naturel. Deux sources au débit important alimentent en continu, en eau de qualité, ce vivier unique en son genre au creux d'une vallée. Aucune nourriture, autre que celle offerte par mère nature, n'est donnée aux poissons. La pisciculture et la nature restent pour les Marx-Roussy une véritable passion familiale. Ils pratiquent encore ce métier, à l'ancienne, sur digue (ce que plus personne de nos jours ne veut faire). En effet, les conditions de travail laborieuses nécessitent une présence permanente sur le terrain. « Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains » précise René Marx-Roussy, président régional du Syndicat des propriétaires et exploitants d'étangs de l'Est ; et au niveau national de l'Union nationale des syndicats et associations en étangs et bassins.

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 Photo ci-dessus : © Jean Dorval 2004 (Les bassins de stockage du poisson pour la vente)

C'est sur six hectares et demi, que s'étendent les trois bassins, numérotés de A1 à A3, et cinq étangs servant à l'élevage du poisson. Le mois de novembre est une excellente période pour la pêche car les premiers froids arrivant le poisson se manipule mieux. On vide chaque année trois des étangs à fond ce qui permet d'avoir une maîtrise totale de la production. Ici, on ne recherche pas la productivité à outrance, mais uniquement la qualité. Aussi, il est vendu en moyenne seulement l'équivalent d'une tonne de poisson. Cette activité repose sur l'alevinage à partir de vésicules résorbées, réservées à la vente aux sociétés de pêche et aux autres étangs de la région, et sur l'élevage du poisson pour la consommation courante. Les œufs de poisson, d'origine lorraine, sont éclos, donnent des larves de poisson ou alevins. Ils sont ensuite répartis en fonction de leur stade de maturité dans différents étangs, respectivement de la première à la troisième année. Dans ces eaux, on trouve tanche, carpe, perche, sandre, brochet, « petit blanc » (gardon ou retonde), vif (pour la pêche) et friture. Les brochets pèsent généralement entre 1,5 et 3 kg, les carpes de 1 à 2,5 kg. A noter, le jour de la vente la présence d'une carpe estimée à près de 10 kg !

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 Photo ci-dessus : © Jean Dorval 2004 (Un des bassins d'élevage en activité)

La récupération du poisson se fait à l'ancienne dans un collecteur ou pêcherie automatique répartissant avec amour les poissons par taille selon un système ingénieux de grilles, allant des plus gros poissons au plus petits. Cela évite le stockage de vase au niveau des ouies et fait gagner en goût pour les amateurs de bonne chair. Après, les ouvriers de la pêcherie refont un tri manuel sur table et mettent en bassins les poissons à vendre. Ces précieux réceptacles sont constitués d'un trou dans la terre argileuse recouvert d'un filet ou pantène.

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 Photo ci-dessus : © Jean Dorval 2004

(La boutique où l'on vend le poisson

et où sont mises à disposition de nombreuses et succulentes recettes...)

Le brochet porte le nom scientifique d'Esox Lucius. Poisson mince et long, dont la couleur de la robe varie de brun doré à noir en fonction de la profondeur des lacs dans lesquels il vit. Le brochet préfère les eaux claires à fond graveleux et aux berges riches en végétation. Ce poisson d'eau douce particulièrement vorace, carnivore voire cannibale (ses mâchoires sont garnies de dents très nombreuses, 700 environs... ), peut peser jusque 30 kg et dépasser un mètre de long. Sa chair blanche est délicate, maigre, ferme et feuilletée, surtout lorsqu'on le pêche en eaux courantes au filet dans les lacs. En outre, on le préférera jeune, les vieux spécimens présentant l'inconvénient de nombreuses arêtes. Au vidage, il convient de jeter les œufs et les laitances. Leur toxicité occasionne des vomissements et de violentes purges. La reproduction se déroule de février à mai, les ovules (30000 à 60000 par femelle) sont pondus en eau peu profonde parmi la végétation ou dans l'herbe des prairies inondées. L'incubation dure de 2 à 4 semaines. Les alevins possèdent, pendant 2 à 3 semaines, un organe adhésif sur la tête qui leurs permet de se fixer à la végétation. La maturité est atteinte généralement à l'âge de 3 à 4 ans. On prépare le brochet de plusieurs manières « au beurre blanc », « aux petits oignons confits », « rôti au vin blanc », « à la champenoise », « à la crème », « au bleu », « meunière » ou « en darnes aux champignons ».

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 Photo ci-dessus : © Jean Dorval 2004 (La Carpe avant de passer en cuisine...)

La carpe(2) ou cyprinus carpio (carpe royale, carpeau - feuille, amande, panot... selon l'âge), quant à elle, « serait originaire d'Asie Mineure d'où elle aurait été ramenée par les anciens grecs puis par les romains ». Ce poisson « aujourd'hui très répandu, à la fois dans les rivières, les étangs et les lacs » d'Europe et d'Asie « affectionne les eaux calmes et chaudes, à végétation abondante. » Sa croissance est optimale dans des valeurs comprises entre 20 à 25° C. Elle peut mesurer au maximum 80 cm. « La durée de vie est de l'ordre de 40 à 50 ans pour les souches sauvages, de 12 à 15 ans pour les souches sélectionnées pour l'élevage. La maturité sexuelle est atteinte vers 2 à 3 ans. La reproduction a lieu en mai et juillet selon la température. Les œufs sont déposés sur la végétation. Les alevins apparaissent au bout de quelques jours. La carpe est un poisson omnivore, faisant une grosse consommation de zooplancton, d'invertébrés aquatiques et de végétaux. C'est un poisson de pêche sportive très apprécié car la carpe est méfiante, très résistante et sa capture difficile ». Un véritable challenge ! « Ce sont les moines qui, les premiers en France, « cultivèrent » la carpe de façon « raisonnée ». A partir de la carpe commune sauvage au corps long et recouvert d'écailles, on a abouti à la création d'un certain nombre de variétés au corps plus ou moins trapu et avec peu ou pas d'écailles. » On trouve la carpe miroir, la carpe cuir, la carpe koi ou chinoise. « La carpe miroir est la plus utilisée en pisciculture. Son élevage, appelé aussi carpiculture, est pratiqué en plans d'eau (bassins, étangs... ) où les conditions de production sont soigneusement contrôlées. Depuis l'alevin, le plus souvent issu d'une production maîtrisée par des éleveurs spécialisés, 2 à 3 années sont nécessaires pour que la carpe atteigne 1,5 kg, taille à laquelle ses qualités de chair sont alors des plus parfaites. » On peut cuisiner la carpe « farcie », « au four », « en matelote marinière », « en matelote brûlée », « au safran en gelée », « à la juive », « en matelote blanche », « en filet au sabayon de raifort », « en tartare au saumon mariné », « en sauce de soja », « en matelote brune », « au raifort » ou « au vin rouge d'Arbois ».

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 Photo ci-dessus : © Jean Dorval 2004

(Très loin de la malbouffe...

La même carpe cuite au court-bouillon, un vrai délice bien de chez nous !)

La Lorraine est la troisième région piscicole de France après la Brenne (Berry) et la Dombes (dans l'Ain). Ses étangs du Saulnois et du Pays de Sarrebourg ont grandement contribué à sa renommée touristique. Selon le guide « Moselle (Metz et le Pays Messin, Pays de Bitche, Nied, Sarrebourg, Saulnois, Trois Frontières et Bassin Houiller » (publié chez Casterman/Serpenoise) : « D'origine artificielle, ils (les étangs) furent mis en eau grâce aux communautés religieuses du Moyen Age, qui profitèrent des sols imperméables (argiles et marnes du Keuper) et construisirent des digues de retenue des eaux courantes. Aux XVIIe et XVIIIesiècles, ils appartenaient soit aux communautés villageoises, soit à des abbayes (bénédictines de Vergaville, prémontrés de Salival). La coutume voulait qu'ils soient régulièrement vidés de leurs eaux et que leur fond soit mis en culture pendant un an. Ces étangs fournissaient la région en poissons, notamment en carpes et en brochets, espèces les plus fréquemment élevées. La consommation de poisson connaissait une forte augmentation en période de Carême. Ils permettaient également de faire tourner des moulins et flotter du bois, destiné en particulier à l'alimentation des salines proches. A la Révolution, les paysans réclamèrent leur assèchement définitif et aujourd'hui ne subsistent que les 4/5e des étangs. L'alternance mise en eau-culture fut abandonnée au XXe siècle. » Actuellement, on trouve principalement de grands ensembles comme les étangs du Stock (750 ha), de Gondrexange (660 ha), de Mittersheim (250 ha) et de Lindre (620 ha).

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Photo ci-dessus : © Jean Dorval 2004 (L'Adieu au Calice Nourricier...)

A « l'étang des deux sources » si l'on ne trouve pas de prédateurs naturels carnassiers, tels la brème, le poisson chat ou le silure ; cependant un phénomène nouveau touche de plein fouet l'exploitation, et ce, au grand dam de René Marx-Roussy. Un invité surprise - le cormoran -s'est installé en Lorraine. Répandu normalement sur les côtes, ce très grand consommateur de poisson pénètre, depuis peu, profondément les terres continentales, suite aux changements climatiques (vent du Nord et températures plus froides), à la recherche de nourriture causant une véritable catastrophe économique chez les pisciculteurs. A Aube, à titre d'exemple, une soixantaine de spécimens, boulottant individuellement près de 500 g de poisson par jour, a ainsi dégusté à bon compte, l'an passé, près de 85% de la population d'un des étangs de stockage !

Suite aux problèmes alimentaires que la France a rencontré récemment  (vache folle, épandage des boues agricoles... ), les français ont changé leur regard sur ce qu'ils mangent. Plus interrogatifs, parfois même suspicieux, en tout cas beaucoup plus avertis, à la recherche de signes objectifs, voire « ostensibles » de qualité, nos compatriotes ont appris le « bien nourrir ». Ils exigent des producteurs une qualité de vie, à vivre au jour le jour sans restriction de durée de bail, un projet permettant rapidement l'obtention de bienfaits et de bien-être. Ce « développement durable », jusque dans l'assiette, implique des retombées favorables à la dimension d'une vie humaine et pour nos descendants. Alors, le « bien produire », une responsabilité incombant aux producteurs de produits frais ? Oui, à n'en pas douter ! De ce fait, il faut encourager les artistes du terroir, comme René Marx-Roussy, dans leur démarche séculaire salvatrice.

© Jean Dorval, le 28/11/04, pour LTC Grands Reportages.


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(1)   Pisciculture Marx-Roussy - Etang des deux sources - 57580 - AUBE - Tél : 03.87.64.52.62 - Fax : 03.87.64.55.52 - Portable : 06.74.63.58.03

(2)   Selon les fiches descriptives du Ministère de l'Agriculture et de la Pêche, ADAPRA, ITAVI

25/05/2012

LES BEST OF JD : « MARIEULLES-VEZON EN MOSELLE : UN ILOT DE TERROIR PRESERVE ! »

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L'église fortifiée de Marieulles.

© Photos ci-dessus : http://fr.wikipedia.org

 

 « Travaillez, prenez de la peine : C'est le fonds qui manque le moins. (…) le travail est un trésor »(1) A moins de 15 km, au sud-ouest de Metz, la petite route des « Vins de Moselle », témoin du dur labeur des vignerons, serpente par Lessy, Scy-Chazelles, Vaux, Ancy-sur-Moselle, Dornot, Novéant-sur-Moselle… pour déboucher sur le village de Marieulles-Vezon. Les deux localités, séparées à l’origine, ont été réunies en une seule commune qui se fond dans un paysage de vallons croisés.

DES MONUMENTS SPIRITUELS…

Marieulles possède l’église Saint-Martin, datant du XIIIème siècle. Son clocher fortifié -°une tour massive, à trois étages et fenêtres de tirs - faisait partie de l'ensemble des églises fortifiées du Pays Messin, destiné à retarder une armée s'avançant sur Metz et à protéger les habitants des pillards. A l'intérieur, on peut admirer un chœur avec oculus (ouverture arrondie ou en forme d'œil) du XVème siècle. Cette église a été remaniée au XVIIIème siècle. Vezon quant à lui s’enorgueillit de sa chapelle terminée au début du XVIème siècle par les moines de Saint-Clément, et dédiée à Saint-Léonard ; saint patron fêté le 6 novembre et invoqué pour la libération des prisonniers, depuis les Croisades. En 1908, la chapelle est rénovée ; on y rajoute des vitraux (dons des familles du village) ; un autel en métal (le précédent était en pierre) provenant d'une paroisse de Montigny-lès-Metz (certainement de l’église Saint-Privat, datant du XIème siècle, et qui fut détruite) et la sacristie (abattue en 1994, car elle compromettait la stabilité du clocher). En 1922, on baptise la cloche en « ré » : « Jeanne d'Arc ». La fontaine dénommée « La Phhote » (prononcer « la Pschotte ») date du XVIIIème. Cette dernière aurait attiré les femmes enceintes en pèlerinage pour son eau ferrugineuse (classée de nos jours « non potable ») assurant une heureuse délivrance ; de même, la tradition prétend qu’elle guérissait les maux de gorge. Enfin, on s’intéressera aux calvaires de la commune. Sur Vezon on trouve le plus ancien, daté de 1796, situé au Paquis ; et celui du chemin de Corny, érigé en 1979 par les habitants, en remplacement d’une croix brûlée naguère par les allemands. Dans la même veine, à Marieulles, en face du cimetière, est érigée une très belle croix de bois (non datée), sertie de sapins, avec un Christ très expressif en métal ; et à la Croix Maréchal, un bel édifice mentionne pieusement : « O Christ, notre salut et notre foi, 1967 ». 

 

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 Le vignoble de Marieulles-Vezon.

 © Photos ci-dessus : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr

 

…DES HOMMES SPIRITUEUX

La Moselle fait partie de ces terroirs de plus en plus appréciés, dans l’Est de la France, en Allemagne et au Luxembourg, pour ses qualités viticoles. Elle doit tout au fleuve du même nom qui a creusé son lit en son sein, tempérant ainsi la rigueur climatique des flancs de ses coteaux, accueillant une multitude de petites parcelles ; véritable objet de culte ! Des vignes de Vezon, en 1945, il ne restait plus que 2 hectares… Depuis, les familles Jaspard(2), les précurseurs, et Oury-Schreiber(3), de nouveaux exploitants, ont replanté l’arbre de Bacchus. Le vignoble, dont les grappes juteuses et charnues sont encore cueillies à la main, est conduit sur deux hectares en système bourguignon bas, de haute densité chez les Jaspard ; et sur quatre hectares, en vignes hautes, de conduite alsacienne, pour les Oury-Schreiber. Marieulles-Vezon, c’est aussi le berceau de l'appellation « Vin de Moselle » OVDQS (Appellation d'Origine Vin Délimité de Qualité Supérieure), et ce, grâce aux frères Jaspard, formés durant l'occupation à l'école Bourguignonne. Ici-bas se côtoient vins blancs, gris, rosés, rouges et champagnisés - selon la méthode traditionnelle - issus de cépages très divers : auxerrois, pinot blanc, gris et noir, gewurztraminer et gamay. Jusqu’à une période récente, chaque deuxième dimanche d'octobre, une fête des vendanges (avec messe) avait lieu, afin de déguster le célèbre « Petit gris de Vezon » ; événement traditionnel malheureusement abandonné faute de bénévoles pour l’organiser ! Cela n’empêche cependant pas les connaisseurs de se régaler à bonnes lampées, de ce vin bourru, blanchâtre, aux fines subtilités - tout juste tiré des cuves - parfumant onctueusement le fromage de tête ; et accompagnant à ravir la charcuterie lorraine, la tête de veau, ainsi que la quiche Lorraine. D’autre part, les Côtes de Vezon, domaine de Pierre Maucourt(4), sont constituées de vergers dont les fruits, la Poire-Williams, la Reine-Claude, la Quetsche, et particulièrement la Mirabelle, sont distillés pour fabriquer des eaux de vie. Alors, à gorge déployée chantons le feu sucré qui nous fait tourner la tête !

 

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L'Auberge de Vezon.

 © Photos ci-dessus : http://www.maitresrestaurateurs.com/aubergedevezon/

 

LARD DE LA CUISINE…

La visite en plein air de ce village ouvrant l’appétit, une bonne table reconstituera les forces du visiteur épicurien. Et comme le dit si bien un dicton local : « Les gens de Vezon sont à table jusqu’au menton ». Aussi, pour le prouver et se faire plaisir aux papilles, l'auberge de Vezon(5), tenue par M. et Mme Germain, située au centre du village, est une véritable corne d’abondance et un havre de paix. On vous y propose une cuisine traditionnelle, de nombreuses spécialités « maison » (régionales ou non, comme la tête de veau, le magret de canard aux mirabelles… ) servies en intérieur dans un cadre rustique, et aux beaux jours, sur une belle terrasse surélevée. On prie instamment le Chef de remitonner ses délicieux pieds de porc, panés ou farcis, accompagnés de patates sautées et d’un lit de salades. En vin, vous goûterez, bien sûr, le fameux « Petit gris de Vezon ». D’autre part, sur les hauteurs de Marieulles, Aurélia et Roland(6) assurent, pour les marcheurs une formule plat du jour et dessert (cochon de lait ou queue de bœuf en gelée, fromage de tête au gris de Vezon, terrine de porc aux trompettes de la mort… et tarte aux fruits de saison). Là aussi, que du frais et du « fait maison » !

Au pays du « Moselle », les travailleurs de la Terre Sacrée usent plus vite leurs godillots que le temps les pierres des monuments. Assurément « Le goût est le bon sens du génie »(7) Français. Mais là encore « Il faut (…) avoir de l’âme pour avoir du goût »(8) ! Ainsi, selon ce principe millénaire, ces lieux, élus de toute éternité, vérifient quotidiennement que le spirituel se confonde bien avec le spiritueux, afin d’élever les âmes, et ce, pour la plus grande gloire du Créateur ! Le sang de la vie reste le sang de la vigne !

 

© Jean Dorval, le 17/07/06, pour LTC Grands Reportages.

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NB :    L’accès à Marieulles se fait de la D67 par Arry (côté N57), et celui de Vezon, par la D68 (bifurcation à Fey sur la D66), sortie d’autoroute n° 29

Notes :

(1)       Extrait de « Le Laboureur et ses Enfants » de Jean de la Fontaine

(2)       Georges Jaspard, propriétaire récoltant, 28 rue des Vignerons 57420 Vezon ; tél. : 03.87.52.80.19 (ouvert la semaine après 18h00 et le samedi de 08h00 à 19h00)

(3)       Domaine Oury Schreiber, producteur de Vin de Moselle, 29 rue des Côtes, 57420 Marieulles-Vezon ; Tél. : 03.87.52.09.02, Fax. : 03.87.52.09.17 ; E-mail : oury.pascal.viticulteur@wanadoo.fr ; visite et dégustation (réservation pour les groupes) du dimanche au jeudi de 07h30 à 19h30, le vendredi de 15h00 à 19h00, le samedi de 10h00 à 12h00 et de 17h00 à 18h00

(4)       Distillerie « Côtes de Vezon », Pierre Maucourt (production, distillation, commercialisation et dégustation) 2 rue des Vignerons 57420 Vezon, tél. : 03.87.52.80.72, fax. : 03.87.52.09.07 ; visite guidée, sur rendez-vous, « A la découverte de la Mirabelle de Lorraine », en passant par les vergers, le cuveur à fermentation et la distillerie ; pour tout public, toute l’année

(5)       Restaurant Auberge de Vezon, 58 rue des Vignerons, 57420 Marieulles-Vezon ; Tél. :°03.87.69.91.98 ; fermeture : mardi soir, mercredi toute la journée et dimanche soir

(6)       Bar Restaurant « Le Coutiat Bar » (cuisine du terroir) 1 place Saint-Martin 57420 Marieulles ; tél. : 03.87.52.93.27 ou aurelia.houpert@wanadoo.fr (service du lundi au samedi midi, le soir et le dimanche sur réservation)

(7)       Extrait d’« Essai sur la littérature anglaise » de Chateaubriand

(8)       Extrait de « Réflexions et Maximes » de Vauvenargues

Sources documentaires :

http://www.ac-nancy-metz.fr/

et          http://www.saveursdumonde.net/ency_10/france/lorraine.htm

-          « Le Guide : Moselle, Metz et le Pays Messin, Pays de Bitche, Nied, Sarrebourg, Saulnois, Trois Frontières et Bassin Houiller », publié par Casterman/Serpenoise (1995)

-          « Petit futé, Lorraine-Vosges 2004-2005 » édité par les Nouvelles Editions de l’Université

-          remerciements à  : un ecclésiastique souhaitant garder l’anonymat, M. Pierre MUEL (Maire de Marieulles-Vezon), M. Henri GELIX (un passionné d’histoire locale) et M. l’Abbé René Mayeur (l’ancien curé du village) 

LES BEST OF JD : « A SCY-CHAZELLES, FAITES LE PLEIN DE BON VIVRE. »

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Perché sur le Mont Saint-Quentin, sur les Côtes de la Moselle, se trouve la mère patrie du petit vin de Scy : le pittoresque village de Scy-Chazelles. Dès le 3ème siècle, l’empereur romain Probus autorisa la culture de la vigne dans le nord de la Gaule. A l’époque, le vin des Côtes de la Moselle était acheminé par les navigateurs de la Moselle. Au Moyen-Age, les abbayes et seigneuries poursuivirent l’œuvre romaine. Du 18ème siècle jusqu’au milieu du 19ème siècle, le vignoble mosellan assure l’essentiel des revenus des villages. Puis arrive le déclin, dû à la révolution industrielle ; mais surtout aux ravages du phylloxera, du mildiou et de l’oïdium. Il faudra attendre la publication d’un décret du Ministère de l'Agriculture, en 1986, officialisant le label d'appellation d'origine Moselle et la production des VDQS (Vin Délimité de Qualité Supérieure), pour que ressuscite le vin de Scy.

 

LA DAME DE SCY

 

L’auberge « Au Petit Tonneau », une des plus vieilles maisons de Scy-Chazelles, fut dès 1750, une coopérative vinicole royale, jusqu’à la Révolution. Au XIXème siècle, successivement s’y installèrent des vignerons, des marchands de vin et des cafetiers-restaurateurs. En 1945, la reprise d’activité est assurée, on rajoutera même un jeu de quilles et une épicerie. En 1962, M. et Mme Pifflinger en font l’acquisition ; leur fille Brigitte a pris la suite.

 

Cet établissement original, qui fait café, tabac, épicerie, est accessible par une terrasse verdoyante, dont la vigne grimpante rajoute au cachet. L’entrée débouche directement sur le tabac et l’épicerie, dont l’originalité oscille entre les plaques de publicité anciennes, les gravures d’Albert Haeffli et la diversité des produits régionaux vendus ; comme la charcuterie lorraine (saucisson, fuseau, jambon, pâté lorrain, tourtes… ), les gâteaux ou tartes « maison » de saison (pommes, rhubarbe, mirabelle, fromage blanc… ), les mirabelles au sirop, le vin gris de Scy ; et même, le petit « dépannage », voire un peu de brocante.

 

Dans la pièce attenante, on découvre le café. Ici, Robert Schuman, le « Père de l’Europe », qui a vécu et a été enterré à Scy-Chazelles, s’arrêtait souvent. Ce cadre « authentique », aux allures de bistrot, séduit de suite par ses tons chauds, son ambiance intimiste. La cheminée, c’est « l’âme de la maison ! », précise La Dame de Scy, entourée de meubles anciens ; de faïence lorraine ; de nappes, rideaux et lampes au motif Vichy blanc et rose ; d’un mur de pierre patiné ; de poutres apparentes ; d’un antique poêle allemand Karl Hauffen en céramique ; d’un vieux comptoir en zinc ou de représentations de scènes naturalistes. Dans ce décor d’un autre siècle, on peut déguster des spécialités lorraines (sur commande uniquement), comme le cochon de lait en gelée servi avec la salade de pommes de terre (Recette que Madame Pifflinger Brigitte a communiqué à Jean-Marie Cuny pour son célèbre ouvrage « la cuisine lorraine » paru en 1971) et une bonne bouteille de vin de pays ; que dans le temps on aurait rempli à la cave, directement au tonneau.

 

La Dame de Scy, adepte des arts culinaires, se passionne aussi pour la musique ; alors n’hésitez pas à lui parler de jazz, de musique classique, d’opéra et d’opérette. Comme quoi esprit et estomac sont souvent liés… Alors prêt à réserver une bonne table ?

 

 

© Jean Dorval, le 01/04/06, pour LTC Grands Reportages.

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Les coordonnées de l' Auberge "Au Petit Tonneau" :

5 rue Saint-Nicolas 57160 – Scy-Chazelles,

Tél. : 03.87.60.02.24 (fermé le lundi).

 

Sources documentaires :

- Le recueil « Vieilles maisons au Mont Saint-Quentin », par le Mouvement Culturel du Ban-Saint-Martin (1998)

- Les sites :

http://www.mairie-scy-chazelles.fr/accueil.asp

et http://www.vin-de-moselle.com

 

© Crédit photos : Jean Dorval 2006, pour LTC.

 

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Deux vues intérieures de l'Auberge... 

 

 

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