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15/03/2012

CECILE DEGOS MET EN SCENE SOL LEWITT AU... MILLIMETRE PRES AU CPM !

 

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© Cécile Degos by JD 2012.

 

JD : Bonjour Cécile Degos, vous êtes Scénographe de l’exposition « Sol LeWitt, Dessins Muraux, de 1968 à 2007 », qui se déroule au Centre Pompidou-Metz (CPM), du 07 mars 2012 au 29 juillet 2013. En quoi consiste votre métier ?

CD : Etre scénographe dans une exposition temporaire ou dans un musée permanent cela consiste à mettre en scène une exposition, d’en trouver le parcours le plus confortable possible pour le visiteur. Pour l’exposition Sol LeWitt, la conception de la scénographie est très différente de celle mise en place dans un musée classique. Elle doit respecter les préconisations de chaque dessin.

JD : Vous participez souvent à des expositions connues comme celles du Centre Pompidou-Metz ? Travaillez-vous avec d’autres musées ?

CD : Oui. En 2010, j’ai signé la scénographie de l’exposition Jean-Michel Basquiat au Musée d’Art Moderne (MAM) de Paris (pour en voir les photos aller sur le lien suivant : http://www.fedephoto.com/fotoweb/), jean dorval pour ltc arts,ltc arts,sol lewitt,exposition,rétrospective,monographie,dessins muraux,wall drawing,de 1968 à 2007,les structures,buren,les sculptures,presse,centre pompidou-metz,metz,moselle,lorraine,france,europe,ue,union européenne,interview,hélène guenin,responsable,du pôle programmation,laurent le bon,directeur,béatrice gross,la commissaire,de l'exposition,expo,colors,noir et blanc,louvain,le m muséum,collaboration,vasarely,cinétiques,arts visuels,arts modernes,les conceptuels,lobe,julio le parc,gianni colombo,formes géométriques,la ligne,évolution,carrière,cécile degos,scénographemais aussi celle des expositions suivantes : « Van Dongen » au Musée d’Art Moderne de Paris en 2011 et « Antiquité rêvée » au Musée du Louvre de Paris en 2010. Je travaille aussi pour les décors d’opéras et de théâtres, notamment, l’Opéra de Lyon pour l’opérette « La Veuve joyeuse » de Franz Lehár (en 2006), le Théâtre de la Ville à Paris avec la pièce de théâtre de Jon Fosse « Rêve d’Automne » (en 2010), et le Théâtre du Châtelet, toujours à Paris, pour l’opéra-ballet « Magdalena » d’Hector Villa-Lobos (en 2010). Actuellement, je prépare l’exposition « L’Art en Guerre, France 1938-1947, de Picasso à Dubuffet » qui débute le 12 octobre prochain à Paris.

JD : Avez-vous aussi travaillé au niveau international ?

CD : Oui. J’ai déjà travaillé à New-York avec le Musée Guggenheim et avec l’Opéra de Los Angeles dans le cadre de l’opéra « The Fly » d’Howard Shore (en 2007), avec une mise en scène de David Cronenberg.

JD : Donc, si je vous suis bien, en tant que Française, vous vous exportez bien, grâce à votre profession…

CD : Je dirais plutôt que c’est du ponctuel.

 

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© Ci-dessus détails de "Wall Drawings" (emplacements de portes et vue en coupe de cimaises) by JD 2012.

 

JD : Comment avez-vous fait pour organiser la scénographie de l’exposition « Sol LeWitt, Dessins Muraux, de 1968 à 2007 » ? Quelle est la logique de votre démarche ?

CD : Pour organiser la scénographie de cette rétrospective sur Sol LeWitt, j’avais « trois règles du jeu » à respecter. La première était relative à chaque dessin, avec des spécifications particulières pour chaque réalisation. La deuxième traitait des nombreuses normes de sécurité à respecter au CPM. La troisième et dernière règle venait des instructions de la Commissaire de l’exposition, Béatrice Gross, à propos du déroulé très précis à mettre en place et de l’ordre très précis à suivre au niveau des réunions. Donc, il fallait « jouer » avec ces trois principes et essayer de trouver la scénographie la plus adaptée au travail de Sol LeWitt.

Jusqu’à aujourd’hui, c’est Sol LeWitt qui signait ses scénographies. Depuis sa mort c’est la première exposition.

 

 

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© Béatrice Gross by JD 2012.

 

JD : Avez-vous aidé Béatrice Gross dans le choix des œuvres exposées de LeWitt Salomon, dit « Sol LeWitt » - un artiste originaire du Connecticut aux States - et dans le choix de leur emplacement ?

CD : Béatrice Gross s’est occupée du choix des œuvres. Quant à l’ordre de ces mêmes œuvres, Béatrice Gross l’a fait en collaboration avec la Fondation Sol LeWitt. En ce qui me concerne, j’ai respecté scrupuleusement le déroulé que l’on m’a confié. La longueur de chaque « Wall Drawing » devait être définie en fonction de sa hauteur. Je n’avais pas le droit à deux centimètres de blanc ou de marge, par exemple, autour des « Wall Drawings ». Tous les murs étant des œuvres à proprement parler, il a donc fallu tout faire avec une extrême précision. J’avais aussi dans le cadre des normes de sécurité demandées par le Centre Pompidou-Metz, à prendre en compte tous les passages et les emplacements des portes. Ils ont été calculés pour chaque « Wall Drawing ». Ils ne sont pas déterminés de manière anodine et ne doivent pas être placés n’importe où dans le dessin. C’était un vrai casse-tête chinois et un très bon exercice de mathématiques !

JD : Ce casse-tête chinois et cet exercice de mathématiques ont duré combien de temps ?

CD : J’ai remporté un concours dans le cadre d’un marché public et j’ai travaillé sur ce projet pendant presque un an. Tous mes calculs ont dû être validés par un assistant de la Fondation Sol LeWitt, Anthony Sansotta, par la Fondation Sol LeWitt, ainsi que par Laurent Le Bon, le Directeur du Centre Pompidou-Metz, et Béatrice Gross, la Commissaire de l’exposition.

JD : Vous aviez donc un cahier des charges très draconien. Je suppose que vous avez dû passer quelques nuits blanches…

CD : Effectivement, j’ai eu de bonnes nuits blanches et aussi de bons maux de ventre. Car, lorsque l’on fait réaliser une scénographie, on ne fait pas appel à des artistes peintres, mais à une entreprise. J’ai travaillé avec une excellente société, mais chaque mur a demandé une préparation particulière. J’ai eu en tout cinq préparations différentes de peinture à appliquer avant la réalisation de chaque œuvre (tracé et dessin). Il y a même des variantes avec des murs qui sont plus au moins granuleux, d’autres plus spaltés (une technique d’application avec un pinceau « spalter »). De plus, il ne fallait pas que l’entreprise se trompe au centimètre près pour positionner une cimaise (un mur). Pour chaque emplacement tout s’est fait au millimètre près, car chaque cimaise devient une œuvre d’art à part entière.

 

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© John Hogan et Cécile Degos by JD 2012.

 

JD : Si je vous comprends bien, vous avez bossé en collaboration étroite avec l’équipe de 100 artistes qui a donné vie à cette expo, et au moment où elle réalisait chacune des œuvres, vous avez vérifié chaque coup de crayon, de pinceau, etc. ?

CD : C’est plutôt John Hogan - un des plus anciens collaborateurs de LeWitt – qui s’est occupé de cette partie là. Il a créé un mélange de hiérarchie et de compétence avec des jeunes artistes du cru en les laissant absolument libres lors de la réalisation des dessins. D’une conception révolutionnaire, les œuvres surprennent par leur démesure et ont toutes été élaborées « In Situ » par des étudiants, issus des Écoles d’art de Metz et d’Épinal (Esal), de Nancy, de Reims, et de l’École d’architecture de Nancy. Il a encadré, treize jeunes artistes diplômés et sept assistants professionnels de la Fondation LeWitt. L’exposition a nécessité deux mois de travail et occupé une centaine de personnes présentes six jours par semaine dans la Galerie 2. L’originalité de cette exposition repose sur les méthodes de travail utilisées, retraçant la vie et l’œuvre de l’artiste, les 65 étudiants participants au projet ont utilisé le crayon à mine, les pastels gras, l’encre de chine, les peintures acryliques et le graphite, selon, bien sûr, les instructions laissées par le Maître, et directement appliquées sur les murs. Et si John avait la moindre question, il m’appelait. J’étais à sa disposition en cas de besoin. J’ai terminé l’agencement de mon chantier, avec les murs vides prêts à l’emploi, au mois de décembre 2011. Les artistes sont arrivés au mois de janvier 2012. On a fait les présentations pendant une semaine et après John a pris le relais. On s’est donc tous passé le témoin jusqu’au dernier coup de pinceau, jusqu’à l’application du vernis.

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© Source photo : SOL LEWITT, Wall Drawing #879, "Loopy Doopy (courbes folles), black and white", Septembre 1998, by JD pour LTC Arts.

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JD : Ce travail s’est passé uniquement dans la Galerie 2 ou bien d’autres locaux ont-ils été utilisés dans ou hors du CPM ?

CD : J’ai personnellement travaillé dans mon atelier pour réaliser une maquette, des visuels, etc. Le projet a été validé par le Centre Pompidou-Metz. La chose était d’ailleurs assez compliquée à appréhender. Mes photos de maquette ont été parallèlement envoyées à The LeWitt Estate (La Fondation Sol LeWitt). Et après, a démarré le travail de construction en Galerie 2. Tout ce travail, en amont dans mon atelier, reste vraiment un travail de conception, aussi bien par maquette que par plan.

JD : Donc, vu le travail effectué « In Situ », on peut dire que la Galerie 2 est devenue un véritable atelier-expo.

CD : De toutes les manières, toutes les réalisations de « Wall Drawings » de Sol LeWitt se font ainsi. Il y a un Chief-Assistant qui explique à des étudiants comment réaliser tous les « Wall Drawings ».

JD : On retrouve un peu du mythe de l’atelier du XIXe Siècle dans lequel on présentait une œuvre produite sur place…

CD : Oui, c’est une production faite sur place, mais on n’est plus au XIXe Siècle.

JD : En tous cas, dans la manière de procéder, il y a des similitudes.

CD : Le « making of » montrera bien tout ce travail de réalisation « In Situ ». Les murs étaient tous préparés d’une manière spécifique. Je n’avais droit à aucune marge d’erreur dans la représentation, dans les proportions des œuvres. Dans certains dessins, si j’avais cinq centimètres de plus, je n’étais plus dans le calibre originel du dessin, prévu en amont. Sachant que tous les dessins ont été préparés avec Anthony Sansotta, sur des élévations que j’ai dessinées suite à ses propres validations, c’était un système d’échanges énorme et constructif.

JD : Vu le stress que génère une telle entreprise, y-a-t’il eu des coups de gueule entre vous au moindre centimètre de dépassement ? Quelle technique de communication, quelle stratégie, avez-vous utilisé pour faire respecter l’intégralité de votre cahier des charges à la lettre ?

CD : J’ai vraiment mis tout le monde en garde en amont, et ce, sans énervement. En général, sur mes chantiers, il n’y a pas de coups de gueule, je n’aime pas cela. C’est réellement stressant, mais j’essaye de ne pas transmettre mon stress aux autres. Comme ceux qui montaient les murs, il fallait rester zen, se contrôler, tout en expliquant la marche à suivre. On a fait un grand repérage ensemble et après j’ai laissé les ouvriers seuls. Je venais cependant chaque semaine - je travaille et j’habite à Paris - pour vérifier que tout allait bien. En plus, dès que le besoin se faisait ressentir, je venais de suite. Résultat, la partie peinture sur mur est une réussite autant que la construction des murs.

JD : Vous collez parfaitement aux prescriptions de l’Atelier LeWitt, c’est-à-dire, le contrôle de soi et l’adaptabilité « au centimètre près »…

CD : Oui, effectivement, je me reconnais parfaitement dans l’Atelier LeWitt. C’est vrai qu’en scénographie, on est un peu matheux. Personnellement, j’aime bien les mathématiques et dans cet exercice, là, c’était plus que nécessaire. Je remercie d’ailleurs Laurent Le Bon et Béatrice Gross de m’avoir fait confiance pour la réalisation de cette exposition.

JD : Merci Cécile pour cet interview précis au centimètre près…

CD : Merci Jean.

© Propos recueillis par Jean Dorval, le 7 mars 2012, pour LTC ARTS.

 

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INFOS PLUS sur Cécile Degos :

http://www.ceciledegos.com/

 

 

© Toutes les photos faites au Centre Pompidou-Metz sont soumises au copyright : Shigeru Ban Architects et Jean de Gastines.

08/03/2012

HELENE GUENIN EN SOL (LEWITT) MAJEUR.

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© Source photo : Anne Guenin by JD 2012 pour LTC Arts. 

 

JD : Bonjour Hélène GUENIN, on ne vous présente plus. Vous êtes, pour notre plus grand bonheur, la Responsable du Pôle Programmation du Centre Pompidou-Metz (CPM). Le CPM inaugure aujourd’hui sa nouvelle exposition « Sol LeWitt, Dessins Muraux, de 1968 à 2007 » dans sa Galerie 2. Cette manifestation se déroule du 07 mars 2012 au 29 juillet 2013.

HG : Bonjour Jean. Bonjour LTC Arts.

 

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© Source photo : WIKIPEDIA (portrait de Vasarely). 

JD : Pourquoi avoir choisi de présenter cette rétrospective, sans précédent en Europe, de l’artiste minimaliste et conceptuel américain Sol LeWitt ? Quelles sont les qualités de cet artiste ayant motivé une telle exposition ? Pourquoi ne pas avoir choisi plutôt Vasarely et ses Arts Visuels, un artiste qui est dans la même veine que Sol LeWitt, jean dorval pour ltc artset qui n’a déjà pas été cité dans l'exposition « Erre Variations Labyrinthiques », dans sa partie dédiée à l’Art Cinétique et à l’Art Programmé ?

HG : Il y a plusieurs questions dans votre question. La première : la monographie. Il est vrai que l’on essaye d’exprimer depuis la création du Centre Pompidou-Metz, avec Laurent Le Bon qui en est le Directeur, que l’on est toujours dans la perspective, lorsque l’on montre des monographies, de présenter des artistes qui n’ont jamais été exposés à une telle échelle en Europe. Donc, on a tenté d’être dans l’exceptionnel et de réunir des corpus d’œuvres que l’on n’a pas eu l’occasion de voir dans d’autres lieux que le Centre Pompidou-Metz. Alors, pourquoi Sol LeWitt ? Parce qu’il s’agit d’un artiste majeur du XXe Siècle. Parce que c’est aussi une des grandes figures de l’Art Conceptuel, un courant artistique qui reste un peu moins montrer que les autres mouvements en Europe. Il y a un réel regain d’intérêt, manifesté par de jeunes artistes et commissaires d’expositions, pour cette période conceptuelle, la France et l’Europe n’ayant pas nécessairement mis le focus sur cette génération. Ainsi, Sol LeWitt, parmi ces artistes conceptuels, a eu une démarche extrêmement importante. Il est le premier à passer directement de l’échelle du dessin à l’échelle de l’architecture, en laissant de côté le papier, la toile, etc. en décidant de confronter directement son art à l’architecture, directement sur le mur, avec cette idée aussi que du coup l’œuvre disparaît après l’exposition. Cette dimension éphémère est aussi très importante. Et puis, l’autre aspect qui nous semble passionnant dans cet artiste est : comment partir d’un système contraint et défini, d’un travail basé sur la sérialité, la modularité, à partir d’un vocabulaire de formes géométriques simples ? Donc, comment avec ce système à priori fini, il a réussi pendant 40 ans à se renouveler en permanence pour réinventer son propos et proposer une autre dimension autour du dessin ? Tous ces aspects nous ont interpellés, et puis, on n’a jamais eu en Europe l’occasion de voir un tel déploiement d’une trentaine de dessins muraux de cet artiste. Cela nous semble important de faire cette connexion maintenant avec Sol LeWitt. jean dorval pour ltc artsEt en plus, on a un partenariat avec le M Muséum de Louvain(1) qui va montrer en parallèle de notre exposition, à partir de juin prochain, une exposition d’une vingtaine de dessins muraux en couleurs de Sol LeWitt, intitulée « Colors »(2). jean dorval pour ltc artsDonc à deux heures d’intervalle de voiture, on va avoir la possibilité de voir un ensemble de cinquante dessins muraux, ce qui reste exceptionnel. De même, en faisant le tour de l’espace dédié à cette exposition dans la Galerie 2, je pense que vous vous êtes sans doute rendu compte que l’on a un rapport à la fois physique, vibrant, méditatif, au dessin. Evidemment, on peut faire le tour de l’expo en 5 minutes, mais on peut aussi y passer des heures (…)

JD : Oui, c’est clair.

HG : (…) tellement le dessin se situe dans l’ultra précision, la finesse et la méticulosité. On ressent aussi une fascination face au système hiérarchisé mis en place et à la manière dont les choses se répètent, se combinent ensemble. On peut presque vérifier si le protocole concorde parfaitement avec la manière dont le dessin est réalisé, comment les choses se sont faites dans un espace donné. Il est totalement fascinant d’entrer dans cet univers unique.

 

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© Source photo : détail du "Wall Drawing #2", by JD 2012 pour LTC Arts.

 

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© Source photo : détail du protocole du "Wall Drawing #2",

by JD 2012 pour LTC Arts (la lecture de l'image est rendue difficile par l'écriture faite à la mine de plomb sur fond blanc).

 

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© Source photo : http://thanksforsupportingus.tumblr.com (portrait de Sol LeWitt)

JD : Des œuvres « In Situ » et « éphémères »... Cela rappelle un peu une récente expo de Daniel Buren qui a eu lieu au Centre Pompidou-Metz…

HG : Effectivement, on retrouve des similitudes. D’ailleurs Sol LeWitt et Daniel Buren étaient très proches. Ils étaient même amis. Et tous deux ont échangé des œuvres, leurs propres œuvres, pour leurs collections respectives. Des œuvres « In Situ » et « éphémères », cela procède effectivement d’une génération s’intéressant à ces questions. Aussi, au même titre que le projet de Daniel Buren, « Echos travaux in situ » - qui s’est déroulé du 8 mai au 9 septembre 2011, Galerie 3, et démonté à la fin de l’exposition, car prévu uniquement pour cet espace spécifique - le projet de Sol LeWitt va disparaître aussi. Avec une différence notoire tout de même, chez Sol LeWitt, le principe fondamental de son œuvre consiste à décliner un protocole qui subsiste en tant qu’idée, en tant qu’objet, et qui ensuite se décline potentiellement à l’infini.

 

 

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© Source photo : SOL LEWITT, Walls Drawings #295 (Octobre 1976) et #340A (Avril 1993), by JD pour LTC Arts.

 

JD : Avez-vous toujours cet objectif de « recyclage » des œuvres, comme vous l’avez fait avec certaines réalisations provenant de l’exposition « Chefs-d’œuvre ? » qui ont été réutilisées dans celle intitulée « Erre Variations Labyrinthiques » ?

HG : En fait, c’est plus que du « recyclage ». Il s’agit plutôt d’une continuité des projets. Ce sont même de petits clins d’œil. C’est aussi une forme d’écologie et d’économie de travail que l’on s’est fixée. C’est vrai qu’entre « Chefs-d’œuvre ? » et « Erre », on retrouvait une scénographie partiellement réutilisée, mais aussi des rappels dans la manière de faire des filiations historiques, dans le fait de remettre tel ou tel artiste qui était déjà présent dans « Chefs-d’œuvre ? ». Cependant le contexte était très différent. Dans cette même veine, de « développement durable » des projets, on a eu aussi avecjean dorval pour ltc arts Daniel Buren et son installation « Échos, travaux in situ » le réemploi des miroirs sur le toit de la Galerie 1. Donc, c’est vrai que l’on essaye d’avoir une continuité et une cohérence entre nos différentes expositions (…)

JD : Un fil conducteur…

HG : (…) effectivement un fil conducteur… Et même, si à priori il n’y a pas de connexion entre « Erre » et Sol LeWitt. Je crois que cette exploration sur la question de la ligne et de son cheminement constitue une autre forme de « fil conducteur… » - que l’on retrouve aussi, ici - s’exprimant au travers des œuvres exposées de Sol LeWitt d’une manière sérielle et conceptuelle, marquant ainsi une certaine continuité dans notre action.

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© Source photo : Julio Le parc, "Continuel-lumière avec formes en contorsion", 1966, Collection de l'artiste, exposition "Erre, Variations Labyrinthiques", by JD pour LTC Arts.

 

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© Source photo : Julio Le parc, "Projection pour cellule avec lumière en vibration", 1963, Collection de l'artiste, exposition "Erre, Variations Labyrinthiques", by JD pour LTC Arts.

 

JD : Pour rebondir sur la dernière partie de ma question… Quid de Vasarely ?

HG : Il y a un grand retour, aujourd’hui, à toute cette génération de Cinétiques et d’artistes qui ont travaillé sur LoBe Art ou sur les Arts Cinétiques dans les années 60/70. Il est donc vrai que dans « Erre », on avait choisi de mettre en exergue deux grandes figures des Cinétiques : Gianni Colombo et Julio Le Parc. On a eu d’ailleurs la chance de pouvoir travailler avec Julio Le Parc qui est un artiste encore vivant, faisant un travail exceptionnel sur la lumière, trop peu montré, et que l’on a voulu remettre en parallèle dans cette exposition avec des artistes de la même génération dit Conceptuels. Deux courants qu’à priori on avait complètement opposés parce que les moyens d’expression sont un petit peu différents. Donc, on a vraiment souhaité mettre le focus sur ces deux artistes, mais ce n’était pas une exposition d’Art Cinétique. Il s’agissait à l’intérieur de cette question sur la perte, de ramener la question à la perte optique. On a aussi remis en perspective les Cinétiques. Je crois que de grandes monographies sur les Cinétiques sont en train d’être préparées un peu partout en France, ainsi que de grandes expositions thématiques. Il est vrai que l’on n'a pas pris ce chemin là. On s'est intéressé d’avantage à faire un travail presque d’auteur ou d’historien de l’art, et de remettre en perspective les Cinétiques par rapport à d’autres courants, et surtout, par rapport à d’autres questions de perception, de pratique de l’espace, etc. Donc, nous ne ferons pas de grande monographie autour de Vasarely.

JD : Pas pour l’instant en tout cas, mais peut-être plus tard… Question suivante… Vous présentez 33 « Wall Drawings » en déclinaison de noir, de blanc et de gris, du sculpteur Sol LeWitt, partant toujours d’une idée de base ou d’un concept, directement appliqués sur mur, en fonction de l’espace d’exposition, mais vous ne présentez aucun de ses nombreux dessins muraux aux couleurs vives qui sont créés sur le même principe, et aucune de ses « Structures » (terme que l’artiste utilisait pour parler de ses sculptures…), fondées sur un élément géométrique basique, comme le cube, établi en réseau. Pourquoi avoir opéré une sélection aussi sélective des œuvres de l’artiste qui ne représente pas toutes les facettes de sa création, de son œuvre ? Est-ce pour une question de manque de place (ton humoristique…) ou avez-vous plus simplement voulu faire passer un message particulier à votre public ?

HG : Ce sont effectivement des partis pris forts que l’on a décidé de prendre avec la Commissaire de l’exposition, Béatrice Gross, et avec Laurent Le Bon, Directeur du Centre Pompidou-Metz. Il y avait le souhait de focaliser sur une partie de la pratique de Sol LeWitt, les « Wall Drawings », en noir et blanc, qui représentent tout de même 40 ans de pratique de l’artiste. Sol LeWitt reste quelqu’un qui a beaucoup écrit sur son travail, d’un point de vue théorique, notamment, et qui a insisté sur cette importance du mot « Wall Drawing » et du dessin dans sa pratique. C’est vrai qu’il y a aussi toute la série des sculptures, des open cubes, etc. qu’il a développé pendant des années. Mais nous, on s’est concentré exclusivement sur cet aspect des « Wall Drawings », en noir et blanc, afin de montrer cette pratique du dessin contemporain et particulièrement du dessin conceptuel au travers du travail de Sol LeWitt. Je crois que dans cette exposition le noir et le blanc renforcent le travail de Sol LeWitt. On remarque ainsi clairement l’évolution de l'artiste, toute la dimension de son oeuvre. On prend toute la mesure de son propos à travers cet univers de noir et de blanc symbolisant parfaitement la manière dont Sol LeWitt a sur faire vivre son travail pendant 40 ans à partir d’un principe déterminé. D’ailleurs très rapidement, on a discuté avec le M Muséum de Louvain de la question d’un diptyque concernant les "Wall Drawings", avec une partie en noir et blanc située au Centre Pompidou-Metz et une autre en couleur au M Muséum.

 

 

jean dorval pour ltc arts© Source photo : Wall Drawing #353, "Contours de figures isométriques", pastel noir, Mai 1981, by JD pour LTC Arts.

 

jean dorval pour ltc arts

© Source photo : Wall Drawing #289, Juillet 1976, by JD pour LTC Arts.

 

JD : Vous travaillez donc en complémentarité...

HG : Exactement. Finalement, on peut se « contenter » de voir, soit l’exposition de Metz, soit celle de Louvain, mais la démarche prend tout son sens, et surtout une force incroyable, quand on voit (certes séparément) les deux volets de ce diptyque, d’un côté en « noir et blanc », et de l’autre « en couleur ». L’autre argument par rapport au choix du noir et blanc, ici, réside dans le fait que tous les dessins préparatoires ou les protocoles que Sol LeWitt réalisait en amont, tels des « matrices » de dessins ou des "partitions à peindre ou à crayonner", étaient toujours réalisés initialement en noir et blanc, avec des initiales qui cependant indiquaient les couleurs à éventuellement appliquer. Avec cette exposition, on remonte véritablement aux origines du travail de l’Artiste.

JD : On pense donc en noir et blanc, et après on met de la couleur si on le souhaite ?

HG : C’est cela même.

 

 

jean dorval pour ltc arts

© Source photo : Wall Drawing #289, Juillet 1976, by JD pour LTC Arts.

 

jean dorval pour ltc arts© Source photo : Wall Drawing #414, Drawing Series IV (A), au lavis d'encre de Chine (24 dessins, technique au chiffon), Mars 1984, by JD pour LTC Arts.

JD : Je ne vous apprends rien quand je vous dis que Sol LeWitt est né le 9 septembre 1928 et mort le 8 avril 2007. Qu’en 1960, il est recruté par le Muséum Of Modern Art (MoDA) de New-York, situé à Manhattan, où il démarre sa carrière, réalise ses premiers « Wall Drawings » et « Structures », travaille notamment avec Robert Ryman, Dan Flavin et Robert Mangold. Sa première rétrospective au MoDA concerne la période « 1978-1979 ». Aussi, pourquoi avoir choisi pour votre rétrospective la période de « 1968-2007 » ?

HG : Par ce que l’on voulait couvrir les 40 ans de carrière et de pratique des « Wall Drawings » de l’artiste. 1968, c’est l’année des premiers « Wall Drawings » et 2007 l’année de sa mort. On a donc montré l’évolution de la pratique de ce type de dessin sur toute cette période. Comme vous avez pu le constater en parcourant l’exposition, on n’a pas fait quelque chose de trop didactique. Malgré tout, on a pris la décision, avec Béatrice Gross, la Commissaire de l’exposition, de faire un choix d’œuvres qui révèle les principales phases de cette évolution du travail de Sol LeWitt. On décrit cette évolution initialement en présentant des figures géométriques simples, par l’apparition petit à petit de figures géométriques complexes, puis par l’arrivée de perspectives. Enfin, on voit à l’issue de ce parcours l’avènement d’une liberté que l’artiste s’accorde en faisant des boucles ou en pratiquant des « scribbles » (« gribouillages ») sur ses dessins, tels que l’on peut en voir juste derrière nous. On note aussi l’évolution des techniques. On passe de la mine de plomb au lavis, à l’encre, etc. C’est finalement, à travers 33 dessins, un aperçu des grandes étapes de l’œuvre de Sol LeWitt, parmi les 1.200 dessins qu’il a réalisé au cours de sa vie. Il fallait au travers de cette grande rétrospective vraiment donner la sensation d’un parcours sélectionné représentant toute l’ampleur du travail de Sol LeWitt.

 

 

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© Source photo : Wall Drawing #260, Juin 1975, by JD pour LTC Arts.

 

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© Source photo : Wall Drawing #260 (protocole), Juin 1975, by JD pour LTC Arts.

JD : Vous faites plus fort que l’artiste qui fait sa première rétro perso en 1978… (rires…)

jean dorval pour ltc artsHG : En 1978, il n’était pas vraiment à sa première étape de parcours…

JD : Oui, juste à sa première rétrospective…

HG : Il est vrai qu’entre une exposition réalisée par l’artiste lui-même et celle qui est proposée par des commissaires, on est forcément dans une approche différente… Je crois qu’on ne peut pas opposer les projets. Ici, on a juste eu un parti pris, décidé, discuté, avec la Fondation Sol LeWitt, la famille de l’artiste, etc. Ses proches sont d’ailleurs très heureux de ce projet.

JD : Une fois de plus, vous avez travaillé en équipe à tous les niveaux. Chapeau !

HG : Oui, un tel projet n’arrive jamais suite à un travail solitaire, mais bien suite à un travail collectif. Et c’est particulièrement le cas, ici, puisqu’il y a eu cette articulation permanente entre la Commissaire, la famille de Sol LeWitt, la Collection LeWitt et la Fondation LeWitt. En plus, il y a eu un travail de résonnance avec les Ecoles d’Art et les Ecoles d’Architecture pour mettre en œuvre ce projet. Donc, c’est vrai, qu’il s’agit bien d’une grande aventure collective, peut-être plus visible à travers ce projet qu’à travers d’autres manifestations de ce type. Cette logique d’un atelier sur place renforce encore l’idée. En effet, le Centre Pompidou s’est transformé en atelier pendant deux mois avec une centaine de dessinateurs présents.

 

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© Source photos : Wall Drawing #479, Mai 1986, by JD pour LTC Arts.

JD : Laurent Le Bon a fait une très courte apparition au début du vernissage presse, faisant juste une petite intro... Est-ce pour laisser la vedette à tout le monde dans l’équipe organisatrice de cet important évènement culturel et mettre ainsi en valeur ce très beau travail collectif très créatif ?

HG : C’est un peu, si je puis dire, la patte du Maître de Maison. Laurent Le Bon a toujours prôné cette dimension humaine et collective de l’Aventure du Centre Pompidou-Metz. C’est évidemment le Capitaine du navire, l’âme du projet. Mais, avant tout, c’est quelqu’un qui accorde énormément sa confiance à ses collaborateurs et qui donne ainsi la possibilité de développer des projets. C’est vrai que sur ce projet, plus particulièrement, il a eu envie de laisser la parole essentiellement à la Commissaire, Béatrice Gross, mais bien entendu, aussi, à toutes les personnes qui y ont participé.

 

jean dorval pour ltc arts© Source photo : Wall Drawing #462, Janvier 1986, by JD pour LTC Arts.

 

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© Source photo : Wall Drawing #542, Septembre 1987, by JD pour LTC Arts.

JD : Avez-vous hissé les couleurs de Sol LeWitt sur la flèche du Centre Pompidou-Metz, comme vous le faites pour chacun des artistes importants ou chacune des expos importantes que vous produisez ? (rires… allusion à un précédent interview…)

HG : Mais, le Centre Pompidou-Metz est en permanence aux couleurs de Sol LeWitt (ton humoristique). D’ailleurs, ce matin en arrivant au Centre, le bâtiment était totalement perdu dans la brume, nous n’avions que du blanc autour de la Galerie 2. Il n’y avait aucune possibilité d’être distrait par autre chose que par les « Wall Drawings... »

On a d'ores et déjà d’autres projets qui se déclinent par rapport à cette rétrospective "Sol LeWitt". Notamment des ateliers pour les adolescents avec des « Wall Drawings » de Sol LeWitt qui sont proposés à réaliser. Et puis, on a toute une programmation qui va se développer à partir de septembre, une série de projets autour de Sol LeWitt, en lien, entre autres, avec le milieu musical de son époque. On attend septembre parce que l’on va déployer auparavant la programmation du Printemps, essentiellement autour de « 1917 », une exposition beaucoup plus courte.

JD : En 2012, vous proposez une première exposition sur les « Wall Drawings » de Sol LeWitt. En 2013, vous en ferez une autre sur son extraordinaire collection privée d’œuvres d’art. Quelles sont les œuvres que vous préférées dans cette collection qui va de Eva Hesse à Steve Reich, de Robert Mangold à Hanne Dardoven, de Robert Ryman à des centaines d’inconnus, et pourquoi ?

HG : Je pense qu’il vaut mieux poser cette question à la Commissaire de l’exposition, Béatrice Gross, car c'est elle qui va faire le travail de recherche autour de cette collection.

 

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© Source photo : Wall Drawing #1142, Septembre 2004, et Wall Drawing #614, Juillet 1989, by JD pour LTC Arts.

 

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© Source photo : Wall Drawing #824, Avril 1997, et Wall Drawing #821, Avril 1997, by JD pour LTC Arts.

JD : D’accord Hélène. Une dernière question… Sol LeWitt a organisé l’échange d’œuvres d’art partout dans le Monde, soit avec des artistes reconnus, des étrangers, des amis, des fans, etc. Ce projet faisait partie de sa pratique conceptuelle dans un exercice qui a cassé le modèle traditionnel de l’échange de biens artistiques établit par le marché de l’art et les grandes maisons internationales d’enchères. Que pensez-vous de ce « troque conceptuel » ? Etes-vous prête à faire de même avec d’autres musées afin de varier l’offre des œuvres exposées au Centre Pompidou-Metz ?

jean dorval pour ltc artsHG : Alors, là aussi, je pense que c’est une question plutôt destinée à Béatrice Gross… Moi, tout ce que je peux vous dire, c’est que chez Sol LeWitt ces échanges ce sont faits à une échelle exceptionnelle liée à la nature de son travail. Pour chaque dessin, il s’entourait de nombreux artistes, dessinateurs, etc. Sa pratique de travail était collective dans la phase réalisation. Ceci explique cela ! C’était quelqu’un, selon ce que tout le monde en dit, d’extrêmement généreux. Donc, ces échanges se sont fait de manière très naturelle. Il faisait aussi des achats pour soutenir des artistes. Il a notamment acheté énormément de partitions musicales. Le bruit court qu’il aurait acquis pour les soutenir celles de Steve Reich, Philip Glass et Morton Feldman. On raconte même qu’un jour Morton Feldman, s’étonnant de ne plus avoir certaines de ses partitions en sa possession, s’est finalement rendu compte que c’était Sol LeWitt qui les lui avait achetées pour l’aider. Donc, il y a une très grande générosité dans ce personnage, et en même temps, une réelle acuité dans le choix judicieux opéré et constitutif de cette collection. L’importance de cette collection est donc due à l’histoire personnelle de Sol LeWitt. Plus généralement, l'échange d'oeuvres entre artistes reste une pratique courante. Ces échanges se font à titre amical le plus souvent. Par contre, d’Institution à Institution… Comme vous le savez, nous n’avons pas de collection, donc pas de monnaie d’échange. En revanche, au travers des expositions thématiques, on joue sur cet aspect là, réunissant des œuvres venues de différents univers. Pour « Erre », par exemple, on avait un nombre important d’œuvres de la collection du Centre Pompidou-Paris qui en comprend en tout 70.000, et on a dû solliciter des Institutions internationales pour avoir des prêts très précis pour étayer notre propos.

JD : Merci Hélène pour ce très intéressant interview. C’est toujours un réel plaisir de discuter avec vous.

GH : Merci à vous Jean.

 

© Propos recueillis par Jean Dorval pour LTC Arts, le 07 mars 2012.

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INFOS PLUS sur l’expo « Sol LeWitt, Dessins Muraux de 1968 à 2007 » :

http://www.centrepompidou-metz.fr/node/13802

 

Notes :

(1)  Infos plus sur le M Muséum de Louvain http://www.mleuven.be/fr/

(2)  Et pour tout savoir sur « Colors » http://www.mleuven.be/fr/calendrier/sol-lewitt.jsp

© Toutes les photos faites au Centre Pompidou-Metz sont soumises au copyright : Shigeru Ban Architects et Jean de Gastines.

 

jean dorval pour ltc arts

© Source photo : SOL LEWITT, Wall Drawing #879, "Loopy Doopy (courbes folles), black and white", Septembre 1998, by JD pour LTC Arts.

 

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© Source photo : SOL LEWITT, Wall Drawing #1171, "Cinq degrés de crayonnages : un cube sans un cube, un cube sans un coin", Août 2005, by JD pour LTC Arts.

 

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© Source photo : SOL LEWITT, détail du crayonnage du Wall Drawing #1244, "Scribble 3 (PW)", by JD pour LTC Arts.

23/09/2011

LE CENTRE POMPIDOU-METZ FETE SON MILLIONIEME VISITEUR !

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Metz, le 23 septembre 2011.

Le Centre Pompidou-Metz a accueilli ce vendredi 23 septembre son millionième visiteur depuis son ouverture, le 12 mai 2010, soit en 16 mois. Par ailleurs, plus de 400 000 personnes ont visité le Centre Pompidou-Metz depuis le 1er janvier 2011. Le Centre a ainsi d'ores et déjà dépassé son objectif de fréquentation en année civile pleine (pour mémoire 250 000 visiteurs). La place du Centre Pompidou-Metz comme lieu d'exposition le plus fréquenté, en dehors de l'Ile-de-France, se confirme donc. Le Centre Pompidou-Metz remercie très chaleureusement tous ceux qui ont contribué à ce succès, au premier chef ses visiteurs fidèles et passionnés. Le Centre Pompidou-Metz présente actuellement l'exposition Erre, variations labyrinthiques (12/09/11 - 5/03/12) et prochainement Ronan & Erwan Bouroullec, Bivouac (7/10/11 - 30/07/12).

 

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© Crédit Photos Jean Dorval 2010, avec l'aimable autorisation du Centre Pompidou-Metz et l'agence d'architecture Jean de Gastines Architectes en association avec Shigeru Ban.

12/07/2011

LEPOLSK MATUSZEWSKI INAUGURE TRES PROCHAINEMENT SON NOUVEL ATELIER...

 

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LEPOLSK MATUSZEWSKI inaugure très prochainement son nouvel atelier. Cet espace sera plus adapté à ses besoins et placé dans une meilleure perspective favorisant les échanges, le partage et les relations avec son public. Il y donnera des cours de peinture (avec possibilité de laisser son matériel sur place). Il sera possible d’y voir tous ses tableaux (y compris ceux qui ne sont pas présentés dans les galeries internet), de personnaliser les commandes, de profiter de ses conseils et études de projets artistiques intérieurs/extérieurs sur mesures. Il y fera aussi des démonstrations d’action-painting (sur rendez-vous, l’inscription à la newsletter de son site est conseillée afin d‘être informé de toutes les démos Privées ou publiques). Enfin, il sera possible d'assister à la finalisation des « PROTOTYPES », une série de créations tridimensionnelles sur laquelle il planche actuellement.

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Plusieurs vernissages auront lieu à partir du 5 septembre et jusqu'au mois d'octobre. De plus amples renseignements seront donnés sur son site et dans sa newsletter…

Jean Dorval pour LTC Arts.

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INFOS PLUS :

. La nouvelle adresse de Lepolsk sera la suivante à partir du 1er septembre :

ATELIER LEPOLSK MATUSZEWSKI

Artiste peintre plasticien/visual painter

80 GRAND RUE

57130 - JOUY AUX ARCHES

(à proximité de la Zac d'Augny)

. Son actuelle adresse reste :

Rue de l'Yser

57000 - METZ

Adresse Courriels : lepolsk@gmail.com

Tél. : 03.55.80.82.96 de 10h00 à 20h00

Pour voir "LES PROTOTYPES" en ligne : cliquez ici 

 

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06/07/2011

"MyShooting.lu" : LE SITE DE PHOTOS D'ART DE GORDON MEYRATH

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JD pour LTC Arts.

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Pour admirer le travail de Gordon (et des autres...), un seul lien magique...

http://www.myshooting.lu/

 

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"Amazing Kate"...

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05/07/2011

LA GALERIE PHOTOS DE MAF...

photos maf juillet 2011 183.JPG

 L'électro-palmier.

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La gueule à l'envers.

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 Déformation chromatique I.

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 Déformation chromatique II.

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Déformation chromatique III.

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 Déformation chromatique IV.

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Déformation chromatique V.

 

Crédit photos : © MAF2011, pour LTC Arts.

 

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LTC Arts : Découvreur de jeunes herbes folles !

20/06/2011

APRES L'ORAGE : METZ COULEURS MOUSSON...

Vendredi 17 juin dernier, juste après l'orage, Quartier Gare de Metz.

Quelques photos aux couleurs mousson,

signées JD...

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Une rue adjacente à la rue Lafayette,

ciel argentique... 

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Une gare inquiétante et belle à la fois...

Le calme après la tempête ? Il reste quelques tensions...

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Le coin des hôtels pas encore apaisé...

Il fait chaud !

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Début de ciel bleu...

avec quelques petits moutons en liberté !

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Mains de Titans levées vers le Ciel...

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 Un nouveau troupeau de moutons...

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© Photo ci-dessus : © Jean Dorval 2011

16/05/2011

LAURENT « LE BON »… DANS TOUS LES SENS DU TERME !

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Laurent Le Bon est le Directeur du centre Pompidou-Metz, depuis quatre ans. Il a contribué, avec son équipe, à transformer l'image de la Ville de Metz. Il a accordé un interview à LTC ARTS. « Action !!! »

-          JD : Bonjour Monsieur LE BON.

-          LLB : « BonjOUUR ! » (avec la voix sympathique qui caractérise ce Grand Monsieur).

 

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-          JD : Dans le cadre de l’expo Daniel BUREN « Echos, Travail In Situ », n’auriez-vous pas vu plutôt à la place des caméras un miroir géant, comme celui que l’on trouve dans le cadre de l’exposition « Chefs-d’œuvre ? », afin de refléter la première partie de l'œuvre - les imbrications de cabanes - se faire l’écho de la véritable Galerie des Glaces se trouvant dans la deuxième partie de cette même expo ?

-          LLB : C’est amusant ce que vous dites parce que Daniel dans une autre œuvre a mis justement un miroir au dessus. Je crois qu’il a préféré, cette fois-ci, faire plus simple, plus discret. Je pense qu’il y a toujours une manière de voir les choses, mais surtout je crois que ce qui est « intriguant », c’est cette idée que l’on découvre dans  un deuxième temps : cette imbrication de figures géométriques. Je crois que c’est vraiment cela le sens de l’œuvre, après, effets ou pas, il faut évidemment prendre en compte le respect de la magnifique architecture des lieux. Et comme vous pouvez le constater, la Galerie3 a une hauteur qui ne permet pas de faire réfléchir un miroir.

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-          JD : Est-ce que vous verriez d’un bon œil, un projet, fait conjointement entre le Centre Pompidou-Metz (CPM), les associations locales et la Ville de Metz, permettant la création d’un Quartier Latin dans la Capitale de la Lorraine ? Car l’espace situé entre le CPM et le Centre Ville Historique de Metz, et qui s’appelle le Quartier Outre-Seille, est un véritable trait d’union qui a un cachet médiéval (entre autres), malheureusement non mis en valeur. Est-ce qu’il serait intéressant pour vous de travailler sur ce projet afin de permettre l’installation d’artistes et d’artisans ?

 

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-          LLB : J’espère que c’est ainsi que l’on a pensé notre aventure depuis 5 ou 6 ans déjà. Maintenant, chronologiquement parlant, cela dépend si l’on se fixe aux balbutiements de cette aventure ou au tout début du chantier en lui-même… Nous sommes toujours dans une logique de coopération, de collaboration, de participation, etc. Vous vous souvenez certainement du titre « Constellation » de 2009 qui disait bien ce qu’il voulait dire… Et donc, en ce qui concerne les initiatives qui se lancent, on est au service de tous les intervenants afin d’étudier la possibilité de travailler ensemble. C’est le cœur même de notre esprit. Nous sommes  dans une mission de Service Public, et évidemment nous sommes à l'écoute, surtout quand on parle de « Quartier Latin ». Cela évoque nos amis de Paris…

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-          JD : Vous êtes toujours en « Echos » avec le Centre Pompidou-Paris ?

-          LLB : Bien sûr ! Car c’est dans la logique d’un monde universitaire qui parlerait à un monde de la culture. Cela me paraît tout à fait évident.

-          JD : Seriez-vous prêt à rééditer avec Daniel BUREN le coup des « Colonnes de Buren », dans un autre genre, bien sûr, à Metz, dans un endroit prestigieux comme la Cathédrale, la gare, etc. ?

-          LLB : Si votre question est : comment valoriser des artistes ? Effectivement, je vous répondrais qu’une ville a toujours intérêts à faire confiance aux grands artistes de son temps. L’œuvre de Daniel que vous évoquez, qui s’appelle en fait « Les Deux Plateaux », a révolutionné le regard. Aujourd’hui, personne ne voudrait la détruire, et ce, malgré la polémique du départ. Donc, je crois sincèrement que si les Elus locaux souhaitent faire confiance à des artistes dans ce cadre là, je serais personnellement à leurs côtés. Je crois que notre soutien est vraiment important dans ces moments là.

-          JD : Il y a une association sur Metz qui s’appelle « Chemin d’art et de Foi en Moselle », ils sont très friands de ce type d’œuvres. Vous pourriez travailler avec eux ?

-          LLB : Bien sûr !

-          JD : Merci M. LE BON.

-          LLB : Merci à vous aussi.

© Propos recueillis le 06 mai 2011 par Jean Dorval pour LTC ARTS.

 

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Notes :

(1)   Le site de l’association « Chemin d’art et de Foi en Moselle » : http://cheminsdart.canalblog.com/archives/2011/03/index.h...l

 

Crédit photos : © Jean Dorval 2010/2011 pour LTC Arts.

13/05/2011

CENTRE POMPIDOU-METZ : QUAND LES YEUX DE LA BELLE HELENE SONT LE MIROIR DE L’AME DE L’EXPO DANIEL BUREN…

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Bonjour, Hélène GUENIN, vous êtes la Responsable Adjointe du Pôle Programmation, au Centre Pompidou-Metz, mais aussi, le Commissaire de l’exposition de Daniel BUREN « Echos, travaux in situ », située galerie 3, du 8 mai au 12 septembre 2011.

-         JD : Le Centre Pompidou-Metz passe pour « le phare » du redressement économique local, il a été financé pour sa construction par la Communauté de Metz-Métropole, le Conseil Régional de Lorraine, le Conseil Général de la Moselle, et l’Union Européenne via le FEDER, et il est financé pour son budget de fonctionnement par la Communauté d’Agglomération de Metz Métropole, le Conseil Régional de Lorraine et la Ville de Metz. Ne pensez-vous pas qu’il serait normal que les contribuables de ces différentes collectivités locales aient un accès gratuit à ce musée ? Selon vous, l’Etat doit-il participer aux frais de fonctionnement du Centre Pompidou-Metz ?

-         HG : Il m’est difficile de répondre en lieu et place de l’Etat…

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-         JD : Je voudrais juste votre avis personnel…

-         HG : Mon avis personnel ? Heu… Vous savez l’Etat actuellement se désengage de beaucoup de dossiers au niveau de la Culture, c’est un constat économique global. Il est aussi vrai que ce sont les Collectivités Locales qui ont désiré ce projet, qui l’ont porté, qui l’ont souhaité, qui ont crû en lui et qui l’ont défendu. Et c’est vrai aussi que l’on a à cœur dans la politique de programmation, ou même dans la manière de travailler avec les publics, d’être vraiment dans cet ancrage territorial et de travailler en ayant conscience de cette responsabilité. Je crois que les chiffres de fréquentation en réponse (plus de 800.000 visiteurs, ndlr), nous ont montré que c’était très positif, puisque l’on a un pourcentage très important de visiteurs qui viennent du territoire, de la région et de la grande région. Après, en ce qui concerne le contribuable, vous savez, on est dans un prix qui est tout à fait modique. On a choisi un tarif unique. On aurait pu passer par plein de tarifs dégressifs, mais on a préféré choisir une politique extrêmement simple, avec tarif unique d’entrée à 7€ et la gratuité pour les moins de 26 ans, et pour un certain nombre de catégories, notamment les chômeurs, les personnes âgées, etc. Donc, cela correspond à un tarif d’entrée au cinéma, c’est même inférieur à un ticket de cinéma dans certaines salles de cinéma… C’est largement inférieur au prix des salles de cinéma parisiennes et je crois qu’en comparaison avec d’autres musées en France, on est dans des tarifs qui restent extrêmement généreux. De plus, on a le principe de « Pass Annuel » qui permet moyennant la modique somme de 33€, d’accéder librement toute l’année au Centre Pompidou-Metz, avec la personne de son choix. Certains musées en Suisse proposent aujourd’hui des entrées à des prix oscillant entre 22 et 25€.

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-         JD : Récemment, le drapeau français a été rehissé (comme au jour de l’inauguration) en haut de la flèche du Centre Pompidou-Metz, en lieu et place de celui de l’Union Européenne… Pourquoi, ce brusque revirement ? Avez-vous reçu des protestations à ce sujet ?

-         HG : On n’a reçu aucune réclamation en ce sens. Evidemment, le symbole national flotte aux grands moments historiques (inauguration, etc.) et pendant les visites officielles jalonnant la vie du Centre Pompidou-Metz. On pavoise la flèche avec le drapeau français à ces occasions. Je pense que bientôt, on n’aura plus de polémique entre le drapeau européen et le drapeau français puisque notre souhait, assez cher, depuis l’ouverture, c’est de permettre à des artistes de hisser leurs couleurs en haut du Centre Pompidou-Metz. Nous sommes actuellement en réflexion avec des artistes pour réaliser des drapeaux.

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-         JD : Seriez-vous d’accord de voir s’installer à Metz, via la décentralisation, une antenne du Louvre, à l’image de celle de Lens et d’Abu Dhabi ? Ce projet concernant l’Art Classique pourrait-il être complémentaire de la mission du Centre Pompidou-Metz, qui elle concerne l’Art Contemporain ? Ou voyez-vous cela comme de la concurrence ?

-         HG : Je crois que, définitivement, plus il y a d’offres culturelles, plus cela crée de l’envie, de la curiosité et de l’émulation. Maintenant le choix d’implanter un Centre Pompidou-Metz dans cette région, c’était aussi le constat, finalement, d’une lacune en terme d’équipements culturels. Vous savez, il y avait d’autres villes qui étaient en lice - si l’on peut utiliser ce terme là - et qui ont été envisagées pour accueillir la décentralisation de ce projet. Quand on regardait la carte culturelle en France, il y avait Montpellier, Lille, Paris, etc. Finalement, dans un périmètre assez circonscrit, il y avait beaucoup d’Institutions d’art moderne et contemporain, et rien à Metz. Ici, dans la capitale lorraine, au-delà de tous les attraits de la ville (quartiers historiques, belle implantation hôtelière, réseaux de transports bien desservi, etc.) et de l’engagement des politiques, le constat suivant a été fait : il manque un Musée d’art moderne et contemporain sur le territoire. Il y a, bien sûr, le Musée d’art moderne de Nancy qui est un très beau musée avec une ouverture sur le XXème Siècle. Mais, ce n’est pas son cœur de métier. Puis, il y a le Mudam de Luxembourg Ville qui fait un travail formidable, mais plutôt axé sur le contemporain.

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-         JD : BUREN expose là-bas, aussi, en ce moment…

-         HG : Oui, effectivement, ils ont eux aussi un projet avec Daniel BUREN, visible jusqu’au 22 mai prochain. Mais pour en revenir à votre question initiale, le projet le plus proche était celui du Musée de Strasbourg. C'est tout de même à 01h30/02h00 de route d’ici... Donc, il y avait un vrai manque - même si par ailleurs il y a aussi le FRAC Lorraine, qui lui est sur un versant très contemporain - sur le prisme des années 1905 jusqu’à nos jours en matière d’art. Un manque comblé par le Centre Pompidou-Metz. Un Louvre ici ? Pourquoi pas ! Je ne sais pas si le Louvre pourrait se lancer dans un nouveau projet... Sinon, dans les collections plus classiques, et surtout avec un panorama chronologique plus ouvert, nous avons à Metz les Musées de la Cour d’Or. Le vrai geste ce serait déjà de revaloriser ce musée, et ses collections.

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-         JD : Il manque entre le Centre Pompidou-Metz et le Centre Historique de Metz, où se situe le Quartier Outre-Seille, un Quartier Latin… Est-ce que le Centre Pompidou-Metz serait partant pour aider les services de la Mairie de Metz et les associations locales à mettre en place un tel projet ? Et si oui, à soutenir les artistes et artisans qui souhaitent s’installer à Metz ?

-         HG : Je pense que la manière la plus pertinente avec laquelle on peut s’impliquer sur Metz, c’est tout simplement d’inviter régulièrement nos visiteurs à se rendre dans le Centre Ville. C’est que l’on essaye déjà de faire. D’autre part, on met en place beaucoup de partenariats avec des structures locales. On met en place aussi toute une série de parcours. On a un espace ici, en bas, qui s’appelle « Ici et Là », où l’on revient sur l’histoire du chantier, mais aussi sur l’ensemble du panorama culturel. Et l’on revoit tous les acteurs de la ville, le FRAC, etc. Après, aller au-delà ce n’est plus véritablement notre métier, on est un acteur culturel, on n’est pas un acteur touristique.

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-         JD : Vous travaillez en synergie avec d’autres acteurs culturels ?

-         HG : Oui, nous sommes une Institution culturelle et artistique. Donc, parfois, l’artisanat et l’art se croisent pour donner des choses formidables. Mais c’est à travers le prisme des artistes, ce n’est pas forcément notre métier.

 

 

-         JD : Une dernière question et après je ne vous embête plus, c’est promis… (clin d’œil perso et rire collectif) J’ai constaté qu’il n’y a pas beaucoup d’œuvres d’artistes lorrains contemporains au Centre Pompidou-Metz (CPM), à part peut-être celles de Patrick NEU et quelques autres, et en parallèle on a de nombreux artistes locaux comme Lepolsk MATUZIESWI - qui avait, souvenez-vous, plagié votre slogan de lancement : « Je m’installe à Metz. » - qui sont prêts à travailler avec vous. La Direction du CPM est-elle prête à donner une chance à des artistes régionaux ? D'ailleurs, pourquoi ne pas leur dédier une galerie complète pour une expo ?

 

HG : Je crois que cela n’aurait pas de sens. Je ne pense pas que cela soit intéressant de faire des ghettos lorrains, et de dire "là les artistes lorrains ont le droit de citer et pas ailleurs". On fait une galerie, on les met dans un coin… Par contre, il nous semblait plus intéressant dans le cadre de l’expo « Chefs-d’œuvre ? » d'inviter les artistes à réfléchir dans un contexte plus large. Finalement qu’ils soient lorrains, de Paris, de Sarrebruck ou qu’ils viennent du Togo cela n’a pas vraiment d’importance. On vise d’abord la qualité artistique, ainsi que la manière avec laquelle cela peut entrer en résonance avec un projet. Cependant, il est vrai que l’on fait très attention à ce qui se passe sur ce territoire. Dans cadre de « Chefs-d’œuvre ? », on avait des artistes lorrains, pas uniquement Patrick NEU que vous avez cité. On a une partie de l’exposition qui est maintenant démontée, mais on avait également Jean-Luc TARTARIN et Eric POITEVIN qui étaient présents. On a travaillé avec Jean-Christophe MASSINON. Actuellement, on est en train de travailler avec Jochen GERNER. Donc, on implique des gens localement, mais il faut que cela ait du sens. On n’est pas dans une discrimination positive régionale…

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JD : Ce n’était pas mon propos, je voulais juste savoir si vous pouviez intégrer plus d’artistes lorrains dans votre programmation, voire leurs réserver une expo…

HG: Je crois qu’au travers du studio et de l’auditorium, on a mis en place une programmation culturelle, avec entre autres les « Studios 57 », où l’on essaye d’inviter régulièrement des artistes qui travaillent sur ce territoire. On leurs donne « carte blanche » toute une soirée afin de faire connaître, montrer, leur travail, et inviter des gens qui ont été importants pour eux dans leur parcours. Mais, il nous semble plus intéressant de mettre ces artistes dans la perspective d’un contexte plus large. C’est ainsi que l’on peut leurs rendre le plus service et valoriser leur travail.

JD : Hélène, je vous remercie pour cet interview.

HG: Merci à vous aussi Jean.

 

© Propos par Jean Dorval pour LTC Arts, le 06 mai 2011.

 

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Crédit photos : © Jean Dorval pour LTC ARTS, 2011

12/05/2011

DANIEL BUREN DANS LE REFLET DU MIROIR…

  

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-         JD : Bonjour Daniel BUREN, Jean Dorval pour LTC Arts.

-         DB : Bonjour Jean.

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-         JD : Un jeu de miroirs placé au dessus de votre imbrication de cabanes n’aurait-il pas été plus judicieux que l’utilisation de caméras et d’écrans afin de montrer votre œuvre ? Pourquoi n’avoir pas réuni les deux techniques ?

-         DB : Parce que, comme vous devez le savoir des miroirs au plafond, c’est une chose très compliquée à réaliser à cause de la sécurité, et on avait déjà assez de problèmes avec la mise en place d’une structure imposante. Cela aurait compliqué encore plus notre tâche. J’ai bien sûr pensé utiliser un miroir, mais j’ai vite abandonné cette idée, dès que j’ai réalisé la difficulté à laquelle on allait se confronter. De plus, il y a une dizaine d’années, j’ai déjà réalisé un travail où tout était visible depuis le sol, grâce à un jeu de miroirs. Aussi, ayant déjà utilisé cette technique, je ne refais jamais deux fois la même chose.

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-         JD : Au Centre Pompidou-Metz, dans la galerie située au rez-de-chaussée, dans le cadre de l’exposition « Chefs-d’œuvre ? », il y a une œuvre d’art magistrale accrochée au plafond, un énorme miroir à plusieurs facettes bleutées… L’avez-vous déjà vu ? Qu’en pensez-vous par rapport à votre travail ?

-         DB : Cette œuvre était déjà présente à l’origine et donc au tout début de l’expo. Je m’en souviens très bien. Ce ne sont pas des miroirs, je crois plutôt que ce sont des feuilles de plastique, si je ne me trompe pas. Je n’aime pas trop travailler avec ce type de matériau. Dans ce cas, il n’y pas vraiment de problèmes de sécurité. Alors, que dans mon cas avec de vrais miroirs suspendus, cela aurait été plus délicat, et la Sécurité aurait été à la limite de l'hystérie. C’est pourquoi, je n’ai pas voulu tenter le diable.

 

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-         JD : Les années 1980 marquent l'époque de vos premières commandes publiques. La plus célèbre est sans conteste Les Deux Plateaux (1985-1986), commandée par l'État français, pour la cour d'honneur du Palais-Royal à Paris. La polémique nationale engendrée par les fameuses « colonnes de Buren », ainsi que l'obtention du Lion d'or à la Biennale de Venise en 1986, établissent votre notoriété. Etes-vous prêt à rééditer « l’exploit des colonnes » à Metz, et si oui, sous quelle forme et où ? Par exemple, à la gare, à la cathédrale Saint-Etienne, etc. (fou rire collectif…)

-         DB : Tout d’abord, on ne fait jamais un travail avec l’idée de créer une polémique, la polémique elle arrive ou elle n’arrive pas. Elle peut être intéressante ou elle peut être très négative. Secondo, que ce soit pour un musée ou pour un espace urbain, pour qu’il y ait une œuvre, il faut qu’il y ait une invitation, ou du moins une demande explicite ; soit généralement à travers un concours, soit au travers d’une invitation directe, ce qui est rarissime dans l’espace publique. Donc, je n’ai pas l’habitude de me projeter sans ce préambule.

 

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-         JD : En plus, ce ne sont pas des œuvres éphémères comme celles que vous affectionnez particulièrement…

-         JB : Dans ce cas, il s'agit d'une création qui automatiquement rentre dans un laps de temps, toujours éphémère, mais sur du plus long terme... Minimum 50 ans… Et qu’il faut donc entretenir !

-         JD : Si le Maire de Metz vous propose de concevoir l’aménagement de toutes les places vides de sa commune et ne servant pratiquement à rien (en dehors de quelques grandes manifestations annuelles), répondrez-vous « présent » ? Et si oui, quel type de projet proposerez-vous ?

-         JB : Si il y a une proposition de cet ordre, il est certain que je vais travailler dessus. Mais, comme il faut que je connaisse les lieux, je ne peux pas vous en dire plus pour le moment…

 

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-         JD : Je pense notamment aux places de la République, Saint-Louis, etc.

-         DB : C’est trop complexe, j’ai vraiment aucune idée pour l’instant.

-         JD : Vous avez déjà avez travaillé sur ce type de projet ?

-         DB : Tout à fait, mais cela concernait de très grandes places. Ce type de projet est un challenge pour moi, une sorte de combat, plus ou moins pertinent, générant une réponse. Mais, sans demande préalable, à priori je ne me lance pas. Ce serait absurde, même, de vous donner une quelconque indication…

 

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-         JD : Et sur ces grandes places, quel type d’œuvre avez-vous placé ?

-         DB : Et bien, dans le cas de la Place des Terreaux à Lyon, j’ai tout refait, en installant au sol un jeu de quelques… 60 fontaines. Malheureusement, plus rien ne fonctionne, car c’est très mal entretenu. Cela fait partie de ces problèmes liés aux œuvres publiques laissées en déshérence. Je n’apprécie pas beaucoup. Sinon, il y a une vingtaine d’années, j’ai fait une très grande place au Japon, là-bas par contre, c’est très bien entretenu. Comme il s'agit d'une place très longue, j’ai installé une sorte de cheminement à travers des portiques. Aux dernières nouvelles, tout est encore en l’état…

-         JD : Effectivement, les japonais, eux au moins, ils entretiennent leur patrimoine…

-         DB : C’est d’autant plus entretenu que cela se situe dans une grande ville, plus précisément la capitale du Japon : Tokyo (rire). Donc, pour les autres projets que j’ai réalisés et qui ne sont pas entretenus, on touche au problème de l’entretien des commandes publiques. On le sait, ce n’est pas évident comme sujet. Une chose est sûre cependant, les politiques n’ont pas intégré le fait qu’il faille entretenir ce type d'œuvres. Car même s’il s’agissait d’un simple caillou, même s’il est indestructible, et quelque soit la personne qui l’a fait, il faut le préserver du vandalisme, des graffitis, des intempéries, de l'usure, etc.

-         JD : Tout à fait !

-         DB : Alors, quand l’entretien n’est pas fait, cela devient dramatique. Dans un musée, on ne peut pas se permettre ce genre d’erreur. On préserve les œuvres, voire on les restaure. L’enjeu ? Le regard de centaines ou de milliers de gens qui observent une œuvre non entretenue, à laquelle votre nom est associé, et dont on ne comprend plus le message initial, ce que l’on a voulu dire ou représenter. C’est grave !

-         JD : Daniel BUREN, je vous remercie pour cet interview pour LTC Arts.

-         DB : Je vous remercie aussi.

© Propos par Jean Dorval pour LTC Arts, le 06 mai 2011.jean dorval pour ltc arts,art moderne,art nouveau,art contemporain,centre pompidou-metz,metz,moselle,lorraine,exposition,échos travaux in situ,galerie 3,inbriquement de cabanes,galerie des glaces,du 08 mai au 09 septembre 2001,artiste,peintre,sculpteur,architecte

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Crédits Photos :

 

Exposition : 

 

Daniel Buren, « Photo Souvenir » : échos, travaux in situ, Centre Pompidou-Metz, mai 2011 © Adagp, Paris 2011, Daniel Buren / Photo Rémi Villagi

 

Daniel Buren (portraits) :

© Jean Dorval pour LTC ARTS, 2011.

09/05/2011

DANIEL BUREN 100% BIO, PAR WIKIPEDIA !

 

jean dorval pour ltc arts,ltc arts,centre pompidou-metz,laurent le bon,directeur,daniel buren,échos travaux in situ,metz,lorraine,moselle,hélène guenin,responsable adjointe,de la programmationNé à Boulogne-Billancourt, le 25 mars 1938, Daniel Buren est lauréat Zellidja (1955) et diplômé des métiers d'art. Sorti de l'Ecole des Métiers d’Art, il aborde de nombreuses techniques telles que le film, la vidéo et le son. Il oriente, dès les années 1980, son travail vers une économie des moyens artistiques. Comme il est théoricien de son propre travail, il accompagne ses installations d'un descriptif et de notes explicatives. En 1965, inspirée par une toile de store rayée, il met au point son vocabulaire artistique : des bandes verticales alternées blanches et colorées de 87mm de largeur, répétant ses rayures à l'infini et sur tous les supports qu’il croise. Le choix d'un motif fabriqué industriellement répond à son désir d'objectivité et lui permet d'accentuer le caractère impersonnel de son travail. Il nommera cela un « outil visuel ». jean dorval pour ltc arts,ltc arts,centre pompidou-metz,laurent le bon,directeur,daniel buren,échos travaux in situ,metz,lorraine,moselle,hélène guenin,responsable adjointe,de la programmationEn 1966, Buren s'associe avec les peintres Olivier Mosset, Michel Parmentier et Niele Toroni, avec lesquels il organise des manifestations très controversées, créant le groupe BMPT qui sera exposé par la Biennale de Paris. Ce qui lie « BMPT » est la pratique commune de la répétition systématique d'un même motif, ainsi que la volonté de s'opposer radicalement à la scène artistique parisienne, très académique et dominée alors par l'Ecole de Paris. Les quatre artistes se séparent en décembre 1967. jean dorval pour ltc arts,ltc arts,centre pompidou-metz,laurent le bon,directeur,daniel buren,échos travaux in situ,metz,lorraine,moselle,hélène guenin,responsable adjointe,de la programmationCe travail en commun est pour Buren l'occasion d'examiner non plus seulement les limites physiques de la peinture, mais également les frontières politiques et sociales du monde de l'art. Il décline une infinité de possibilités à partir de ces bandes, puisque chaque travail s'exprime in situ, suivant le lieu où il est programmé et réalisé. La précision, la rigueur et la radicalité sont, chez l'artiste, poussées à l'extrême. Il commence à utiliser les bandes alternées comme « outil visuel », explorant les potentialités de ce motif en tant que signe. Le choix de différents supports (tissu pré-rayé, papier spécialement imprimé, verre peint, verre gravé, miroir, bois, pierre, plastique transparent, métal, peinture) et le passage de la surface plane à la troisième dimension. Buren s'affranchit du cadre imposé au tableau et aux cimaises. Ce glissement de la peinture au papier peint et à l'affiche lui permet d'intervenir n'importe où. Cette nouvelle marge de manœuvre donne l'occasion à Buren de mettre au point le concept du travail in situ, c'est-à-dire d'une intervention artistique intrinsèquement liée au lieu dans lequel elle se trouve. Buren procède toujours à une analyse du lieu dans lequel il place ses bandes, en révélant ces particularités les plus significatives et les moins visibles. jean dorval pour ltc arts,ltc arts,centre pompidou-metz,laurent le bon,directeur,daniel buren,échos travaux in situ,metz,lorraine,moselle,hélène guenin,responsable adjointe,de la programmationBuren parle lui-même « d'instrument pour voir », car paradoxalement, en se limitant à un motif unique, il parvient à un élargissement du champ visuel du spectateur. L'œuvre révèle le lieu et ce lieu même la rend intransportable et donc éphémère. La nouvelle exposition du Centre Pompidou-Metz, qui a lieu du 08 mai au 12 septembre 2011, intitulée « Echos, travaux in situ » et située Galerie 3, répond à ce critère élaboré par Buren et repris par tant d'autres. De même, les cellules extérieures illustrent magnifiquement cette notion de travail « in situ ». Au cours des années 1970, ses interventions « rayées » envahissent tous les supports : portes, escaliers, trains, voiles, gilets pour gardiens de musée, etc. En même temps que son œuvre prend une ampleur infinie, elle devient plus diversifiée et colorée, transgressant ainsi l'interdit moderniste qui bannit toute fonction décorative. jean dorval pour ltc arts,ltc arts,centre pompidou-metz,laurent le bon,directeur,daniel buren,échos travaux in situ,metz,lorraine,moselle,hélène guenin,responsable adjointe,de la programmationLes années 1980 marquent l'époque des premières commandes publiques. La plus célèbre est sans conteste « Les Deux Plateaux » (1985-1986), commandée par l'État français pour la cour d'honneur du Palais-Royal à Paris. La polémique nationale engendrée par les « colonnes » et l'obtention du Lion d’Or à la Biennale de Venise en 1986, établissent sa notoriété. Dans son travail, il s'intéresse de plus en plus aux liens entre architecture et art. Il développe un travail plus tridimensionnel et une conception de l'œuvre qui n'est plus objet, mais modulation dans l'espace. Constructions et déconstructions se mêlent dans ses « Cabanes Éclatées ». jean dorval pour ltc arts,ltc arts,centre pompidou-metz,laurent le bon,directeur,daniel buren,échos travaux in situ,metz,lorraine,moselle,hélène guenin,responsable adjointe,de la programmationDans les années 1990, il continue de travailler sur ces dispositifs architecturaux de plus en plus complexes, multipliant les jeux sur les matériaux et sur les couleurs. Ce dernier élément n'est plus seulement appliqué au mur, mais « installé dans l'espace » sous forme de filtres, de plaques de verre ou de plexiglas colorés. L'impression d'éclatement de l'œuvre est parfois accentuée par l'utilisation de miroirs. En 2007, Daniel Buren reçoit le Praemium Imperiale du Japon, qui est assimilé par certains à un Prix Nobel artistique.

JD pour LTC Arts.

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INFOS PLUS :

Le site officiel de Daniel Buren :

http://www.danielburen.com/

Source documentaire :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Buren

Crédit photos : © Jean Dorval 2011jean dorval pour ltc arts,ltc arts,centre pompidou-metz,laurent le bon,directeur,daniel buren,échos travaux in situ,metz,lorraine,moselle,hélène guenin,responsable adjointe,de la programmation

08/05/2011

BIENTOT, TRES BIENTOT SUR LTC...

Un reportage photos en LTC ARTS de l'inauguration de l'expo "Echos, Travaux In Situ" de Daniel BUREN qui va ouvrir ses portes prochainement au Centre Pompidou-Metz...

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Mais aussi des interviews exclusifs de Daniel Buren, Laurent Le Bon (Directeur du Centre Pompidou-Metz) et d'Hélène GUENIN (Responsable Adjointe de la Programmation)...

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Mais aussi, en LTC LIve, deux virées Zizikales... deux entretiens en exclu : Roselyne (JAZZ/JAVA) et DouDouDiouf (Musique Africaine)...

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Photos ci-dessus : © Jean Dorval 2011