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04/05/2014

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18/04/2014

"LA MAGIE OUBLIéE (suite), CHAPITRE II" : UN ROMAN GENIAL SIGNé MATBAK.

"La Magie Oubliée" est un roman passionnant d’aventure, en cours de rédaction, dans lequel l’auteur, Matbak - un ado surdoué pour l’écriture - nous raconte les aventures, l’Histoire à rebondissements, d’Andil ; le voleur noctambule et acrobate. La magie, le surnaturel, l’émotion, les scènes d'action, les doutes, les remises en cause, la trahison, la fuite, etc. sont au rendez-vous ! Au bout du compte le lecteur est toujours surpris et se laisse guider par le fil conducteur de ce récit trépidant qui se lit à la vitesse d’une flèche qui va atteindre sa cible en plein coeur. A lire ou à relire, avec bonheur, sur LTC Lecture, le Chapitre Premier de ce topic, paru le 26 avril 2013 : Ltc Lecture/La-magie-oubliee-un-roman-genial-signe-matbak. Et dès à présent le Chapitre Deuxième… qui est un préambule incontournable, une mise en bouche supplémentaire, invitant le lecteur à connaître la suite. Moins rythmé que le Premier Chapitre, ce Deuxième Chapitre pose les jalons d'un scénario qui étonnera plus d'un lecteur. Bonne évasion ! Jean DORVAL.

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"la magie oubliée,chapitre ii" : un roman genial signé matbak

© Photo ci-dessus : http://www.miglo.net

 

"LA MAGIE OUBLIéE."

CHAPITRE DEUXIEME

 

Andil sentait le vent souffler sur son visage. Il ouvrit les yeux. Il se trouvait dans une immense plaine. Il n'y avait que des fleurs et de l'herbe à perte de vue. Il n'y avait aucun relief, et pas un seul obstacle pour couper la ligne d'horizon. Une voix claire s'éleva dans son dos : "L'heure de la révélation approche."

Le voleur se retourna. C'était une femme aux longs cheveux blonds et aux grands yeux verts qui se tenait face à lui. Elle portait une robe de larges feuilles, qui scintillaient mystérieusement.

Devant ce personnage qui semblait sortir de ses plus beaux rêves, Andil demeura en admiration. Puis la phrase qu'elle avait prononcé lui revint à l'esprit.

"Quelle révélation ?"

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© Photo ci-dessus : http://lesmemoiresdestel.com

 

Elle ne répondit pas, et s'approcha. Elle semblait jeune : son visage était pur, et innocent. Mais Andil décelait dans ses yeux une grande sagesse et un âge avancé. Il était impossible d'estimer son âge avec certitude.

Elle était maintenant si proche de lui qu'il pouvait sentir son parfum délicat.

Andil s'éveilla en sursaut. Il lui arrivait de rêver que très rarement, et en général, ses rêves étaient moins énigmatiques que celui-ci.

Il se trouvait dans un lit. Le plus confortable dans lequel il ait dormi au cours de toute sa misérable existence. Il se sentait vidé de ses forces, son corps meurtri et faible lui faisait affreusement mal. Il était même incapable de bouger. Il était dans une chambre spacieuse, éclairée par une large fenêtre. Il y avait un bureau où s'entassaient bon nombre de parchemins manuscrits, et quelques étagères sur le mur, juste au-dessus, où reposaient quelques dizaines de livres.

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© Photo ci-dessus : http://www.manzac.com

 

Andil se redressa péniblement. Il avait mal, mais constata avec surprise que les blessures internes de son épaule et sa cuisse semblaient s'être refermées. Quelqu'un avait placé des bandages sur son genou gauche et son poignet droit.

Il attendit là, en silence, en repensant à son rêve. Il n'avait jamais vu une plaine aussi vaste, et la femme lui était encore moins familière. Ce ne pouvait être que son imagination. Mais pour ce qu'elle lui avait dit, Andil ne trouvait pas d'explication satisfaisante. Cela paraissait complètement absurde.

"C'est l'heure de la révélation."

Cette phrase s'était ancrée dans son esprit, et il tentait en vain d'y répondre. Après un certain temps, Andil s'allongea de nouveau et essaya de se reposer. Il ne s'était jamais senti aussi affaibli qu'à ce moment. Et pourtant, il en avait passé, des heures sombres, dans la faim, la crasse et la solitude des mendiants.

Il s'endormit quelques minutes, et à son réveil, le rêve de la plaine était balayé par une autre question, bien plus importante, apparue parmi tant d'autres : "Où suis-je ?"

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© Photo ci-dessus : http://www.domainedechantilly.com/domaine-de-chantilly

Le voleur se trouvait dans une chambre lumineuse, une petite fenêtre ouverte laissant le soleil l’éclairer. Il y avait un bureau sur lequel s’entassaient des carnets et des parchemins manuscrits, dans un désordre total. La plume avait été laissée dans l’encrier. Le bureau fait de planches grossièrement taillées se trouvait à côté d’une étagère fixée au mur. Quelques très vieux livres y étaient rangés soigneusement. L’épaisse couche de poussière qui les recouvrait suggéra à Andil qu’ils n’avaient pas bougé d’ici depuis longtemps. Il y avait aussi un placard fait d’un bois sombre.

Andil attendit encore une heure, allongé dans le lit, sans pouvoir trouver le sommeil. Il pensait à son ancienne vie, sa vie de toujours, celle d’un mendiant et d’un cambrioleur. Il n’avait rien connu d’autre que cette vie-là. Il n’avait rien connu d’autre que Valgos. Et pourtant, il allait devoir fuir. Si jamais il se faisait capturer, qui sait ce qui pourrait lui arriver. Andil constata avec amertume qu’il n’avait pas d’autre choix que de s’échapper indéfiniment. Il ne pourrait même plus s’arrêter dans une ville pendant plus d’une semaine : le voleur était sûr que Clavilius avait les moyens de le faire poursuivre sans relâche. Et qu’il n’hésiterait pas à le faire. Angoissé par son avenir flou, Andil était plongé dans ses sombres pensées lorsqu’un homme fit irruption dans la chambre.

Il avait de courts cheveux roux, ternes, et des yeux en amandes d’un noir profond. Sa bouche fine se tordait parfois en un tic nerveux. Des rides marquaient sa peau mate. Andil ne lui aurait pas donné plus de quarante-cinq ans. Mais il était loin du compte en réalité… Les yeux intenses se plantèrent dans ceux du voleur. Cet air soupçonneux ne plaisait guère à ce dernier.

- Qui es-tu ? L’interrogea l’homme.

- Je vous retourne la question, répondit froidement Andil.

L’homme perdit soudain tout son sérieux et éclata de rire. Andil en fut stupéfait.

- Très bien mon gars, je vois que tu es une forte tête… J’aime ça, déclara t-il en reprenant son air de défi.

- Moi je ne vous aime pas tellement.

Son interrogateur sembla ignorer la remarque et resta silencieux l’espace de quelques secondes, évaluant Andil.

- Tu n’es pas vraiment bien placé pour refuser de te présenter, mon gars… Je t’offre l’hospitalité dans ma maison, dit-il en pointant le plancher du doigt. C’est la moindre des choses lorsqu’on est recueilli par un inconnu. Et tu devrais me remercier, naturellement.

Le voleur ne répondit pas. L’homme sourit et ajouta :

- Tu n’es pas très bavard, mon gars. Tant pis, je vais me présenter… Tu sembles être le genre de personne avec qui il faut faire le premier pas.

Andil lui jeta un regard meurtrier que son hôte ignora de nouveau.

 

"la magie oubliée,chapitre ii" : un roman genial signé matbak

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- Je suis Shol, ancien Grand Mage de la cour du roi, reconverti dans l’alchimie. Ravi (Andil remarqua à quel point ce mot sortit difficilement) de te rencontrer. Et toi, qui es-tu ?

-  Si vous êtes mage, répliqua sèchement Andil, vous n’avez qu’à le deviner.

Cette réponse cinglante provoqua un vaste silence. Le voleur savourait sa réplique intérieurement, tout en fixant Shol avec mépris. Le mage, quant à lui, tentait difficilement de contenir sa colère. Andil afficha un sourire moqueur.

- C’est vrai, vous n’avez qu’à utiliser votre fluide magique ou je ne sais quoi. Ne perdons pas de temps en questions futiles.

- Tu as raison, finit par dire Shol, apaisé. Ce ne sera pas nécessaire de t’interroger, mon gars, car la vérité saute aux yeux.

- Tant que ça ?

Subitement, Andil sentit le regard du mage le traverser, comme si Shol regardait au fond de son crâne. Les yeux sombres l’observaient avec une intensité croissante, qui semblait éplucher chaque couche de l’esprit même en les lisant à la vitesse de l’éclair. Andil détourna immédiatement la tête et rompit l’étrange hypnose.

Shol laissa échapper un gloussement. Le voleur afficha un air effrayé.

- Tu es un mendiant qui a toujours vécu dans la pauvreté. Tu es seul, mon gars. Absolument seul. Mais tu étais satisfait de cette vie. Un événement extrêmement récent a bouleversé tout cela. A présent tu as perdu tous tes repères et tu doutes. Je sais également que tu pratiquais une activité illégale… (Andil pâlit radicalement, et le mage lâcha un ricanement) Mais je ne sais pas laquelle, reprit-il (le voleur se détendit… un peu). Je n’ai pas eu le temps ni l’énergie de t’inspecter de A à Z, mon gars, mais c’est suffisant pour moi. Je sais que tu n’es pas mauvais.

- Comment pouvez-vous le savoir ? Je sais ce que je suis bien mieux que n’importe quel savant, devin, mage ou dieu !

Andil était furieux, son ego frappé. Comment un inconnu pouvait-il lire ses sentiments et le juger aussi facilement ?

- Ce qui importe, affirma Shol, ce n’est pas ce que tu es, mais qui tu es.

- Je ne vous suis plus, soupira Andil.

- Tu comprendras le moment voulu, mon gars, dit-il en souriant. Mes pouvoirs me permettent de sonder l’esprit d’une personne par l’intermédiaire du regard. Je lis le tempérament, les convictions les plus intimes et les sentiments. Et la cerise sur le gâteau : je peux percevoir la nature profonde des gens. Mais je sais bien que mes pouvoirs ne me révèlent pas tout au sujet de ma cible. En fait… Il existe certaines choses à ton sujet que tu ne sais pas toi-même. Ces choses là, je ne peux pas les percevoir puisque je ne peux lire seulement ce que tu sais sur toi-même.

Andil tentait de démêler les paroles de Shol, sans succès. L’homme sourit et continua :

- Bien. Quel est ton nom ?

- Je m’appelle Andil.

- Tu es prêt à m’en dire plus ? … Non ? … D’accord. Mais je te demande de répondre à deux dernières questions.

- Je vous écoute, répondit-il, agacé.

- Tout d’abord, je t’ai retrouvé à moitié mort dans ma cave. Comment es-tu arrivé là, mon gars ?

- Je n’en sais rien.

- Tu mens.

- Vous n’en savez rien.

- Dis-moi la vérité.

- Je regrette, c’est impossible.

Cette dernière phrase exprimait tout sauf du regret.

- Tu me le diras peut-être plus tard… Et sinon, la seconde question, plus importante…

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Les yeux du mage se mirent à briller. Il sortit de la chambre et y rentra une poignée de secondes plus tard, un coffret entre les mains. Il s’agenouilla près du lit, et l’ouvrit  sous les yeux d’Andil. Une faible lueur en sortit. Le visage du voleur se figea dans une expression d’émerveillement. Il s’agissait des étranges gants de cuir trouvés dans le maigre tunnel qui l’avait mené dans la cave de Shol."la magie oubliée,chapitre ii" : un roman genial signé matbak,la magie oubliée,un roman d'aventure,matbak,un ado surdoué,pur l'écriture,amateur de,lectures fantastiques,d'heroic-fantasy,mangas,shōnen,japon,les aventures d'andil,andil,le voleur notambule,et acrrobate,jean dorval pour ltc lecture,bd,bande dessinée,21ème rencontres de bd,marly,moselle,8 et 9 octobre 2011,festival bd de marly,entrée gratuite,centre socio-culturel la louvière,centre pompidou-metz,metz,lorraine,france,programme,et liste des auteurs,âcco,une semaine sur deux,fluide-g,www.pacco.fr,last day,le droit des pères,séparation père enfant,ma fille,ma bataille,injustice française,pacco,dessinateur,maé,éditions fluide-g,maf pour ltc lecture,ltc lecture : l'envie de lire

- Qu’est-ce que c’est ? Demanda Shol.

- Je…

Andil fixa Shol avec hésitation. Une petite voix jaillit du fond de son esprit : « Pourquoi ne pas lui faire confiance ? Après tout, c’est lui qui t’a recueilli, il t’a peut-être sauvé la vie. N’est-ce pas là un gage de bienveillance ? Il est là pour t’aider, alors autant lui expliquer au moins ça. »

Andil se mit alors à lui raconter comment il s’était procuré les gants. Shol écouta avec une grande attention. Il referma ensuite le coffret d’un air solennel et le posa sur la table de chevet. Le mage expliqua à Andil que ces gants étaient ensorcelés, par un enchantement très puissant mais inconnu jusque là. En voyant les étoiles briller dans les yeux du voleur, il ajouta :

- Mais je te conseille de ne pas les enfiler. Je peux ressentir leur puissance, sans même les avoir mis. On ne sait jamais si c’est un maléfice destiné à nuire à celui qui les porte, mon gars, mieux vaut rester prudent. L’enchantement n’est pas ma spécialité. J’aurais un Maître Enchanteur à te présenter. Il pourra peut-être te dire de quoi il s’agit. Mais fais très attention ! N’en parle à personne d’autre ! C’est compris ?

-  Ces gants… Ont-ils de la valeur ?

-  L’argent ! (le visage de Shol devint pourpre) Toujours l’argent ! Tu ne te rends pas compte ? Ta découverte vaut peut-être bien plus que de l’argent ! … Et je te le répète, mon gars, ne dévoile rien à personne ! Ces objets pourraient attirer la convoitise des sorciers les plus dangereux.

- Très bien, répondit Andil, convaincu par le dernier argument. Je vous promets de garder l’existence de ces gants secrète.

- Tu ne devrais pas avoir de mal pour ça, vu avec quelle méfiance tu traites les gens…

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© Photo ci-dessus : http://sushi.forumsactifs.com

Shol expliqua à Andil qu’il avait utilisé des potions fabriquées par ses soins pour cicatriser ses blessures. Les moins graves avaient déjà disparu. Cependant, sa cheville douloureuse ne se portait pas mieux. Le blessé fut étonné de remarquer la disparition totale des plaies infligées par les flèches, même s’il sentait son épaule faible, tout comme sa cuisse. Shol avait utilisé ses meilleures potions pour accélérer la guérison, et cela avait très bien fonctionné. Mais le mage lui dévoila qu’il ne pouvait rien faire pour sa cheville, qui était cassée. L’art de l’alchimie pouvait fermer toutes les plaies, mais était inefficace sur les os brisés.

-  Je peux encore tenter quelque chose, mon gars, mais c’est assez dangereux.

-  Dites toujours, marmonna Andil.

- Il y a peu de temps, commença t-il en se levant pour faire les cent pas, j’ai mis au point une potion capable d’accélérer considérablement la régénération du métabolisme. Ce que j’ai utilisé pour les plaies ne concernaient que la cicatrisation, mais là, c’est ton organisme entier qui va littéralement changer de rythme, car je n’ai pas encore trouvé comment agir uniquement sur les os. Donc, tout ton corps changera après ingestion de la potion. Tes cheveux, tes ongles pousseront plus vite. Ta digestion sera plus rapide, tu devras faire tes besoins plus souvent. Et bien sûr, l’os de la cheville se reformera en trois ou quatre jours. Cela est contraignant, mais pas vraiment dangereux pour ta cheville. Ce qui m’inquiète, ajouta Shol en se tournant vers le voleur, c’est ton cœur. Le maintenir à un rythme élevé le fatiguera, et tu pourrais subir un arrêt cardiaque une fois l’effet du traitement dissipé.

- Mon cerveau sera aussi plus rapide ?

- Oui, ce médicament touche tous les organes. Tu bouges, respires, réfléchis bien plus vite, sous son effet. Mais le changement subit de rythme métabolique peut provoquer de graves séquelles… En supposant que tu survives.

- Ce n’est pas comme si j’étais fragile, déclara le blessé. Je comprends les risques, assura t-il en voyant le regard interloqué de Shol, mais je veux boire cette potion.

Le mage poussa un long soupir.

- Ce ne sera pas faute de t’avoir prévenu, mon gars.

Sur ce, il sortit de la chambre, et y entra de nouveau quelques minutes plus tard. Il tendit vers le voleur une minuscule fiole emplie d’un liquide bleuâtre. Ce dernier s’en empara d’un geste lent.

- Bois tout,  j’ai dosé.

Andil hésitait. Il savait que rester chez son hôte pendant des semaines était risqué. La garde de Valgos le cherchait en ce moment même, en plus des hommes de main de Clavilius. Il estimait qu’il se passerait environ une semaine avant que tout ce monde étende ces recherches jusque chez le mage. Il n’avait pas le choix, il devait boire pour être sur pied quelques jours plus tard et prendre la fuite aussitôt. Mais pour aller où ?

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Il avala d'une gorgée le contenu de la fiole. Elle avait un goût très acide.

- Je ne sens rien… C’est normal ?

- Attends qu’elle soit digérée. Dans quelques heures, mon gars, le monde te paraîtra étrangement lent. L’effet se dissipera dans cinq jours. La malléole externe est sévèrement fracturée, d’ici là, il faut ménager ta cheville. Compris ?

- Compris. En attendant, qu’est-ce que je vais faire ?

- On discutera ensemble.

- Génial, grogna le blessé avec mécontentement.

- Je te laisse, mon gars, j’ai du travail.

Shol sortit de la pièce, et Andil se retrouva seul.

Sans qu’il puisse s’expliquer pourquoi, il trouvait son hôte sympathique. Il n’était ni très amical, ni très charismatique, mais il y avait chez lui une espèce d’aura de bienveillance. Il semblait n’être fait que de bonté et de bonnes intentions. Le fugitif avait envie de se confier à lui, mais sa méfiance habituelle avait le dessus pour le moment.

Des heures après cette conversation, il essayait vainement de trouver le sommeil, lorsqu’il sentit son corps se transformer.

Son pouls s'accéléra brutalement. Chacun de ses membres se convulsèrent violemment, il sentit une vague de chaleur secouer son être. Il avait la chair de poule, son corps entier brûlait de l’intérieur. Sa respiration devenait très rapide, il sentait sa poitrine se soulever puis s’affaisser bien trop vite. Ses jambes et ses bras se raidissaient, s’étiraient, à tel point que le voleur eu l’impression de se faire écarteler. La chaleur s’accentua, puis une violente douleur s’empara de lui, si bien qu’Andil voulu hurler. Mais avant même qu’un son ne sorte de sa bouche, cette étrange crise s’évanouit brusquement.

Tout son corps, en ébullition il y a quelques secondes de cela, retrouva son état normal en un instant. Il gisait là, étendu sur le lit, tout à fait immobile. Le voleur passa sa main sur son visage. Il se sentait bien, il n’y avait rien d’anormal. Il se demanda même si la potion avait réellement de l’effet. Il se redressa, pour s'asseoir. Les paroles de Shol lui revinrent à l’esprit. Il lança son oreiller en l’air. Celui-ci se déplaça lentement dans le vide, en tombant peu à peu. Il compta cinq secondes avant que l’oreiller ne touche le sol.

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© Photo ci-dessus : http://www.marieclairemaison.com

Les deux jours qui suivirent, Andil s'ennuya fermement. Il percevait le monde d'une autre manière, comme le lui avait expliqué le mage. Tout se passait avec une lenteur exaspérante, et ainsi, la journée devenait interminable. Le moindre de ses mouvements, devenu extrêmement rapide, surprenait Shol. A l'inverse, le fugitif devait patiemment attendre que son hôte finisse chacune de ses phrases. Les plus longues d'entre elles pouvaient durer cinq minutes selon Andil. Il devait ensuite se forcer à parler lentement pour que son interlocuteur le comprenne. Malgré ses efforts, il n'était pas rare qu'il lui soit demandé de répéter moins vite. Le voleur restait presque constamment dans la chambre, et y dormait une grande partie de son temps. Lorsqu'il s'éveillait, il rêvait de l'usage qu'il pourrait faire de la potion de Shol si seulement son effet était plus court.

Il boirait, puis, trois ou quatre heures après, son corps empli d'une énergie mystérieuse s'introduirait dans une demeure vide qu'il aurait espionnée auparavant, pour y prendre tout objet de valeur. D'ordinaire, un cambriolage pouvait durer entre dix et vingt minutes, sans prendre le temps de fouiller toute la maison. Mais grâce à la potion, il pourrait la retourner dans tous les sens plusieurs fois, en crochetant toutes les serrures de la maison, sans y rester plus de quatre ou cinq minutes...

Andil avait l'habitude de préparer soigneusement chacun de ses cambriolages en rôdant autour de sa «cible». Il choisissait les plus belles demeures, celles dans lesquelles il était sûr de pouvoir trouver le meilleur butin possible. En espionnant toute une journée, il pouvait savoir qui vivait là, l'emploi du temps du maître de maison et de sa famille, de ses éventuels domestiques. Le voleur ne prenait aucun contact avec eux, il se contentait d'observer, et de noter chacun de leurs faits et gestes. Toutes ses séances d'espionnage ainsi que le cambriolage lui-même se passaient toujours le même jour. Andil évitait de choisir un Dimanche, jour pendant lequel la maison ciblée était en général constamment occupée. Il fallait tout d'abord être certain que la maison soit vide pendant qu'il passait à l'acte, et il notait soigneusement les heures les plus favorables à son crime. Il ne devait pas y avoir de témoins non plus, et il préférait choisir d'intervenir tôt le matin ou bien tard dans la nuit.

Puis, il fallait trouver l'accès le plus simple possible. Andil évitait les effractions trop flagrantes. Si on laissait une fenêtre ouverte par inadvertance, il s'y engouffrait avec plaisir, étant donné que le crochetage de la porte d'entrée pouvait prendre un temps considérable selon la serrure. Une fois à l'intérieur, il cherchait tout d'abord des coffres forts, des boîtes à bijoux, des cachettes diverses dans lesquelles se trouvaient le butin de valeur. Le cambrioleur ne pouvait en saisir énormément, car en cas de fuite forcée, toute acrobatie était impossible. Avec un sac bourré de tableaux ou d'argenterie, il serait ridiculement arrêté. L'idéal était de trouver des pierres précieuses, des pièces d'or ou des bijoux. Il remplissait un petit sac accroché à la ceinture, ou glissait ce qu'il pouvait dans ses larges bottes. Il ne prenait que peu de temps, toujours moins de vingt minutes, et repartait en s'assurant que personne ne le voyait.  Plus il était discret et rapide, moins l'intervention était risquée.

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Andil éprouvait de véritables frayeurs, dans ces moments d'avides et frénétiques recherches. Le moindre bruit le faisait sursauter, malgré ses efforts pour conserver son sang-froid. Il savait pertinemment qu'un cambriolage n'était absolument jamais sûr. Malgré des semaines de préparation, de repérage. Malgré une effraction nette, sans bavure. Malgré une connaissance parfaite des lieux, de ses habitants. Malgré une discrétion, une vitesse irréprochable. Malgré une grande expérience en la matière. Malgré tout cela, il suffisait d'un imprévu – un simple détail – pour bouleverser la situation et condamner Andil. Un témoin jaillissant de nul part, un habitant s'éveillant subitement au beau milieu de la nuit. Un hasard du destin suffisait pour tout gâcher. La bête noire du cambrioleur. Une source de stress, d'angoisse perpétuelle.

Et à présent qu'il bénéficiait d'une boisson capable d'anéantir cette peur, de le rendre invulnérable, insaisissable... Il devait rester là, comme un patient faible et incapable de s'appuyer sur sa jambe gauche. Toute la journée – qui semblait en durer trois – à ne rien faire d'autre que dormir, et manger. Un calvaire qu'Andil avait du mal à supporter. Shol venait parfois prendre de ses nouvelles pendant la journée, mais ils parlaient beaucoup le soir, et dînaient ensemble.

Bientôt, Shol sut presque tout de la vie d'Andil. Elle se résumait très simplement, par une enfance passée à vagabonder dans les rues, à trouver la protection de quelques bienveillantes personnes, à en fréquenter de mauvaises. Il raconta aussi son premier amour, sa fin, son désespoir. Et la solitude, la méfiance qui l'habita. Le mage l'écoutait avec beaucoup d'attention et de compassion. Pouvoir enfin faire confiance à quelqu'un avait réellement libéré Andil d'un poids pesant sur sa conscience.

"la magie oubliée,chapitre ii" : un roman genial signé matbak

© Photo ci-dessus : http://www.etrecreateur.com

Le soir du second jour, après la discussion mettant fin à l'histoire d'Andil, le voleur alla se coucher. Pour la première fois depuis longtemps, il se glissa sous les couvertures avec l'agréable sentiment d'avoir passé une excellente journée accompagné d'un ami. Un sourire sur le visage, il réalisa qu'il n'avait plus la moindre envie de s'enfuir une fois sa cheville guérie. Il sentait nettement qu'il ne s'écoulerait plus beaucoup de temps avant qu'elle ne se rétablisse complètement. Il avait enfin trouvé quelqu'un à qui il pouvait faire confiance, et cela arrivait maintenant qu'il était en cavale. Il savait bien que tôt ou tard, les gardes de Valgos organiseraient leurs recherches du côté de la forêt, et trouveraient la maison du mage. Si Andil était encore là à ce moment, Shol serait reconnu comme étant son complice, et condamnable au même titre que lui. Cependant, s'il devait fuir, il ne savait pas où aller. Errer seul sur les routes le ferait repérer bien trop vite. S'il s'en éloignait, il se perdrait au milieu de la nature, où il ne saurait survivre, ni se repérer. Andil se laissa bercer par le cours de ses pensées, et finit par sombrer dans le sommeil.

Il regretta plus tard de ne pas avoir agit ce soir là.

Fin du IIème Chapitre. La suite bientôt, très bientôt, dans le IIIème Chapitre !

© Matbak, le 26 avril 2014, pour LTC Lecture.

 

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A lire aussi du même auteur : http://latourcamoufle.hautetfort.com/v-anne-ite

05/02/2014

"COU DE FOUDRE..."

cou de foudre,coup de foudre

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Photos ci-dessus : Koyuki Katō (加藤小雪).

 LES CANONS DE LA BEAUTé NIPPONNE...

"Le cou d’une femme est l’ultime frontière entre son esprit et les courbes fertiles de son corps." (1)

JAPON VU EN DOS MAJEUR : "Il existe un canon, dans la peinture japonaise, nommé mikaeri bijin, qui consiste à représenter la beauté d’une femme dans le mouvement par lequel elle se retourne en révélant la torsion de sa nuque."

Christian Doumet in "Japon vu de dos."

(un livre à lire)

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INFO+ : http://www.fatamorgana.fr/livres/japon-vu-de-dos

http://fr.wikipedia.org/wiki/Koyuki Katō

 & http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Dernier_Samouraï

 Photo ci-dessous :

Estampe d'Utamaro Kitagawa "Femme se poudrant la nuque."

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26/01/2014

LES RDVS CULTURELS DES BMS DE METZ...

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08/01/2014

"V- ANNE - ITé." (UNE NOUVELLE SIGNéE ©MATBAK.)

 v- anne - ité,(une nouvelle signée © matbak.),matbak pour ltc lecture

« Narcisse », par Le Caravage (v. 1595).

 

Notre jeune ami écrivain de talent Matbak, le 26 avril 2013, nous enchantait, couchant sur les pages d’LTC Lecture, avec sa plume féconde de qualité, le premier chapitre de "La Magie Oubliée."(1), un roman génial mêlant le fantastique et l’aventure, né en direct sur LTC, dont on attend la suite… Le 1er juillet 2013, il récidivait sur LTC avec une nouvelle croustillante intitulée "Un Eléphant Dans Un Cagibi."(2), dans laquelle il nous contait les mésaventures à suspens d’un pachyderme qui avait plutôt intérêt à protéger l’ivoire de ses défenses… L’action décalée se passait dans un collège du Finistère… Aujourd’hui, Matbak nous revient démarrant l’année 2014 avec une nouvelle intitulée "V- Anne - Ité". C’est écrit en français dans le texte, c’est relativement court (quatre pages sous Word) et cela se lit avec beaucoup de plaisir. Matbak nous mène progressivement où il le souhaite ; c’est-à-dire, là où l’on s’y attend le moins, avec brio, prouvant que la quête à la beauté, l'obsession de soi, peut mener n’importe qui à sa perte ! Je vous invite à lire cette petite merveille littéraire qui m’a été livrée sans coquille.

Jean DORVAL,

LTC Lecture : Découvreur de talent !

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v- anne - ité,(une nouvelle signée © matbak.),matbak pour ltc lecture

"Echo et Narcisse", by John William Waterhouse, 1903, Walker Art Gallery, Liverpool.


"V- ANNE -ITé."

19 février 1612.        

Anne était assise à côté de son fiancé Thibault, dans la diligence. La jeune femme s’ennuyait. Elle écoutait d’une oreille la voix mielleuse de son amant, et de l’autre, le trot régulier des chevaux. Elle trouvait le deuxième son plus intéressant, moins monotone et plus sensé que le premier. De temps en temps, Thibault posait sa main sur son épaule, demandait timidement : "N’est-ce pas ?" Devant ce regard interrogateur, Anne restait béate une seconde, avant d’acquiescer distraitement. Il s’en satisfaisait et reprenait son monologue.

Ils se rendaient, ainsi que leur suite, dans leur nouveau château. Le voyage durait depuis une semaine, et continuerait encore quelques jours avant d’arriver à son terme. Fille de duc, Anne avait grandi dans la richesse et le luxe. Ses moindres désirs auraient pu être satisfaits, cependant, depuis son enfance elle ne voulait qu’une chose par-dessus tout : être belle, magnifique, sublime. Elle faisait dépenser une fortune en vêtements et accessoires en tous genres. Elle voulait une robe, on lui achetait, on la complimentait. Peu importe ce que l’on pouvait dire ou faire, elle penserait toujours être horrible, qu’elle devrait rester discrète pour ne pas que l’on se moqua d’elle. Elle niait les compliments, et répondait  avec gêne : "Non, vous dites cela juste pour me faire plaisir."

Thibault, lui, n’était pas d’origine noble, sa famille s’était enrichie depuis quelques années à peine en investissant de grandes sommes dans le commerce. Il était prétentieux, parfois cupide (sauf quand il s’agissait de dépenser pour sa femme) et aimait posséder tout ce qu’il trouvait beau. Anne n’en était pas vraiment amoureuse, mais s’était fiancée à lui car il était l’un des rares hommes à ne pas l’encenser sans cesse. En vérité, elle ne le savait pas, mais il ne la considérait que comme un objet. Néanmoins, elle était un objet très spécial, une œuvre d’art unique, admirable, qu’il avait acquit pour trois fois rien et qui était la pièce maîtresse de sa collection. Qui donc s’adresserait à une sculpture ou à une peinture ? Ainsi, il ne lui exprimait aucun amour, il se contentait de satisfaire les désirs matériels de sa fiancée, ne lui parlait que pour tromper l’ennui, comme à ce moment, dans le fiacre.

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"Vanité » de Hans Memling",

(élément du Triptyque « La Vanité terrestre et la rédemption céleste », 1485).

Le soleil allait bientôt se coucher lorsqu’Anne s’empara de son miroir, et s’y regarda. Thibault radotait en observant le paysage qui défilait lentement. Sa chevelure lisse d’un blond très clair (presque blanche), que beaucoup de femmes jalousait, la dégoûtait. Elle s’attarda sur la pâleur de sa peau, ce visage qu’elle trouvait froid, abominable, que d’autres voyaient angélique. Son nez était trop pointu, ses lèvres, pas assez rouges, son front, pas assez bas. Son cou, tout aussi blanc que sa face, était long et rachitique, bien que d’autres le trouvèrent gracieux. Ses yeux gris-bleus, brillant d’une lueur glaciale, la dérangeaient par dessus tout. Elle avait l’impression, en se voyant, que son reflet lui-même la haïssait, lui reprochait de lui faire ressembler à ceci.  Lorsqu’elle remarqua un minuscule bouton apparu sur son menton, elle grimaça, et son visage déformé devint encore plus affreux.

Thibault entendit sa future femme geindre, s’interrompit pour tourner la tête vers elle. En comprenant qu’il parlait dans le vide depuis au moins deux bonnes minutes, il fut prit d’une soudaine crise de colère, et hurla alors que sa face s’empourprait : "Tu vas m’écouter, oui ?!" Il saisit brusquement le miroir, ouvrit la portière et le jeta avec hargne avant de refermer. Il lança un regard noir sur Anne, qui avait les larmes aux yeux. La jeune femme se mit à pleurer comme une gamine à qui on aurait pris ses bonbons. L’homme reprit son calme en réalisant qu’elle ne l’écouterait pas dans cet état. Il dût arrêter toute la procession pour rechercher le miroir de madame. Les serviteurs fouillaient les environs en grommelant. Après une heure de recherche durant laquelle Anne n’arrêta pas un seul instant de pleurnicher, on finit enfin par lui rapporter fièrement l’objet… Ou du moins ce qu’il en restait, c’est-à-dire quelques morceaux difformes et inutilisables.

Les voyageurs  repartirent. Anne était inconsolable, et son fiancé était pris de terribles remords. Il la suppliait de se calmer, de penser à autre chose. Il s’excusait encore et toujours, lui promettait de faire installer un millier de miroirs dans leur chambre. Elle finit par essuyer ses larmes, en imaginant une vaste pièce peuplée par sa propre image. Elle avait beau se trouver laide, elle aimait – sans qu’elle puisse expliquer pourquoi – se voir, se juger. Dans sa vanité hautaine, elle n’accordait d’importance à aucun avis autre que celui de son reflet. Inconsciemment, elle ne cherchait pas réellement à être belle, mais à se trouver belle, à s’aimer. Objectif qu’elle ne pouvait atteindre sans réaliser qu’il est impossible d’être parfaite à ses propres yeux, elle qui connaissait mieux que quiconque ses moindres petits défauts... Physiques.

 

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"Vénus à sa toilette" ( ou "Vénus au miroir") par Le Titien en 1555.

Moins d’une demi-heure plus tard, les fiancés et leur suite firent halte pour la nuit, sur le bord de la route. Les domestiques dressèrent de vastes tentes, installèrent une petite partie du mobilier des amants dans celle qui appartenait à ces derniers. Anne s’apprêtait à se coucher, lorsqu’elle se souvint que sa servante, nommée Sophie, gardait souvent un miroir avec elle. Elle la fit quérir, et celle-ci se présenta. Elle expliqua confusément qu’elle avait perdu son miroir, et demanda pardon à sa maîtresse. La servante finit par avoir une idée brillante, qu’elle expliqua avec empressement : elle allait prendre une petite bassine qu’elle remplirait d’eau, ainsi Anne pourrait s’y regarder. Elle ne fut qu’à moitié convaincue, mais elle l’envoya tout de même chercher de l’eau dans la rivière qui coulait non loin d’ici. La servante s’exécuta, elle revint un quart d’heure plus tard, le récipient rempli d’une eau légèrement opaque. Sa maîtresse se pencha au-dessus de la surface de son "miroir".

Pour elle, ce fut un véritable choc. Elle ne s’attendait qu’à voir son visage laid, moins nettement que sur un vrai miroir. En vérité, elle avait l’impression de voir une autre femme. Son reflet, joyeux, avait complètement changé d’aspect. Le teint blafard qu’elle n’aimait pas était soudainement devenu plus chaleureux, plus vivant. Toujours pâle, certes, mais quelque chose qu’elle ne distinguait pas la transformait. Ses cheveux brillaient de mille feux, et elle apercevait comme un éclat d’or au fond de ses yeux. L’eau lui donnait un reflet d’elle moins précis, ainsi son bouton devenait invisible. Enchantée par cette vision extraordinaire, ravie par son propre charme, elle se mit à danser, bondir en tous sens, hurlante de joie.

Cette réaction inattendue surprit Sophie, qui ne comprenait pas ce qu’il y avait là de si réjouissant. Elle ne comprenait d’ailleurs jamais, lorsque sa maîtresse boudait, en prétendant être horrible. C’était une femme fine, élégante et de toute beauté, à l’avis de tous. Sophie n’était pas autant préoccupée par son image, elle. La servante se contentait humblement d’accomplir son devoir de domestique avec soin. Anne se précipita vers son fiancé, dans leur tente, pour lui annoncer allégrement qu’il n’était pas nécessaire de tapisser les murs de leur chambre avec des miroirs. Sophie, curieuse, se pencha à son tour sur l’eau miraculeuse. Elle n’y vit rien de particulier, au premier abord. Cependant, en regardant dans l’eau, ignorant son reflet, elle comprit, et se mit à rire à gorge déployée.

Les jours se suivirent et se ressemblèrent. Anne était souriante, elle riait et chantait, pour le plus grand bonheur de Thibault. Quoi de mieux, lorsqu’en plus d’être beau, un chef d’œuvre artistique respire la joie et la bonne humeur ?

Plusieurs fois par jour, Sophie allait chercher avec la même bassine, la même eau, dans la même rivière, comme le demandait sa maîtresse. La route s’éloignait peu à peu du cours d’eau, ainsi elle devait faire des allers-retours de plus en plus longs. Elle ne disait rien, car elle trouvait la farce bien plaisante. La pauvre folle accueillait chaque fois la venue de son "miroir divin" en se signant, une croix à la main. Devant son récipient, elle adressait une prière solennelle, puis se délectait de sa propre splendeur, avant de plonger brièvement son visage dans l’eau. Une fois le rituel accompli, elle ordonnait que l’on jette l’eau, comme ci celle-ci fut usagée.

Puis, lorsque le couple et leur suite s’installèrent enfin dans leur nouvelle demeure, le chemin jusqu’à la rivière devint extrêmement long. Alors, pour gagner du temps, les deux femmes y allaient ensemble, à cheval. Elles partaient le matin, revenaient le midi, ce qui agaçait un peu Thibault, mais rien ne put arrêter la volonté de sa fiancée. Anne procédait toujours au même rituel, chaque matin.

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 Narcisse tableau de B. Conda de Satriano (fin du XIXe siècle).

Une matinée, lors d’une belle journée d’été, elles s’installèrent au bord de l’eau, à l’ombre d’un bosquet de pins. Sophie lisait, et sa maîtresse contemplait la rivière, comme hypnotisée par le courant. Soudain, sa voix s’éleva par-dessus le grondement de l’eau :

- Et si je plongeais ?

Anne se leva, fit un pas. Il suffisait d’en faire un de plus pour se jeter dans la rivière. La servante la rejoignit lentement. Elle voyait que sa maîtresse tremblait. Lorsqu’elle vit son visage, Sophie fut prise d’un terrible effroi : Anne avait les yeux exorbités, fixés sur l’eau. Un immense sourire figé envahissait son visage. Elle se pencha en riant doucement. Un rire sombre, empli de démence.

- Vous ne pouvez pas, murmura Sophie. Le courant est trop fort, l’eau trop profonde.

- Elle est miraculeuse. Si je deviens belle en me voyant dedans, tu imagines quel effet elle aura si je m’y plonge entièrement ?

- Le courant est trop fort, répéta Sophie, la voix presque éteinte. Les rapides ne sont pas loin, vous risquez…

- Tais-toi !

Anne repoussa violemment Sophie qui tomba en arrière. Assise par terre, elle n’osait plus bouger, choquée. Elle resta de marbre quelques instants avant de déclarer :

- Je sais pourquoi tu tentes de me dissuader. Tu as enfin compris à quel point cette eau sainte est bénéfique. Tu es jalouse, tu veux revenir ce soir, pour y plonger sans moi !  Tu me prends pour une imbécile ! Mais crois-moi, je vais me baigner, et lorsque je sortirais, éclairée par la lumière divine, tous seront éblouis par l’éclat de ma beauté.

 

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© florence blin Une rivière un peu contrariée...

in : http://photos.linternaute.com/photo/riviere-bouillonnante

Elle prononça lentement ces derniers mots, savourant leur signification. Après un dernier éclat de rire, elle se jeta à l’eau. Immédiatement, elle fut emportée par le courant, ballotée en tous sens, parfois submergée. Personne ne la revit plus jamais. Sophie conta l’histoire à Thibault, lui expliquant que l’eau de cette rivière regorgeait de fines paillettes d’or. Il ne fut pas vraiment surpris de cette triste fin, et déclara simplement qu’il regrettait de ne pas avoir conté la légende de Narcisse à sa fiancée.

©MATBAK, le 08.01.2014, pour LTC Lecture.


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INFO+ : https://twitter.com/matbak09

http://fr.wikipedia.org/wiki/Narcisse_mythologie

Notes :

(1) http://latourcamoufle.hautetfort.com/archive/2013/04/26/la-magie-oubliee-un-roman-genial-signe-matbak.html

(2) http://latourcamoufle.hautetfort.com/archive/2013/07/01/un-elephant-dans-un-cagibi.html

ALIX SOUS LE TRAIT D’UN DES SUCCESSEURS DE JACQUES MARTIN.


Publié chez Casterman le 24 avril 2013, "La Dernière Conquête", le Tome 32 de la Série Culte "Alix" - une superbe BD issue de l’Ecole au Trait - marque le grand retour du héros blond antique, relancé par le dessinateur Marc Jailloux [qui avait précédemment écrit et dessiné "Les Oracles" (une aventure d’Orion)], un des héritiers (avec entre autres Régric) du Maître Jacques Martin mort voici trois ans. Le scénario est écrit par Géraldine Ranouil et la colorisation faite par Corinne Billon. Si Hergé, des années avant sa mort, avait déclaré et décidé que Tintin mourrait avec lui ; Jacques Martin, bien au contraire, a pris soin avant sa propre disparition d’assurer sa relève, en formant ses successeurs. Ainsi Lefranc, Jhen, Orion, Keos, Loïs et Alix, ses Personnages, sont toujours vivants, en pleine forme même et comme d’habitude dans l’Action. Les toutes dernières aventures d’Alix ont un point en commun entre elles, elles traitent du temps qui passe, de la question de la délégation et de la passation du Pouvoir ("Le Testament De César", "La Conjuration De Baal" et "L’Ombre De Saparis"). Dans "La Conjuration De Baal", comme le titre l’indique, l’intrigue repose sur la volonté d’une organisation secrète aspirant à renverser les institutions en place. Par la volonté de Jules César, il en va de même avec "La Dernière Conquête".

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"VENI, VIDI... VICI ?" (1)

"La Dernière Conquête" démarre au cœur de l’Antiquité. A Rome, la guerre civile est sur le point d'éclater entre Pompée, le général et homme d’Etat qui administre Rome depuis des années et son rival Jules César, qui vient tout juste de rentrer de Gaule en conquérant victorieux, auréolé de gloire et débordant d’ambition. En effet, César au zénith de sa puissance s’apprête à transformer la République Romaine en Empire. La Balance du Pouvoir va changer de camp... Il est sur le point de "franchir le Rubicon", pour faire le coup d’État qui fera de lui le Maître de Rome. Pour ce faire, ne pouvant se contenter de ses conquêtes occidentales, et fasciné par l'Orient, il entend trouver une légitimité en se présentant comme l’Héritier direct du plus grand de tous les conquérants : Alexandre III de Macédoine dit "Alexandre Le Grand". César confie alors une mission secrète à Alix, fidèle d’entre les fidèles : retrouver le tombeau d’Alexandre afin de lui ramener son Anneau représentant une tête de lion, symbole du Pouvoir Absolu du Roi-Dieu. Celui qu’Alexandre, sur son lit de mort, abandonne sans désigner son successeur, en disant : "Je lègue l’Empire à… celui qui s’en trouve digne !" La guerre de succession démarrée pendant son agonie ne trouvera sa fin qu’avec la chute de l’Empire. La dépouille d’Alexandre est abandonnée sur son lit de mort sans sépulture… César voit dans l’Anneau à la fois une Protection Divine et l'instrument de ses desseins : le Porteur de l'Anneau pourra légitimement revendiquer l'union politique de l'Orient et de l'Occident.

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CéSAR SERA-T-IL LE SEIGNEUR DE L’ANNEAU ?

Alix trouvera-t-il cet Anneau Sacré ? Rien n’est moins sûr ! Il joue cependant une nouvelle fois, malgré lui, au Libérateur, investi d’une mission quasi-messianique. En s’enfonçant dans les paysages escarpés, dans les ténèbres des cryptes et des tombeaux de l’Asie Centrale, aux limites de l’ancien Empire d’Alexandre, il apporte la Lumière partout où il passe. Avec une seconde partie de l’album "tournée" dans des décors naturels aux tons magnifiquement colorisés, Marc Jailloux prouve avec brio que le public n’a pas besoin d’être entraîné sur Mars pour être dépayser, la magie du désert suffit ! Pour retrouver l'Anneau, Alix ne dispose que d’un début de piste : de mystérieuses pièces d'or frappées à l'effigie d'Alexandre. Sous la conduite d'un prisonnier, l'étrange Asham, Alix, Enak (le complice de toujours d’Alix) et le gaulois Luctérius, l'homme de confiance de César, s'efforcent d'en retrouver la provenance. Direction le Levant ! Affrontant mille dangers, dans l’incertitude la plus totale, ils ne savent pas encore qu'ils parviendront jusqu'à l'étrange et sauvage Bactriane - l'actuel Afghanistan - ultime conquête d'Alexandre le Grand, devenue une terre dévastée. Un grand moment d’Histoire et de fiction mélangées, une aventure qui prend aux tripes. Au point que tout au long de la lecture de cette passionnante BD, on garde la main sur son glaive, pour parer à toute éventualité… Comme quoi, une bonne BD avec un scénar "au top" peut faire endosser le rôle du personnage dont on lit les péripéties. Mais, je dois vous laisser, car je pars moi aussi à la recherche de l’Anneau. Ce sera moi, le Seigneur de l’Anneau, et j’arriverai avant Alix. Qu’on se le dise ! Hihihiiihiiiiii, on ne se refait pas !

 

© Jean DORVAL, le 07.01.2014, pour LTC Lectures.


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INFO+ : http://bd.casterman.com

Note :

(1)  D’après la célèbre citation de Jules César le tautogramme « Vini, vidi, vici », dont la traduction est la suivante :« Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu. ».

06/01/2014

L’ENFANT STALINE SERA-T-Il (de nouveau...) "LE (futur...) PETIT PèRE DES PEUPLES" ?

l'enfant staline 1.jpg

La BD "L'Enfant Staline" des auteurs Thierry Robberecht, Régric et Jacques Martin, de l’École au Trait, est parue le 21 août 2013. Il s’agit du 24ème Tome de la célébrissime "Série Lefranc". L’action se passe à Moscou en février 1953, donc au tout début des années Khrouchtchev (1953-1964).

la bd « l'enfant staline » des auteurs thierry robberecht,régric et jacques martin,de l’ecole au trait,est paru le 21 août 2013. il s’agit du 24ème tome de la célébris,onde septimus,parution,décembre 2013,les aventures de blake et mortimer,d'aprèsles personnages d'edgar p. jacobs,jean dufaux,antoine aubin,bd,étienne schréder,couleur : laurence croix,tc lecture annonce,metz,grands salons de l'hôtele de ville,le livre en hiver,dimanche 15 décembre 2013,élise fischer,et plus de 50 auteurs,en partenariat avec la ville de metz,astérix chez les pictes,a. uderzo,r. goscinny,scénario,jean-yves ferri,dessins,didier conrad editeur,les editions albert rené,première édition,en album : 24 octobre 2013,kabîr,la flûte de l'infini,inde,poète,traduction,andré gide,rabindranath tagore,l'intégral des poèmes,henriette mirabaud-thorens,édition de jean-claude perrier,nrfgallimard,paul éluard et man ray,les mains libres,n elephant dans un cagibi,matbak,jeune écrivain de talent,une nouvelle,les insolivres : chapitre vi

Guy Lefranc est donc en visite au cœur de "l’empire rouge (sang communiste)", au sein d’une délégation de journalistes couvrant une tournée d’écrivains occidentaux en U.R.(S.S). Si certains ne cachent pas leur admiration pour "les réalisations staliniennes"(1), d’autres ont (heureusement) des opinions diamétralement opposées. A l’image de l’anglais Byrne qui est en fait un espion ayant trouvé ce prétexte afin de venir récupérer des documents ultraconfidentiels auprès de Paulina Tikhonov, une généticienne. Mais il est trahi et découvert. On n’échappe pas si facilement que cela à une tyrannie ! Il a juste le temps de remettre à Guy Lefranc un volumineux "dossier rouge" (comme par hasard…) avant d’être kidnappé en public et tué par les services secrets soviétiques dans leur QG [de devoir de mémoire pour les millions de victimes, le sinistre MGB (Ministère de la Sécurité Gouvernementale, ancêtre du KGB, police politique, équivalent de la gestapo pour l'ex-bloc communiste)]. la bd « l'enfant staline » des auteurs thierry robberecht,régric et jacques martin,de l’ecole au trait,est paru le 21 août 2013. il s’agit du 24ème tome de la célébris,onde septimus,parution,décembre 2013,les aventures de blake et mortimer,d'aprèsles personnages d'edgar p. jacobs,jean dufaux,antoine aubin,bd,étienne schréder,couleur : laurence croix,tc lecture annonce,metz,grands salons de l'hôtele de ville,le livre en hiver,dimanche 15 décembre 2013,élise fischer,et plus de 50 auteurs,en partenariat avec la ville de metz,astérix chez les pictes,a. uderzo,r. goscinny,scénario,jean-yves ferri,dessins,didier conrad editeur,les editions albert rené,première édition,en album : 24 octobre 2013,kabîr,la flûte de l'infini,inde,poète,traduction,andré gide,rabindranath tagore,l'intégral des poèmes,henriette mirabaud-thorens,édition de jean-claude perrier,nrfgallimard,paul éluard et man ray,les mains libres,n elephant dans un cagibi,matbak,jeune écrivain de talent,une nouvelle,les insolivres : chapitre viNotre célèbre héros-journaliste, dès lors, se retrouve dépositaire d’un document ultrasensible, classé ultrasecret, estampillé "Petit frère", sur un mystérieux enfant de 12 ans, dont la ressemblance avec Staline au même âge est plus que frappante. Cette info sensible de la plus haute importance reste une énigme pour Lefranc, jusqu’à l’arrivée de Paulina Tikhonov. En effet, elle lui révèle que dans le plus grand secret, les savants (fous) soviétiques ont réussi à copier l’ADN du dictateur Staline, et donc… à cloner leur "grand" dirigeant, qu’ils immortalisent pour lui faire "reprendre du service" grâce à la génétique… Bien malgré lui (mais pour la bonne cause), une fois de plus, Lefranc se retrouve brusquement investi d’une mission salvatrice pour l’Humanité : faire échouer ce projet trop dangereux pour la paix, la liberté, l’équilibre et la survie du Monde (Libre) tout entier !

© Jean DORVAL, le 06.01.2014, pour LTC Lecture.


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INFO+ : http://bd.casterman.com

 

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Note :

(1)  L’ère stalinienne, qui a pris fin à la mort du tyran rouge le 16 octobre 1952, a fait plusieurs dizaines de millions de morts (famine, torture, purge, déportation dans les goulags des opposants politiques, etc.), sans jamais faire l’objet d’un jugement pour crime contre l’Humanité.

PS : Il faut lutter contre toutes les formes de dictature : communisme, fascisme, nazisme, apartheid, ultralibéralisme, fondamentalisme, etc.

20/12/2013

LTC LECTURE ANNONCE LA PARUTION DE "L'ONDE SEPTIMUS" LE DERNIER TOME DE LA SéRIE "BLAKE ET MORTIMER."

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Le 22ème album du duo créé par Edgar P. Jacobs vient de débouler en librairie. Les dernières aventures de Blake et Mortimer intitulées "L’Onde Septimus" sont l’œuvre du scénariste Jean Dufaux et du dessinateur Antoine Aubin (aidé par Etienne Schréder). Laurence Croix s'est occupée de la couleur. Une intrigue palpitante dans laquelle Mortimer ne parvient pas à percer le mystère de "l'Onde Méga" et encore moins le fonctionnement du Télécéphaloscope de Septimus. Tout lui échappe ! Qu'est-ce qui peut bien provoquer toutes ces interférences ? Cela a-t-il un lien avec l’inconnu en chapeau melon qui arpente les rues de Londres en demandant après "Guinea Pig" ? Les auteurs revisitent dans cette BD de très belle facture "La Marque Jaune" (le Tome VI de la série paru en 1956). Ils prolongent ainsi le mythe et signent le grand retour d'Olrik sur les quais de la Tamise… Tout un programme à ne surtout pas louper !

© Jean DORVAL, le 20.12.2013, pour LTC Lecture.

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11/12/2013

LTC LECTURE ANNONCE...

IMG.jpgjean dorval pour ltc lecture,bd,bande dessinée,21ème rencontres de bd,marly,moselle,8 et 9 octobre 2011,festival bd de marly,entrée gratuite,centre socio-culturel la louvière,centre pompidou-metz,metz,lorraine,france,programme,et liste des auteurs,âcco,une semaine sur deux,fluide-g,www.pacco.fr,last day,le droit des pères,séparation père enfant,ma fille,ma bataille,injustice française

20/10/2013

"ASTERIX CHEZ LES PICTES" : SORTIE LE 24 OCTOBRE PROCHAIN !

 

Le 24 octobre 2013, "Astérix chez les Pictes" débarque dans toutes les librairies du Monde Connu ! Les Pictes ? Oui, les Pictes ! Ces peuples de l'ancienne Ecosse, redoutables guerriers aux multiples clans, dont le nom, donné par les Romains, signifie littéralement "les hommes peints". "Astérix chez les Pictes", c'est donc un voyage épique vers une contrée riche de traditions, et la découverte d'un peuple dont les différences culturelles se traduiront en gags et jeux de mots mémorables. Sur les forums de lecteurs, les paris sont ouverts et les discussions impatientes s'enchaînent... Du whisky ? Des lancers de troncs ? Des cornemuses ? Des noms en Mac ? Les origines du mur d'Hadrien et du monstre du Loch Ness enfin dévoilées ? Et même, qui sait, des Gaulois en kilts... Le suspense est entier !

Rendez-vous chez votre libraire le 24 octobre 2013 pour ce qui s'annonce déjà comme un classique de la série Astérix : "Astérix chez les Pictes" !

INFO+ : http://www.hautetfort.com/admin/posts/post.php


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14/10/2013

"KABÎR, PAUL ELUARD ET MAN RAY : VERS LIBRES POUR JEUX DE MAINS INEDITS."

IMG_0005.jpgLe très bel ouvrage  « La Flûte (à mains, nda) de l’Infini » du Poète Indien Kabîr (né vers 1440 à Bénarès et mort en 1518 à Maghar), d'après les traductions inédites d’André Gide, est issu de la version anglaise établie par Rabintranath Tagore (Inde). Il est suivi du recueil intégral des Poèmes de l’artiste des mots orientaux, lui-même traduit par Henriette Mirabaud-Thorens dans son authenticité de 1922 (Edition de Jean-Claude Perrier) (NRF, Poésie/Gallimard 2012). Ce recueil poétique est bilingue anglais/français et rompt avec la présentation traditionnelle indienne, et ses intitulés très spécifiques : « chansons », « poèmes » ou « paroles » ; et propose au lecteur français, vingt-deux poèmes de Kabîr, plus un tercet non identifié. Extrait : "LXXII-Page. 154 : Le bijou est perdu dans la boue et tous désirent le trouver. Ceux-ci le cherchent d'un côté, ceux-là d'un autre ; certains le voient dans l'eau, d'autres parmi les pierres. Mais le disciple Kabîr, l'appréciant à sa vraie valeur, l'a enveloppé avec soin dans son coeur dans le pan de son manteau."

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Le recueil « Les Mains libres » (NRF/Editions Gallimard 1947), quant à lui, renverse les relations traditionnelles entre texte et image, en mentionnant dès la première page de l'œuvre : « dessins de Man Ray illustrés par les poèmes de Paul Éluard ».IMG_0006.jpg Les deux Artistes inventent ainsi une collaboration d'un autre type, en inversant les rôles, et dans laquelle les dessins poétiques ont précédé l'écriture poétique. Derrière cette relation « d'illustration » voulue par Paul Eluard, cette composition à quatre mains invite à se demander si ces poèmes d'Éluard relèvent vraiment et seulement de l'illustration… kabîr,la flûte de l'infini,inde,poète,traduction,andré gide,rabindranath tagore,l'intégral des poèmes,henriette mirabaud-thorens,édition de jean-claude perrier,nrfgallimard,paul éluard et man ray,les mains libres,n elephant dans un cagibi,matbak,jeune écrivain de talent,une nouvelle,les insolivres : chapitre vi,jean dorval pour ltc lecture,a magie oubliée,un roman d'aventure,un ado surdoué,pur l'écriture,amateur de,lectures fantastiques,d'heroic-fantasy,mangas,shōnen,japon,les aventures d'andil,andil,le voleur notambule,et acrrobate,bd,bande dessinée,21ème rencontres de bd,marly,moselle,8 et 9 octobre 2011,festival bd de marly,entrée gratuite,centre socio-culturel la louvière,centre pompidou-metz,metz,lorraine,france,programme,et liste des auteurs,âcco,une semaine sur deuxA l'image du poème de la page 26, intitulé "LE DON" ; et dont les vers interrogent par rapport au croquis : "Elle est le noyau figue pensée, Elle est le plein soleil sous mes paupières closes. Et la chaleur brillante dans mes mains tendues. Elle est la fille noire et son sang fait la roue. Dans la nuit d'un feu mûr."

Deux livres-poèmes qui se lisent très rapidement et qui peuvent très vite devenir des livres de chevet à relire, à relire... Et à relire ! Alors, attention aux addictions !

© Jean DORVAL, le 14.10.2013, pour LTC Lectures.jean dorval pour ltc lecture,bd,bande dessinée,21ème rencontres de bd,marly,moselle,8 et 9 octobre 2011,festival bd de marly,entrée gratuite,centre socio-culturel la louvière,centre pompidou-metz,metz,lorraine,france,programme,et liste des auteurs,âcco,une semaine sur deux,fluide-g,www.pacco.fr,last day,le droit des pères,séparation père enfant,ma fille,ma bataille,injustice française

01/07/2013

"UN ELEPHANT DANS UN CAGIBI." (UNE NOUVELLE SIGNéE MATBAK.)

© Photo ci-dessus : http://www.tendancez-vous.com


Devant moi, le couloir est désert. Le silence est pesant. Lentement, je marche. Le son de mes pas demeure le seul bruit perceptible. Il en devient même assourdissant tant ce silence m'angoisse. Je sens une goutte de sueur perler sur mon front, que j'essuie nerveusement. Je défile dans le couloir avec une appréhension insensée, dans un calme troublant. Je m'arrête quelques secondes devant une porte. Mais aucune des pièces de ce couloir ne semble déceler une quelconque activité. Rien ne se passe, que ce soit dans le couloir ou dans les salles. Et ce n'est pas pour me rassurer, bien au contraire. D'ordinaire, il y a toujours du monde par ici. Mais cette fois-ci, quelque chose a changé.

Un courant d'air glacial m'effleure le dos. Je sens un frisson désagréable me traverser. Une petite voix intérieure me souffle d'aller jusqu'au bout du couloir. La marche reprend, avec la même tension et la même lenteur, dans une atmosphère surnaturelle que je déteste. Ce léger sentiment d'insécurité qui me saisissait au début devient accablant. Ce simple trac qui me touchait devient une peur aussi profonde qu'inexpliquée.

Mais je ne dois pas revenir sur mes pas.

J'ai le pressentiment que ce couloir n'est pas complètement vide.

La marche se termine au bout du couloir. En face de moi, la porte du cagibi abandonné. Je ressens soudain le besoin de m'en approcher. A présent, je suis presque plaqué contre elle. Alors que je pense repartir en sens inverse pour m'échapper du couloir, mon coeur s'arrête pendant un instant.

Je viens d'entendre quelque chose.

L'oreille collée contre la porte, je tente de me concentrer sur ce son si particulier.

J'entends un souffle lent et régulier. Quelqu'un se trouve-t-il juste derrière la porte ? Peut-être m'écoute-t-il lui aussi ? Je me sens comme une bête traquée. Je m'efforce de garder mon calme pour ne pas partir en courant. C'est une lutte entre ma peur et moi. Elle me souffle à l'oreille que je dois fuir. Ce murmure devient une parole, qui se transforme ensuite en cri. Malgré cela, je tiens bon. Peu à peu le calme revient, la peur s'évanouit pour ne laisser que ma raison. Après tout, de quoi ai-je peur ? D'un couloir vide et d'une porte fermée ? Je me sens bien stupide de m'effrayer pour si peu.

Alors, sûr de moi, je tourne la poignée de la porte, et je l'ouvre.


© Photo ci-dessus : http://www.middaywoman.com

 

Ce que je vois ensuite dépasse en absurdité tout ce que j'ai pu observer jusqu'à maintenant.

Une tête énorme, le teint gris, d'immenses oreilles, une grande trompe et d'intimidantes défenses d'un blanc éclatant. Mon regard est attiré par le sien, deux minuscules yeux noirs, dissimulés en partie derrière de longs cils. Sa peau semble aussi rugueuse qu'épaisse.

Un éléphant est là, devant moi, bien trop large pour passer la porte, à genoux tant le plafond bas l'incommode. Dans ce petit local il ne reste pas un centimètre d'espace libre. Il sort dans un soupir de soulagement sa tête de l'encadrement de la porte et me regarde avec insistance. Ce souffle que j'ai entendu était le sien. Il remue dans tout les sens son corps imposant pour tenter de trouver une position moins inconfortable, en vain.

Tout d'abord, le ridicule de la situation me fait esquisser un léger sourire, mais l'instant suivant, c'est l'incrédulité qui me gagne. Comment peut-on faire entrer un éléphant dans une pièce de trois mètres carré, et pourquoi ? L'animal pousse un barissement de souffrance qui résonne dans le couloir désert.

Ce barissement devient de plus en plus aïgu, jusqu'à ce que je reconnaisse la sonnerie de mon réveil. Je suis allongé dans mon lit, la tête enfouie dans mon oreiller. Je crois que la logique d'un rêve m'échappera toujours. Dans la cuisine, devant mon petit-déjeuner, je me souviens encore de ce couloir. Il s'agissait en réalité d'un couloir de mon collège. Ce n'est pas le premier rêve insensé que je fais, mais celui-ci est ancré dans ma mémoire, alors que le souvenir des autres reste flou.

Et je me souviens avec netteté d'avoir reconnu la porte du cagibi désaffecté. Au collège il y a plusieurs placards à balais et entrepôt de produits ménagers dont les femmes de ménage se servent.

Il y a deux mois, un élève a volé la clé d'un de ces cagibis et son double qui étaient posés de manière négligée sur une table, dans une salle de classe en cours de nettoyage. Depuis, ce local appartient à quelques élèves qui s'enferment dans le cagibi pour sécher les cours. Ils y ont mis quelques chaises et souvent laissent de quoi manger sur une vieille étagère. Ce petit club reste très discret et ne parle de son secret qu'aux personnes sûres. Il y a une semaine, c'était à moi que l'on proposait les services du cagibi. J'ai accepté de faire partie du groupe pour échapper à un professeur que je haïssais. Et j'ai été surpris de découvrir une organisation complexe qui assurait la discrétion la plus parfaite. La prudence était de mise, et le plan devait être suivi à la lettre.

Tout d'abord, attendre que les élèves entrent en cours et que le couloir se vide en l‘arpentant et en feignant de chercher sa salle. Ensuite, une fois le couloir vide, sortir la clé du cagibi, ouvrir la porte et entrer pour refermer derrière soi, tout cela le plus vite possible et sans bruit. On avait décidé d'y entrer à quatre au maximum, car cet espace confiné et ce besoin de discrétion nous empêchaient d'y aller tous en même temps. On y restait toute une heure et on en sortait au début de l'heure suivante, alors que le couloir était vidé. Une fois à l'intérieur, on pouvait faire ce que l'on voulait, discuter et même rire, mais l'un de nous devait guetter par le trou de la serrure pour dire aux autres de faire silence si jamais il y en avait besoin. On se relayait toute l'heure pour guetter comme cela.

Nous sommes une douzaine à utiliser le local à présent, et nous nous divisons en trois groupes de quatre pour entrer tour à tour dans le cagibi, heure par heure. Les clés passent de mains en mains et tout se passe très bien. Nous faisons en sorte de ne pas abuser de ce système afin de ne pas éveiller la curiosité de nos professeurs. Tout est pensé pour que nous puissions échapper à un maximum d'heures de cours sans attirer l'attention de qui que ce soit. Et ça fait deux mois que cela dure. Ce cagibi est une bonne cachette pour nous, mais sûrement pas pour un éléphant.

Huit heures dix. Mes trois amis et moi entrons furtivement dans le cagibi abandonné. C'est moi qui commence à guetter. On change toutes les cinq minutes. Aujourd'hui les tours seront plus longs car l'un de nous s'est endormi à peine entré. La conversation s'engage, et j'apprends que l'une des deux clés du cagibi a été égaré. L'un de nous est responsable des clés, et c'est pour cela que nous le soupçonnons en premier. Alors que mon second tour de garde allait se terminer, un surveillant arrive dans le couloir.

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© Photo ci-dessus : http://www.middaywoman.com

Pendant une minute on entend plus que le léger ronflement du dormeur, Quentin, et les pas du surveillant passant dans le couloir. Alors qu'il sort d'une salle de classe et qu'il va repartir, la voix de Quentin se fait entendre :

- "Et bien je connais un endroit parfait pour ça, mais que me donnerez-vous en échange de l'information ?"

On plaqua immédiatement la main sur sa bouche. Par le trou de la serrure, je voyais le surveillant s'avancer vers le cagibi.

- "Il y a quelqu'un ?"

Je prie de toutes mes forces pour que l'on ne soit pas découverts. Il tente d'ouvrir. Heureusement que l'on avait refermé derrière nous. On a toujours la main sur la bouche de Quentin qui continue de parler. Pourvu qu'il ne se fasse pas entendre... Finalement le surveillant s'en va. C'est avec soulagement que nous reprenons notre conversation.

Mais bientôt, Quentin recommence à parler dans son sommeil. Bien vite, nous comprenons qu'il parle à une personne cherchant un endroit où cacher quelque chose. Puisqu'il l'appelle "monsieur", il semble qu'il s'adresse à un professeur. Nous sommes intrigués et nous nous demandons pourquoi. Alors Quentin, toujours endormi, nous révèle qu'il a donné la clé du local que nous croyions perdue à Mr Grorg. Le coupable s'est démasqué lui-même et à son propre insu. Puis il s'arrête de parler. Nous sommes angoissés à l'idée que Quentin ait peut-être absolument tout dit, du début à la fin. Dans ce cas, ce serait certainement la fin de notre cachette. Pour sortir du cagibi, nous sommes encore plus prudents que d'habitude, et tout se passe bien, comme prévu. Chacun retourne dans sa classe avec un peu de retard. Et chacun y resta jusqu'à la fin de la journée.

Dix-sept heures cinq. Le club du cagibi se réunit au grand complet. Quentin est désigné comme traître et n'en fait plus partie. Nous sommes onze, à présent. Le responsable des clés récupère l'unique clé restante. Il prévoit déjà de dérober la seconde. Alors que tous se dirigent vers la sortie, je remarque à quel point le couloir désert ressemble à celui de mon rêve. Je propose :

- "Et si on allait jeter un oeil dans notre cagibi ?"

- "Pourquoi faire ?"

Je ne réponds pas et retourne au petit local. Seul le gardien des clés m'accompagne. Il ne comprend pas ce que je veux faire à l'intérieur puisque les cours sont terminés. Je lui demande d'ouvrir, et il le fait.

Ce que nous voyons alors nous stupéfie. J'affiche un air amusé que je suis le seul à comprendre.


© Photo ci-dessus : http://www.ladepeche.fr

 

Le lendemain, on pouvait lire ceci dans le journal, dans la rubrique "fait divers" :

Hier soir, au collège Picasso (29), deux élèves ont fait une découverte incroyable dans un cagibi de leur collège ; en effet l'un des professeurs était un traficant d'ivoire, et avait dissimulé dans ce même cagibi plusieurs dizaines de défenses d'éléphants victimes de braconnage. Il pensait être le seul a en posséder la clé, mais c'était sans compter sur un élève qui en détenait un double. Cet homme était déjà suspecté au sujet du trafic d'ivoire, son domicile était sous surveillance et il n'avait plus d'endroit où cacher sa marchandise. Il a donc tenté de la cacher dans le collège dans lequel il enseignait. Peut-être pas le meilleur exemple possible pour ses élèves...

 

© MATBAK, le 1er juillet 2013, pour LTC Lecture.

INFO+ : https://twitter.com/matbak09


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 Matbak