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19/09/2009

LUNEVILLE : LE CHATEAU DES LUMIERES SORT PETIT A PETIT DE L’OMBRE…

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© Photo ci-dessus : les ruines encore fumantes du Château des Lumières  chateaudeslumieres.com

 

Un véritable deuil national s’est abattu sur la Lorraine dans la nuit du 02 au 03 janvier 2003. "Le petit Versailles Lorrain" (le Château de Lunéville construit en 1703 par l’architecte français Germain Boffrand), comme l’appelait Voltaire (qui y a longtemps séjourné), partait en fumée avec toutes ses collections (faïences, tapisseries, etc.), suite à un gigantesque incendie. Et comble du désespoir, les vents forts du moment s’acharnaient à rendre plus virulentes les flammes, réduisant ainsi les pompiers à l’impuissance face à la catastrophe.

 

Ce grand incendie a démarré dans la partie du château appartenant au Conseil Général. Il ravagea deux tiers des parties appartenant au Ministère de la Défense, deux tiers des appartements princiers, un tiers des bâtiments du Conseil Général, toute la toiture de l'aile sud-est et la chapelle royale. Les toits en s'effondrant ont provoqué l'éboulement d'importants éléments de maçonnerie.

 

Des mesures de première urgence prises dès 2003 ont visé à assurer la sécurité des visiteurs, pour un coût de 3 millions d'euros. En 2004, débuta une étude pour la restauration du château, sous le patronage de l'Architecte en Chef des Monuments Historiques (qui assure la maîtrise d'œuvre) Pierre-Yves Caillault. Les travaux ont été financés par le Ministère de la Défense et le Conseil Général de Meurthe-et-Moselle (grâce au versement de subventions, d’assurances, de crédits européens… et de dons de particuliers). Précédemment, six incendies majeurs ont déjà causés de graves dégâts au Château (1719, 1744, 1755, 1814, 1849 et 1961).

 

chapelle lunéville.jpg© Photo ci-dessus (la chapelle royale restaurée) : chateaudeslumieres.com

 

ACTUELLEMENT, LE PLUS GRAND CHANTIER DE RESTAURATION PATRIMONIALE D’EUROPE !

 

Les Autorités ont de suite très bien réagi en injectant 100 millions d’Euros pour restaurer ce patrimoine unique réduit en cendres. Cette campagne va durer près de 15 ans… La chapelle ducale reste un chantier prioritaire qui a mobilisé, il y a 5 ans déjà, près d’une vingtaine d’artisans spécialisés. Sa façade en vitraux, datant du 18ème siècle, un véritable chef-d’œuvre, comprenait à l’intérieur une vingtaine de vitraux et en tout 150 panneaux. Ces verres d’exception à la facture particulière, fabriqués traditionnellement, ont été restitués à l’identique. Selon Pierre-Yves Caillault "Tout est dans les petits détails, on procède comme un archéologue à un travail de reconstitution sur plans d’archives, photos, etc." (in l’émission "Des Racines et des Ailes", sur France 3 le 16/09/09). Le verre doit être translucide, avoir un miroitement, une planéité, comprendre des bulles et des cordes, ce qui prouve qu’il n’est pas fabriqué industriellement, mais manuellement. Il y aussi une recherche d’harmonie dans la réutilisation de ce verre blanc. Une « couleur » utilisée entre le 16ème siècle et le 17ème siècle qui permettait de mettre en valeur la lecture de la liturgie, notamment celle du Missel. Ce savoir-faire ancestral, qui se transmet de génération en génération, Pierre-Yves Caillault est allé le chercher chez les Maîtres Verriers de l’ancienne Abbaye Saint-Just-sur-Loire.

 

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© Photo ci-dessus : chateaudeslumieres.com

Sur la couverture d'ardoise, des épis de faîtages dorés à la feuille d'or rehaussent avec fierté un ouvrage exceptionnel.

 

La menuiserie, quant à elle, a aussi été refaite selon les règles de l’art et la tradition séculaire. De véritables artistes du bois ont sculpté ici bas poutres maîtresses et autres éléments de charpente. Les tailleurs de pierre, qui viennent de Remiremont dans les Vosges, ne sont pas restés sur la touche. Ils ont extrait, une à une, les pierres malades (souvent rougies suite au léchage des flammes ou fragilisées suite à leur arrosage continu pour éteindre l’incendie) pour les remplacer avec une patience à toute épreuve. Un des Maître Tailleur indique "celui qui commence le remplacement d’une pierre termine son travail jusqu’au bout. C’est une question d’honneur, un repère, une preuve que nous avons été à l’ouvrage." Par la même, les Maîtres Doreurs qui ont œuvré sur les gardes-corps, les balcons, etc. ont fait un travail qui n’a pas changé depuis des siècles. La feuille d’or est préparée sur coussin à dorer, posée au peigne fin et fignolée au pinceau. Les Établissements Gohard, des Maîtres Doreurs qui travaillent dans le monde entier (sur la Statue de la Liberté à New-York, en Iran, au Château de Versailles, etc.), savent épouser amoureusement la matière, recouvrir délicatement les objets. Un métier où il faut savoir garder "le fripé" des formes et penser à ne pas oublier de "feuiller" jusqu’aux creux, afin d’éviter les ombres qui se voient souvent de loin. La chapelle petit à petit a retrouvé son allure ducale … euh royale, dès février 2009. A ce jour, la moitié de l’aile incendiée est restaurée et l’aile sud a perdu ses échafaudages. Il reste encore 4 ans de travail minimum, 10 ans en tout ! Le jardin à la française n’a pas été oublié. Il voit ses allées redessinées et les plantations à la bonne saison s’épanouir à foison.

 

lunéville 3.jpg© Photo ci-dessus (la chapelle royale restaurée) : chateaudeslumieres.com

Dix pots à feu, finement sculptés, ornent la balustrade.

TEL UN PHOENIX, LE CHÂTEAU DES LUMIÈRES DE LUNÉVILLE, EST RENÉ DE SES CENDRES

 

De nombreux corps de métiers, de haut niveau, ont donc participé à la Renaissance du Château des Lumières. Elle fait la fierté de Pierre-Yves Caillault et de son équipe d’artisans chevronnés. Les premiers travaux achevés sont conformes à qu’était le Château. Lunéville respire à nouveau. Tous ces hommes d’honneur, qui ont toute la Lorraine derrière eux, s’y étaient engagés. Ils ont tenu parole ! L’ouvrage est de nouveau lumineux à souhait et surtout majestueux. Cela a de nouveau de la gueule ! Du haut du Ciel, ce vieux Stanislas et son fameux Nain ne doivent pas en croire leurs yeux. Tous les travaux côté jardins sont terminés, il ne reste plus qu’à achever ceux situés côté cour. Alors à vos bons cœurs Mesdames et Messieurs ! J’invite, tous ceux qui le peuvent, à faire des dons sans compter !

 

© Jean Dorval, le 16 septembre 2009, pour LTC Patrimoine.

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In<FOS+ :

Le site du Château des Lumières : chateaudeslumieres.com

Devenir co-reconstructeur (appel aux dons) : chateaudeslumieres.com

Sources infos : wiki/Château de Lunéville

01/09/2009

LA TOUR CAMOUFLE DE METZ, AU TRAVERS L'HISTOIRE...

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19/08/2009

L'ESPRIT DE RéSISTANCE DU PEUPLE FRANçAIS A TOUJOURS éTé UN EXEMPLE !

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31/07/2009

LOUIS XV SURNOMME ROI "BIEN-AIME" DES FRANCAIS EN L'EGLISE NOTRE-DAME DE METZ...

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© Photo ci-dessus : mairie-metz.fr

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LOUIS XV le Bien-Aimé
(né le 15 février 1710, mort le 10 mai 1774)
Roi de France : règne 1715-1774
Partie 3/7

Deux petits-fils de Fouquet, ambitieux, avec un esprit romanesque, réchauffaient l'esprit militaire par des intrigues, des déclamations et des promesses fastueuses. Ils n'avaient déjà que trop pris d'ascendant sur l'esprit du monarque, lorsqu'à la fin de l'année 1740 la mort de l'empereur Charles VI vint exciter l'ambition de plusieurs cabinets, pour le partage de la succession d'Autriche. L'empereur ne laissait qu'une fille, Marie-Thérèse, mariée depuis quelque temps au duc de Lorraine. Chartes VI, en prévoyant sa fin, n'avait occupé ses dernières années qu'à obtenir des principales puissances une garantie solennelle qu'elles laisseraient sa fille recueillir tout son héritage.

Cette considération avait dicté la paix de Vienne, si avantageuse pour la France. Le cardinal de Fleury voulait rester fidèle à la foi des traités, et plaidait pour l'auguste orpheline, au nom de l'honneur, de la justice et même de la prudence. Louis fut, pour la première fois, indocile aux vœux de son sage instituteur ; il écouta le comte de Belle-Isle, oublia les conseils que son bisaïeul lui avait donnés au lit de la mort, et bientôt entreprit une guerre beaucoup plus injuste que toutes celles qui avaient troublés la conscience de Louis XIV.

Le roi de Prusse, Frédéric II, s'était déclaré le premier par la conquête de la Silésie. La France favorisa son ambition et celle de l'électeur de Bavière, qui, pour son malheur, fut élevé à l'empire. Nos armées s'avancèrent jusque dans la Bohême. Le comte de Saxe et son lieutenant Chevert emportèrent la ville de Prague par un des plus brillants assauts dont nos fastes militaires fassent mention. Fleury secondait à regret ces mouvements guerriers.

On vit s'établir entre les généraux français de fatales mésintelligences ; genre de malheur et de honte qu'on avait ignoré sous les règnes absolus du cardinal de Richelieu et de Louis XIV. Le comte de Belle-Isle, provocateur de cette guerre, se vit bientôt enfermé dans la ville de Prague. Mal secouru par le maréchal de Maillebois, il prit le parti de sortir de cette ville pendant l'extrême rigueur de l'hiver. Sa petite armée éprouva d'horribles souffrances. Sur 13 000 hommes qu'il avait ramenés, 4 000 périrent ; et cependant la flatterie contemporaine compara cette retraite à celle des Dix-mille.

Bientôt il fallut évacuer la Bavière, et abandonner le malheureux électeur au juste et rigoureux châtiment de son ambition. Frédéric II ne se fit pas scrupule de trahir la cause des Français, dès qu'il put par ses négociations s'assurer la possession de la Silésie, dont la conquête lui avait coûté quatre sanglantes victoires. L'Angleterre et la Hollande s'était déclarées contre la France. On vit encore une fois des armées française et anglaise se mesurer dans l'Allemagne. Le maréchal de Noailles conduisait la première, et le roi d'Angleterre, George II, la seconde : l'indocilité du duc de Grammont, neveu du maréchal de Noailles, précipita une attaque qui rompait tous les plans du général.

L'armée française était perdue, si la maison du roi n'avait rétabli le combat en perçant quatre fois la cavalerie des vainqueurs. Cette journée de Dettingen (27 juin 1743), quoique signalée par des exploits éclatants, eut les résultats d'une défaite. Le cardinal de Fleury venait d'expirer dans le pouvoir, à l'âge de 90 ans. Louis essaya un moment de régner par lui-même, mais le cardinal ne l'avait point habitué à l'activité, au travail, et il laissa bientôt retomber un fardeau qui était trop au-dessus de ses forces. La perspective de quelques exploits guerriers paraissait le séduire, et il avait résolu de se montrer à la tête de ses armées.

C'était sa maîtresse, la duchesse de Châteauroux, qui lui avait inspiré cet amour de la gloire. Louis XV n'avait pas tout à fait attendu la mort du cardinal pour s'affranchir des devoirs du lien conjugal. Déjà, pendant la décrépitude de son instituteur, il avait aimé, mais avec quelque ombre de mystère, madame de Mailly, aînée de la maison de Nesle. Cette favorite, qui était fort loin d'offrir tous les charmes de madame de la Vallière, la rappelait au moins par la sincérité de sa tendresse.

Bientôt le roi, emporté dans ses nouveaux goûts, lui préféra une de ses sœurs, madame de Vintimille. Celle-ci ne jouit que peu de temps de son indigne triomphe : elle mourut en couche ; et Louis tourna ses regards sur la jeune sœur de ses deux maîtresses, la marquise de la Tournelle (depuis duchesse de Châteauroux). Sa beauté était éblouissante ; son esprit était aimable et vif, son caractère ambitieux ; elle croyait pouvoir se faire pardonner sa faiblesse en conduisant son amant au combat : l'un et l'autre partirent pour la Flandre ; les soldats reçurent le roi avec transport, et la favorite avec les plus durs témoignages de mépris.

Il emporta successivement les villes de Menin, Ypres, Furne, et fit célébrer ses faibles succès par autant de Te Deum. L'Alsace fut menacée ; il s'y rendit : la duchesse de Châteauroux continua de le suivre. A peine était-il arrivé à Metz, le 4 août 1744, qu'il fut atteint d'une maladie dangereuse ; toute la France reçut cette nouvelle avec saisissement : dix-sept ans de bonheur se retraçaient vivement à l'imagination du peuple ; le péril que courait Louis le rendait plus cher aux Français ; on y voyait le résultat de ses fatigues militaires.

Mais, pendant que le peuple gémissait et remplissait les églises des vœux les plus sincères, une piété justement sévère, écartant le scandale, veillait auprès du lit du roi. Avant qu'on lui administrât les derniers sacrements, on lui prescrivit de renvoyer la duchesse ; il fit ce sacrifice. La reine, le dauphin et ses sœurs, s'étaient rendus à Metz. La vue de ce jeune prince produisit sur le cœur du monarque une impression aussi fâcheuse qu'inattendue : dans les sollicitudes de la piété filiale, il crut voir l'empressement d'un successeur.

On sait quelle fut l'ivresse des Français quand ils apprirent la guérison du roi : à aucune époque la monarchie ne se produisit sous des couleurs plus aimables. On crut sentir alors que l'amour en était le principal ressort. Louis, en apprenant les transports qu'avait fait naître et que prolongeait la nouvelle de sa guérison, s'écria : « Qu'ai-je donc fait pour être aimé ainsi ? » Ce mot naïf toucha les Français. On y répondit en lui donnant (pendant le siège de Metz en 1744, ndlr) le délicieux surnom de Bien-aimé.

Il voulut illustrer son retour en prenant part à quelques travaux guerriers, et il vit la prise de Fribourg. Cependant il conservait contre les courtisans qui, durant sa maladie, lui avaient fait entendre des exhortations sévères et bannir sa maîtresse, plus de ressentiment que l'on n'en devait craindre de cette âme faible et douce. Son premier aumônier, l'évêque de Soissons, et le duc de Châtillon, gouverneur du dauphin, furent exilés : ces vengeances assuraient le triomphe de la favorite ; à peine Louis le Bien-aimé fut-il rendu aux vœux des Parisiens, qu'il céda au désir de la revoir : la duchesse de Châteauroux était malade quand elle reçut l'ordre tant désiré de reparaître devant le roi.

Soit qu'elle cédât à la vivacité de sa passion, soit quelle eût des pensées d'orgueil et de vengeance, elle ne voulut pas différer un moment si précieux : la mort suivit de près son imprudent triomphe. Louis parut plongé dans un désespoir profond, mais bientôt il ne sut plus combattre sa douleur que par l'ivresse des plaisirs. Madame Le Normant d'Étioles s'offrit à ses regards : dans les fêtes de la cour déjà depuis deux ans, elle avait essayé sur le roi le pouvoir de sa beauté, de sa coquetterie, en suivant la chasse royale dans la forêt de Senart. L'obscurité de sa naissance était un peu couverte par la brillante fortune de son mari, Le Normant d'Étioles. Des intrigues subalternes lui avaient appris l'art de subjuguer un caractère faible : elle domina le roi, sans lui inspirer une vive passion ; et son crédit surpassa bientôt celui des ministres, des courtisans les plus habiles, des généraux les plus renommés.

JD, pour LTC Histoire.

Source documentaire : Biographie de Louis XV le Bien-Aimé - Partie 1/7 - Partie 2/7 - Partie 4/7 - Partie 5/7 - Partie 6/7 - Partie 7/7 - Site : http://www.france-pittoresque.com/rois-france/louis-XV-3.htm

 

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© Photo ci-dessus : archives.cg54.fr

 

PS : Écarté du trône de Pologne, Stanislas Leszczyński, roi de Pologne et beau-père de Louis XV car marié à Marie Leszczyńska, reçoit le duché de Lorraine, à viager, en 1737 et le gouverne en monarque éclairé, le menant à son apogée, en plein siècle des lumières. Il crée en l'honneur du roi de France une place de belles proportions (la Place-Royale) qui recevra plus tard son nom [l'actuelle Place "Stan" (comme Stanislas)]. À sa mort en 1766, le duché revient à la couronne de France.

05/06/2009

L'ITINERAIRE D'UNE FEMME ROYALE DE RAISON PASSA PAR LA LORRAINE...

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JD, pour LTC.

 

INFOS PLUS : http://www.republicain-lorrain.fr/fr/index.html

 

 

18/05/2009

REGIS WATRINET : « UNE VIE DEDIEE AU ROMAN… »

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« Et si de c’que j’a écrit il sont tortot contants, je s’ra péyé d’mé pwinne et n’regrèt’ra m’mo tams… »(1) C’est en ces termes que se confiait, entre deux dédicaces, en ce très beau dimanche 17 mai, Place Duroc, à Pont-à-Mousson (54), Régis Watrinet, un retraité, auteur patoisant Lorrain, du livre « Patois Roman de la Lorraine ». L’homme, là, en vrai Lorrain de caractère, ne s’en laisse pas compter, au point qu’il a voué, depuis 40 ans, sa vie, à la défense du Patois Roman Lorrain, comme un sacerdoce. Son combat n’est pas gagné d’avance et il le sait. Il avoue, même, qu’« en Moselle, il n’y a pas d’écoles Diwan comme en Bretagne » et que « ce patois est donc perdu à jamais, car il n’est pas enseigné. » Pourtant, cela ne le décourage pas, et il précise que « ce parlé local, qui n’est pas un dialecte, diffère d’une région, d’une ville, voire d’un habitant d’un même village à l’autre, avec ses subtilités propres ». Ce spécialiste ès-Roman, par conviction, parcourt la Lorraine, à la pointe de sa plume, à la rencontre de son public d’amateurs avertis, investissant les fêtes patronales, les salons du livre et les kermesses. Et sur son passage, il réveille les consciences, le devoir de mémoire régional, faisant ressurgir les souvenirs collectifs et familiaux enfouis en chacun de nous, révélant à nouveau tant les senteurs d’une fin de moisson d’été que les saveurs d’un doux fumet d’une potée dégustée aux grandes tablées d’antan. Ce restaurateur et transmetteur de langage ancien porte dans son cœur la ruralité, en bon défenseur de sa culture. Il pérennise, ainsi, grâce à son ouvrage le patois de sa jeunesse passée. D’ailleurs, la seconde mouture de son abécédaire linguistique reste très ludique. Elle peut être lu tant par les adultes que par les enfants. Cependant, il y a rajouté quelques ingrédients supplémentaires, comme des locutions, des photos anciennes de villages, et la dizaine de pastiches, d’Emile Martin, de fables de La Fontaine, toutes en patois de Morey (un petit bourg situé entre Pont-à-Mousson et Nancy). Bien sûr, il a conservé les expressions, les proverbes, les dictons et les traditions séculaires, déjà présents dans la première version. Tous les chercheurs de racines Lorraines se reconnaîtront dans ce très bel ouvrage qui leurs restitue un peu de leur âme perdue au fil des décennies. Il rend assurément un vibrant hommage à nos aïeux, amoureux de ce très vieux langage. Comme quoi la Lorraine de notre enfance n’est jamais très loin !

 

© Jean Dorval, le 17.05.09, pour LTC Cultures.

 

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INFOS PLUS :

Pour commander ce livre, il vous suffit de contacter l’auteur : Régis Watrinet, 77 rue du Maréchal Leclerc, 57530 Courcelles-Chaussy, tél. : 03.87.64.02.31

Notes :

(1) Traduction de cette phrase en patois Roman Lorrain : « Et si, de ce que j’ai écrit, ils sont tous contents, je serai payé de ma peine et ne regretterai pas mon temps. »

Sources documentaires :

L’article intitulé « Le « roman » de sa vie », paru dans le Républicain Lorrain du dimanche 01.01.09, le site http://chaussy.chez.com/html/patoislorrain.htm (pour les photos) et les informations fournies par l’auteur.

11/09/2008

UN TRESOR DE VITRAUX DE JEAN COCTEAU A VOIR A L'EGLISE SAINT-MAXIMIN DE METZ !

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© Photo ci-dessus (L'un des vitraux de Jean Cocteau évoquant un visage dont les yeux se confondent avec ceux de deux poissons...) :

http://www.azurs.net/photoblogv0/a/2004/12/double_vue.html

 

L'église Saint-Maximin de Metz, en Moselle, est le très beau réceptacle de magnifiques vitraux de Jean Cocteau. Ce trésor, qui n'est désormais plus inconnu du grand public, sera à admirer, notamment, tout au long des très prochaines Journées Européennes du Patrimoine, les 20 et 21 septembre prochains. Alors, pensez à venir "zieuter" les thématiques variées de ces œuvres de toute beauté, aux couleurs bleutées et vives à la fois. Par exemple, la grande verrière comprend des symboles particuliers, comme l'hibiscus, les colombes, une Minerve casquée, l'araignée symbole du mal... 

Jean Dorval, pour LTC

09/09/2008

UNE VUE HISTORIQUE DE METZ...

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21/08/2008

QUAND METZ A RENDEZ-VOUS AVEC L’HISTOIRE ROYALE !

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À la mort du Cardinal de Fleury en 1743, le Roi, Louis XV, avait 33 ans. Un an après cette importante disparition se produit un événement qui marque la personnalité royale, ainsi que la future vie politique française. Louis XV part diriger ses armées, engagées sur le front de l'est, dans la guerre de succession autrichienne. En août 1744, à Metz, il tombe gravement malade pendant un sermon, et ses médecins pronostiquent une mort imminente. Le peuple, qui adore son Roi, lui donne le surnom de « Bien-Aimé », et les prières se multiplient à travers le pays pour son salut. Sa maîtresse, Madame de Châteauroux, qui l'accompagne, le quitte tandis que la Reine arrive en hâte… Sous la pression du parti dévot, Monseigneur de Fitz-James, premier aumônier du Roi, refuse de lui donner l'absolution sans une confession publique de ses pêchés, dans laquelle le roi apparaît comme une personne immorale, indigne de porter le titre de Roi Très Chrétien. Colporté dans tout le pays par le Clergé, la confession royale ternit le prestige de la monarchie. Le Roi échappe à la mort, certes, mais sa culpabilité le pousse encore davantage vers l'adultère…

JD, pour LTC

Source : http://www.insecula.com/contact/A000616.html

16/08/2008

LES FRESQUES DE SILLEGNY VANTEES DANS « COLETTE BAUDOCHE »

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© Photo ci-dessus : Jean Dorval 2008

Si de nos jours, l’église paroissiale de Sillegny est la possession de la Commune du même nom, elle fut au XIème siècle celle de l’Abbaye messine de Saint-Pierre et au XIIème siècle celle des évêques de Metz. En 1246, elle se retrouva donnée en fief à l’Abbaye Sainte-Marie de Metz. En 1307, Sillegny devient le siège d’un archiprêtré regroupant 13 localités. Au XVème siècle, elle est dédiée à Saint-Martin, et aux XIIIème et XIVème siècles, elle intègre une tour fortifiée, qui a certainement servi de donjon-refuge, pendant les différents conflits qu’a connu la Lorraine. Cette somptueuse église (un des rares bâtiments rescapés de ce village sinistré à 95% en 1944, et restauré entre 1946 et 1963) abrite un exceptionnel ensemble de peintures murales des XVème et XVIème siècles, vantées en 1909 par Maurice Barrès dans « Colette Baudoche ». Ces peintures ont justifié, très largement, le classement en 1881 de cet édifice religieux renommé.

JD, pour LTC

« UN TEXTE INEDIT DE CHARLES PEGUY DECOUVERT A LA BNF », QUAND LE HASARD FAIT BIEN LES CHOSES…

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En décembre 2004, avait lieu une véritable petite révolution dans le milieu littéraire ! Un texte inédit de Charles Péguy était découvert à la Bibliothèque Nationale de France (BNF), tiré par bonheur, par un amoureux de la littérature, de la longue nuit administrative dans laquelle il avait été plongé… Comme le précisait, alors, l’heureux découvreur, Raphaël Zacharie de Izarra : « Le texte, jamais édité et trouvé sous sa forme manuscrite originelle(1), faisait partie d'une pile de documents administratifs (classés pêle-mêle) ayant appartenus à l'auteur. L'état des documents mais surtout le mode d'emballage caractéristique du carton relié qui les contenait (ouvertures et pliures à usages limités) laisse supposer qu'ils ont été peu consultés depuis leur dépôt à la BNF en 1925. Le dossier administratif en question ayant en soi une valeur anecdotique, on comprend qu'il ait été longtemps ignoré, dormant dans « l'obscurité littéraire » de ces trésors modestes si peu visités de la Bibliothèque Nationale de France et voués en général à une paix quasi éternelle sur leurs étagères... ». Grâce à la perspicacité de cet altruiste, mais aussi peut-être à la chance, au hasard ou au destin, comme l'on voudra, ce manuscrit, ce trésor de l'Ecriture Française, est présenté, à nouveau, dans nos colonnes à l’attention des lecteurs spécialistes, amateurs, voire néophytes de Péguy.

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« A LA CATHEDRALE DE CHARTRES. » DE CHARLES PEGUY

« Derrière la pierre battait un cœur. De ses sommets ventés émanait un chant sourd et mélodieux. Les têtes vertigineuses dominaient la Beauce. Noir et majestueux, le vaisseau gothique semblait sillonner ciel et temps, traversant les siècles chartrains avec la dignité d'un prince, indifférent à l'agitation des vivants, défiant le temporel et ses idoles, toisant définitivement l'Histoire et les mortels.

Entre les arcades, des flammes. Dans le vitrail, l'azur. Sous les voûtes millénaires, la lumière.

En passant du dehors au dedans, je pénétrais dans une ombre qui n'était pas ombre, mais feu, joie, vie. J'oubliais la matière, et ne voyais que l'essentiel. La pierre était prière. Le grain de poussière, l'Univers entier. Le silence, une porte d'entrée sur le Mystère. La rosace, l’œil divin s'ouvrant sur l'infini.

Et ce qui à cet instant précis me donnait des ailes, ce qui à travers un frisson fulgurant dont je n'oublierai jamais l'exquise brûlure m'élevait à la hauteur des étoiles et de la souffrance humaine, c'était l'Amour. »

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Quel magnifique petit chef-d’œuvre écrit, cousu de fil d’or ! Merci Raphaël pour ce délicieux moment de partage. Comme quoi l’aventure en littérature est encore possible, de nos jours, pour peu que l’on ait la patience et ce « petit brin de folie » qui pousse les battants à se surpasser.

© Jean Dorval, le 16 août 2008, pour LTC

(1) Le manuscrit a été enregistré en octobre 2004 sous le numéro 0057789 et peut être désormais consulté à la Bibliothèque Nationale de France par le public sur demande officielle, selon les formalités habituelles.

27/05/2008

LE MONDE ENCHANTEUR DE L’IMAGERIE D’EPINAL !

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En 1796, Jean-Charles PELLERIN crée l’Imagerie d’Epinal. Depuis se perpétue dans sa fabrique un art aujourd’hui devenu unique au monde : les Images d’Epinal. Ces représentations, tout d’abord, religieuses sont, à cette époque, non seulement, un moyen d’information pour les campagnes isolées, mais aussi un fabuleux divertissement pour petits et grands. D’ailleurs, elles continuent de nous émerveiller encore de nos jours !

200 ANS DE TECHNIQUE TRADITIONNELLE

La xylographie et la presse Gutenberg, la lithographie et la chromolithographie, les coloris au pochoir à la main et aquatype, voilà autant de techniques traditionnelles, dont les splendides œuvres, produites depuis plus de deux cents ans, ont permis la constitution d’un Ecomusée. Ce dernier est accessible tous les jours (accueil des groupes sur rendez-vous).

DES IMAGES AU CŒUR DE L’ACTUALITE

Grâce à la contribution d’une dizaine d’artistes imagiers, l’Imagerie d’Epinal reste fidèle à sa tradition imagière. Cependant, elle n’hésite pas à évoluer en créant des Images, dont la thématique colle à l’actualité. Ainsi, grâce à la fusion entre traditions et modernité, l’Imagerie suit les grandes pages de notre histoire ou de l’inspiration du moment…

L’IMAGERIE D’EPINAL ILLUSTRE AUSSI LA CITE DE L’IMAGE

La découverte du monde de l’Image se poursuit au Musée de l’Image. Ce dernier rassemble une collection exceptionnelle de plus de 23.000 Images et bois gravés, issus des grands centres imagiers français et étrangers du XVIIème au XXème siècle. Le Musée en tant qu’espace d’exposition propose aussi diverses manifestations en rapport avec l’Image.


JD, pour La Tour Camoufle


Infos plus :
Imagerie d’Epinal S.A.
42 Bis Quai de Dogneville – 88000 EPINAL
Tél. : 03.29.34.21.87 ; Fax. : 03.29.31.12.24
Une adresse courriels : imagerie.epinal@wanadoo.fr
Un site Internet : http://www.imagerie-epinal.com/
Horaires d’ouverture du magasin :
De septembre à juin, du lundi au samedi de 09h00 à 12h00 et de 14h00 à 18h30 ; dimanches et jours fériés, de 14h00 à 18h30
De juillet à août, du lundi au samedi, de 09h00 à 12h30, et de 14h00 à 19h00, dimanche et jours fériés, de 14h00 à 19h00
Horaires de visites publiques de l’Ecomusée : 9h30, 10h30, 15h00 et 16h30
Fermeture exceptionnelle de la Cité de l’Image les 25 décembre, 1er janvier et le mardi suivant Pâques
Facilité d’accès pour les personnes à mobilité réduite
Possibilités de stationnement à proximité de l’Imagerie